Suite à la mise en exécution par les employés de leur mot d'ordre de grève, la Siboga fonctionne aujourd'hui cahin-caha.
LE 19 septembre écoulé, il n'y a pas eu d'arrangements entre la direction générale de la Siboga et son personnel. En effet, deux semaines auparavant un préavis de grève avait été déposé sur le bureau de M. Farouk, le directeur général.
Mais la réunion houleuse à laquelle prenaient part le directeur général, le directeur de l'usine Philippe Parmentier, les délégués du personnel Joseph-Thierry Mondjo Isidore Tsamba samba, Jean-Bernard Mboutsou, Alain Mombo, Ngonda Ngonda, Marcel Bouka et Antoine Endamne pour le compte des employés de cette usine implantée de Nkok, à une vingtaine de kilomètres de Libreville, s'est soldée par un échec.
De l'avis de certains ouvriers que nous avons pu approcher, le motif de l'arrêt des activités est simple : "Il fait suite à un document d'achat intitulé "Mémo sur la reprise de l'usine SHM Pk 27", dans lequel le groupe Socotrap/Halaoui/Jaffré s'engageait à maintenir le niveau de la production de l'usine afin de pouvoir disposer à la fois des compétences et expériences des travailleurs de l'ex-S.H.M. Ces nouvelles dispositions s'adressaient également aux cadres.
A ce titre, le nouvel acquéreur ne voulait pas de la mise en oeuvre d'une formalité administrative pour le licenciement collectif a la char e du vendeur S.H.M, avec la possibilité de reprendre les travailleurs licenciés avec un nouveau contrat identique au précédant, à l'exception de la prime d'ancienneté qui revenait à zéro.
Créée en 1935, d'abord sous l'appellation de l'Union des Compagnies africaines forestières (l.C.A.F),cette société de placage et contreplaqué s'installe a Nkok, à 27 km de Libreville. Elle deviendra quelques années plus tard, en 1958, la Société de la Haute Mondah (S. H. M). Elle évoluera ensuite pour devenir en novembre 2001 ce qu'elle est aujourd'hui, la Société industrielle des bois du Gabon (Siboga).
À l'origine, la S. H. M étant en situation de liquidation, le groupe Socotrap/Halaoui/ Jaffré se trouve acquéreur de l'usine et décide logiquement de changer de dénomination.
Dix mois après l'acquisition de la plus vieille usine du Komo-Mondah par ce groupe d'opérateurs économiques libanais, les employés n'ont jusque-là bénéficié que "des logements et de l'eau" qu'ils ont d'ailleurs hérités de la défunte S. H. M, le reste n'étant qu'une histoire d'engagements pris, apparemment rompus avant d'être appliqués par les deux protagonistes.
Les agents reprochent ainsi au directeur de j'usine Philippe Parmentier de faire de la Sibog a une entreprise d'exploitation humaine: "Philippe Parmentier a voulu nous tromper en brandissant un document non signé, ni du directeur général de notre entreprise, ni de l'inspecteur du travail ni des délégués syndicaux représentant le personnel", a lancé l'un des employés.
Ce dernier soutient cette thèse en disant que leur nouvel employeur leur a fait signer dés contrats de travail dans lesquels, il leur faisait savoir que, compte tenu de la diversité des tâches et selon les besoins de l'usine, l'employé était tenu d'exécuter les travaux qui lui seraient demandés, même hors de sa spécialité, notamment pendant la période d'essai ou la durée d'un contrat à durée indéterminée. A les entendre, le seul avantage dont les travailleurs de la Siboga ont pu bénéficier de leurs nouveaux dirigeants est celui de la ration quotidienne : du pain et une boîte de sardine.
Le groupe Socotrap/Halaoui/Jaffré qui possède un permis d'exploitation de 70 000 hectares dans la région de Medouneu étudiait également dans son contrat d'achat l'éventualité de la reprise des activités forestières de la S.H.M au niveau des chantiers de Biliba dans la province de l'Ogooué-Ivindo.
C'est la deuxième crise que cette usine traverse après celle de 1957. Pour le moment, le cahier de revendications des travailleurs se résume à des points principaux : restitution des différents avantages supprimés, prime de panier, complément conjoncturel, prime de déplacement aux ayants droit prime de logement aux ayants droit, prime de fonction et restitution des catégories professionnelles, coefficient sur la prime de production, vêtements de travail et accessoires, définition de la gratification de fin d'année.