Les négociations reprennent cette semaine pour une dizaine de jours, et porteront essentiellement sur la loi de finances 2003, l'objectif du gouvernement étant d'asseoir un programme à moyen terme avec le FMI.
LE Conseil des ministres, mercredi 9 octobre, avait annoncé la poursuite imminente d'un pro drain round de négociations entre le gouvernement et le Fonds monétaire international à Libreville. Ces pourparlers s'ouvrent au courant de cette semaine, si l'on en croit l'annonce de l'arrivée en deux vagues, aujourd'hui et jeudi, en terre gabonaise des experts du Fonds. Les discussions pourraient durer une dizaine de jours.
Au ministère de l'Économie, des Finances, du Budget et de la Privatisation des sources "autorisées" ont rappelé ce qu'avait déjà annoncé à l'issue de l'ultime Conseil des ministres, le ministre des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, René Ndémezo'o Obiang, à savoir que ces discussions seront pour l'essentiel consacrées à la loi des finances 2003.
A l'évidence ces nouvelles discussions constituent une étape décisive pour l'avenir du pays. De fait elles représentent un défi majeur à relever coûte que coûte oui le gouvernement gabonais autant que c'est cette loi de finances qui doit servir d'élément de base à l'aboutissement in fine des négociations entre les deux parties. La signature d'un accord à moyen terme reste globalement l'objectif poursuivi par les autorités du pays.
Cette philosophie du gouvernement tendant à asseoir ce programme appuyé par une facilité élargie de trois ans traduit, si besoin en était, tout l'intérêt de repartir du bon pied avec le FMI à l'occasion de cette mission que la délégation du Fonds conduite par MM Tdrissa Thiam (chef de mission) et Joseph Ntanmatungiro (économiste principal chargé du dossier du Gabon) effectue à l'invitation des autorités de Libreville.
Il s'agira au cours de cette importante mission pour les deux parties, de s'accorder avant tout sur le projet de loi de finances 2003 qui a été adopté en Conseil des ministres, en enrichissant notamment cette mouture élaborée dans un contexte de recul de la croissance au plan intérieur, où on note une baisse du PIB de 1,2% à cause surtout de la contraction de la production pétrolière.
Le ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul 'Toungui, n'a jamais fait de mystère autour de la situation difficile vécue par le pays au plan économique et financier.
RESULTATS • Au cours de ce Conseil des ministres, il s'était employé à présenter en toute honnêteté l'ampleur de cette situation et le contexte particulier dans lequel s'est conçu cette loi de finances. Inévitablement donc, on s'attend à ce qu'elle soit amendée à ce stade déjà, avant son envoi au Parlement où, en principe, elle devrait arriver 45 jours au plus tard, après l'ouverture de la seconde Session ordinaire. Les députés attendent donc impatiemment de la recevoir d'ici à la fin de ce mois.
Mais avant d'en arriver là, on s'attend aussi à des discussions houleuses avec les experts du Fonds qui ne manqueront pas d'interpeller le gouvernement sur certaines réformes auxquelles est tenu le cabinet Ntoutoume Emane II. Il s'agit, grosso modo, des réformes structurelles sur lesquelles le FMI est très critique. En particulier la privatisation de certaines entreprises publiques ou parapubliques considérées comme des gouffres à sous pour le budget de l'Etat confronté au poids de l'endettement du pays.
Il s'agit, enfin, de la réforme de l'appareil d'Etat avec son train de vie dispendieux, singulièrement celle de la Fonction publique accusée de lenteur, à telle enseigne que les plus hautes autorités de l'Etat ont dû interpeller à ce sujet le Commissariat général à ladite réforme afin qu'il asse preuve d'une plus grande célérité. Une chose est certaine, on s'attend à d'âpres discussions.
Ce n'est pas la première fois que les experts des deux parties se retrouvent, mais cette fois-ci, côté gabonais une assez grande confiance semble régner et on dit que le dossier a été, longuement et minutieusement, préparé depuis les deux missions du ministre d'Etat Paul Toungui à Washington, d'abord pour la loi de finances rectificatives 2002 en juin, ensuite récemment pour les Assemblées générales annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Effectivement, il s'est efforcé de donner des réponses à certaines questions dans la loi de finances rectificative 2002 concernant par exemple les dépense communes (téléphones portables suspendus dans l'administration), quoique d'autres soient à ajouter à l'instar de la fiscalité forestière qui demeure pendante.
Pour le reste, enfin, c'est de bon augure, d'autant que le pays aborde un tournant crucial avec le déclin de la production pétrolière et partant la chute des revenus, qui place d'office le cabinet Ntoutoume Emane II devant l'obligation de donner des gages de bonne gouvernance économique et politique pour susciter le soutien de la communauté financière internationale.