LE ciel s'assombrit pour les acteurs politiques tentés â nouveau par le cumul des mandats électifs. Dès les prochaines élections locales qui doivent se tenir le 29 décembre prochain, la possibilité jusque-là offerte a de nombreux hommes politiques de cumuler les fonctions de député, sénateur-maire, ou encore de ministre-maire, ne leur sera plus donnée. Lors du Conseil des ministres du mardi 12 novembre dernier, le président Omar Bongo, qui s'était déjà engagé, il y a quelques années, dans une intervention face à la presse, à mettre fin au cumul des fonctions, a réitéré sa volonté de mettre cette fois réellement un frein à ce phénomène qui gangrène l'élite politique gabonaise. Conséquemment le chef de l'Etat veut procéder à une véritable redistribution des revenus. Résolu, le chef de l'Etat a donné des instructions fermes au gouvernement pour adopter "d'urgence" des projets de loi afin de matérialiser cette vision. Sur la base de cette seule vision, l'on s'accorde pour reconnaître dans plusieurs milieux politico-financiers que plus rien ne sera dorénavant comme par le passé, que les errements du passé n'ont plus de raison d'être, que l'heure est à la réduction des inégalités. Toutes les élites du pays peuvent désormais prétendre accéder à des fonctions jusque-là confisquées par une certaine classe politique qui n'a eu de cesse de s'arroger tous les postes; de les cumuler, même lorsque l'occasion leur a été donnée de promouvoir d'autres compatriotes. Haro donc sur le cumul des mandats et finies les tentatives orchestrées par certains hommes politiques du pays, actuels ministres, députés et sénateurs, pour briguer surtout les sièges de maires à Libreville et dans l'arrière-pays. Et nombreux sont ceux qui rêvent de voir cette "richesse" jusqu'ici aux mains d'une caste de privilégiés, échoir au glus grand nombre.. Effectivement dans la logique présidentielle qui doit sous-tendre les textes législatifs et réglementaires adoptés prochainement, l'incidence financière de cette mesure présidentielle ne peut que susciter un réel espoir. Car, dans le sens de la solidarité, socle du projet de société du Pacte national de solidarité et de développement" au cœur du septennat actuel, la portée économique de cette solidarité fait du partage qui se fait tout particulièrement au bénéfice des plus modestes, des plus défavorisés, un principe majeur de la Refondation à laquelle Omar Bongo appelle de tous ses vœux. NOUVELLE ÉTHIQUE. Du point de vue de la lutte contre la pauvreté que traduira le partage souhaité des revenus, des changements majeurs sont à espérer dans la perception collective de la fonction. Par la possibilité donnée à plusieurs autres compatriotes de bénéficier d'une partie du double, voire du triple traitement dont bénéficiaient les ministres-députés-maires, à l'exemple de Paul Mba Abessole, Antoine de Padoue Mboubou Miyakou, Pierre Amoughé Mba, etc, ainsi que la plupart des autres ministres issus pour la grande majorité du Parlement. Mais surtout avec la fin du cumul annoncée, on s'achemine tout droit vers des économies de plusieurs millions de nos francs - un élu local-maire (hormis celui de Libreville) gagnerait 1500 000 FCFA par mois - mais surtout à plus de redistribution au sein de la société et à une nouvelle éthique administrative et politique.. L'adhésion de tous les acteurs politiques à la volonté fortement exprimée par le chef de l'Etat, Omar Bongo, ne peut globalement que renforcer dans la conscience collective les notions d'entraide, de justice et de promotion sociale que le président de la République s'emploie à vivifier de telle sorte que chaque Gabonais, selon ses facultés et ses moyens, contribue au développement et au progrès de la société dans son ensemble. Mais ce combat, pour un meilleur équilibre et un meilleur partage des richesses du pays, ne saurait se satisfaire de la seule interdiction du cumul des fonctions décrétée par le président de la République. Le gouvernement actuel, dont l'une des missions est de freiner la précarité à travers le combat mené pour la réduction de la pauvreté, se doit d'engager des actions fortes dans cette direction. Le président gabonais, dont il faut reconnaître la justesse de la vision, en optant pour le renouvellement des élites, l'émergence de toutes les intelligences et la redistribution équitable des fonctions et partant, des revenus, sait mieux que quiconque que dans un contexte sicio-economique et financier assez difficile, renforcé par les fortes appréhensions de nombreux compatriotes privés de certaines fonction, et conscient des attentes de ces concitoyens, cette décision va complètement changer la donne politique locale et nationale.
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