L'initiative du groupe parlementaire du Parti démocratique gabonais consistant à interpeller plusieurs membres du gouvernement a globalement été perçue comme positive pour la démocratie, et pour l'image ces derniers temps terne de la fonction de contrôle de l'action gouvernementale par les députés.
L'ÉVÈNEMENT politique majeur de cette semaine sera sans conteste la rentrée politique des élus du Parti démocratique gabonais à la chambre des députés. Celle-ci se tiendra à partir de demain mardi 1er octobre, et ce jusqu'au lendemain mercredi 2 octobre, et sera essentiellement marquée par les interpellations programmées de plusieurs membres du gouvernement.
L'annonce de cette manifestation à laquelle ont été conviés les élus des autres Partis de la majorité et de l'opposition qui siègent aussi au Sénat, l'autre chambre du Parlement, a globalement été saluée dans les milieux politiques des différents bords, ainsi que par l'opinion. lis y voient une occasion de replacer l'Assemblée nationale au cœur de la vie politique, et de relancer le débat public dans le pays, grâce notamment à un usage efficient de ses missions de, contrôle reconnues par la Constitution.
C'est vrai, en effet, qu'il y a longtemps que de mémoire de députés eux-mêmes, ceux-ci n'ont pas initié des actions visant à interpeller des membres du gouvernement. Ce silence qui s'est emparé de la représentation nationale, date précisément du début de cette dixième législateur. Ce ne sont pourtant pas des opportunités à saisir pour informer l'Assemblée nationale de la conduite de la gestion de certains départements ministériels qui ont toujours manqué aux députés.
Sachant bien qu'ils sont majoritaires dans l'une et l'autre des deux chambres du Parlement, et qu'il ne fait l'ombre d'aucun doute qu'en cas de vote de confiance à accorder au gouvernement, celui-ci leur est d'emblée acquis sans une voix en moins, il semble qu'au sein du groupe parlementaire ils se soient fixe une règle de conduite: on ne doit plus seulement avaliser tout ce que fait le gouvernement, et que s'il y a vote, celui-ci ne doit plus être un chèque en blanc.
Cette nouvelle approche des rapports entre la majorité parlementaire et le gouvernement n'est pas forcément en soi surprenante, d'autant qu'il y a sept mois, lors du passage du Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane devant l'Assemblée nationale, à l'occasion de sa déclaration de politique générale, en dépit du vote de confiance dont il avait bénéficié grâce à toutes les voix des pédégistes, le ton de ce type de rapports à la fois difficiles et cordiaux, s'était dessiné.
CONSÉQUENCE • Ce jour-là déjà, il avait prononcé un discours extrêmement critique à l'encontre de la politique gouvernementale sous le Cabinet Ntoutoume Emane I accusé - nonobstant le contexte économique difficile qui prévalait - de n'avoir pas tenu tous les engagements pris devant eux.
Cette sortie du président Luc Marat Abyla avait donc suffi à faire comprendre qu'aux yeux de l'appareil du PDG , on est bel et bien conscient que s'ils n'y prenaient garde, leur supériorité numérique risquait de les confiner dans une léthargie ambiante au détriment des onctions de contrôle de l'Exécutif. Sa récente sortie publique, dans laquelle il a fustigé le déficit de communication du gouvernement et, implicitement une certaine conduite des affaires aussi, est venue confirmer cette orientation perceptible.
Certes, celle-ci est aussi une conséquence de l'incapacité à agir des députés de l'opposition dont une telle attitude n'aurait pas trop surpris beaucoup de concitoyens, mais plusieurs députés sous la précédente législature n'ont pas été capables de se faire réélire dans leurs fiefs électoraux. Mais, tout compte fait, l'innovation en cours est donc la bienvenue.
Non pas seulement parce qu'il est un mécanisme qui permet de montrer que Assemblée nationale surveille avec vigilance le gouvernement, ou encore de faire vivre la démocratie, mais surtout parce qu'elle doit pousser le gouvernement à se surpasser sachant bien qu'il y a .un regard à tout le moins inquisiteur qui le suit dans l'usage des deniers publics. Ce volet n'est pas à proprement parler à l'ordre du jour, il reste cependant l'un de ceux sur lesquels l'action de l'Assemblée nationale est aussi très attendue.
Avant d'en arriver là, il reste qu'on se demande également ce qui se passera enfin après ces interpellations des ministres Egide Boundono Simangoye (Equipement et Construction), Daniel Ona Ondo (Education nationale), Ali Bongo (Défense nationale), ainsi que le ministre d'Etat jean Ping (Affaires étrangères, Coopération et Francophonie). S'agit-il simplement d'un acte politique que le groupe PDG a décidé de poser, où bien ira-t-il plus loin au cas où, par exemple, il découvrait à cette occasion l'ampleur de la compromission de l'un de ses ôtes ?