DIX jours après la visite de travail du secrétaire d'Etat américain Colin Powell à Libreville au cours de laquelle le chef de la diplomatie américaine a, entre autres, exprimé jeudi 5 août, l'engagement des Etats-Unis à "faire quelque chose" au profit de Libreville dans ses négociations ardues avec le Fonds monétaire international (FMI,) le gouvernement n'a cessé d'exhorter l'administration américaine à aller au bout de ses intentions.
Jusque-là, les réactions enthousiastes suscitées par cet engagement verbal du secrétaire d'Etat américain lors de sa récente visite de travail en terre gabonaise restaient contenues au sein de l'appareil d'Etat. Mais hier, jeudi 12 septembre, le gouvernement s'est décidé à faire partager cette joie par les populations en vantant les perspectives intéressantes de développement qui s'ouvriraient à lui au cas où les États-Unis tenaient leur promesse.
Dans un exercice de communication politique auquel le cabinet Ntoutoume Emane s'est adonné pour la première fois depuis sa mise en place, il v a bientôt neuf mois, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, René Ndemezo'o Obiang s'est chargé de vulgariser la "bonne nouvelle".
La rencontre avec les journalistes, a été en fait consacrée à une évaluation du bilan mi-figue mi-raisin à mi-parcours de la lutte contre la pauvreté menée par le gouvernement d'Ouverture. Ceci étant, le porte-parole du gouvernement n'a pas révélé grand chose de nouveau que l'on ne sache déjà des efforts impulsés à cette fin au sommet de l'Etat.
Comme par exemple, le retour de la commémoration de l'anniversaire de l'indépendance nationale avec les fêtes tournantes porteuses d'essor à l'intérieur du pays, grâce à la réalisation de nouvelles infrastructures à caractère social, ainsi qu'on l'a notamment vu cette année dans l'Ogooué-Ivindo et la Nyanga.
Pour autant, cet exercice consistant pour le ministre chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, à passer en revue l'action gouvernementale dans la quasi-totalité des départements ministériels en trois heures est apparu fastidieux à bien des égards.
Parmi les sujets importants ayant fait l'objet des échanges, il y a eu les négociations que le gouvernement mené avec le FMI en vue de la signature d'un accord de trente-six mois. Depuis l'ouverture de ces nouvelles discussions avec le Fonds monétaire international, qui font suite aux précédents pourparlers ayant abouti il ya deux ans à la signature d'une lettre d'intention entre le Fonds et le Cabinet Ntoutoume Emane I, suivi d'un accord de dix-huit mois, c'est la première fois que le gouvernement d' "Ouverture" évoque la conduite de ces négociations devant l'opinion.
Au stade actuel, il semble hâtif de prédire l'issue de ces négociations, dont est tributaire en grande partie l'efficacité de l'action gouvernementale. Cette situation ne date pas d'aujourd'hui, depuis plus de deux décennies, les différents gouvernements qui se sont succédé ont souvent fait appel aux emprunts extérieurs pour assurer le financement des investissements publics d'une part.
VOLET LEGISLATIF •
"La situation financière du pays présente à l'évidence un déséquilibre budgétaire"
Ce message n'a effectivement rien de nouveau par rapport à ce que tout le monde sait, mais c'est le fait que le porte-parole du gouvernement ait été autorisé à venir le dire solennellement qui est, en soi, nouveau. C'est même un acte politique qu'il faut relever devant l'attentisme que l'on déplorait.
René Ndemezo'Obiang ne s'est pas arrêté là, il a poursuivi en faisant part de l'optimisme du gouvernement quant à l'aboutissement heureux de ces discussions. Certes, il n'ignore pas qu'avant d'y arriver, il y a des conditionnalités exigeantes à satisfaire et sur lesquelles le FMI pense que le gouvernement n'avance bas suffisamment, ce que ce dernier récuse, estimant qu'il lui faut travailler dans la sérénité.
Par ailleurs, il y a le volet législatif qui intéresse en particulier le Fonds, lequel avait trouvé à redire sur la première mouture de la loi sur l'enrichissement illicite qui avait été adoptée. Le porte-parole du gouvernement ne l'a pas caché, il a indiqué ensuite que les choses ont beaucoup avancé grâce au nouveau texte qui est déjà passé au Sénat, et que l'Assemblée nationale doit examiner en priorité au cours de la présente session budgétaire.
De même, le rythme des privatisations a souvent été un problème aux yeux du FMI, malgré la volonté du gouvernement. Celui-ci sait aussi qu'il est engagé dans une course contre la montre, et qu'il doit montrer de réels signes de cette bonne volonté. Certaines mesures ont été prises en Conseil des ministres, c'est le cas de l'interdiction dans les ministères d'utiliser le téléphone pour joindre des appareils portables à cause du coût excessif des communications.
C'est un fait, mais le gouvernement doit encore faire davantage montre d'imagination, et cela est possible car il existe des niches énormes d'économie afin de diminuer les dépenses publiques et le train de vie dispendieux des administrations, à l'instar des Finances et du Plan.
Enfin, eu égard à l'ampleur de la dette extérieure, dont l'essentiel l'est à l'égard de la France, au risque de voir les efforts du gouvernement demeurer longtemps inefficaces, le soutien d'autres partenaires de la communauté internationale est de plus en plus indispensable.
Dans ce contexte, le porte-parole du gouvernement a tenu à saluer l'engagement récemment pris par les Etats -Unis de soutenir le Gabon, qui reste injustement maintenu dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, ce qui l'exclut de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).
"Nous attendons beaucoup des Etats-Unis, et nous espérons qu'ils vont concrétiser l'engagement pris par le secrétaire d'État Colin Powell,
a-t-il fait savoir avant d'indiquer qu'en ce moment à Washington, où se trouve le ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul Toungui, les discussions se poursuivent.a reconnu le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement. "La signature d'un nouvel accord s'avère donc nécessaire pour que le gouvernement atteigne les objectifs qui sont les siens et qui tournent autour de la lutte contre la pauvreté dans le pays" a-t-il expliqué.D'autre part, on sait également que ces emprunts couvrent des secteurs aussi variés que la santé l'éducation, les routes, les transports routier et ferroviaire, ainsi que l'énergie. Conclusion, ils génèrent un service de la dette incompatible avec le niveau actuel des ressources financières de l'Etat.