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Loi des finances: L’examen du budget 2004 s’ouvre à l’assemblée national
Auteur:  Jean Christian KOMBILA  | Date: 29 Octobre 2003  | Réactions ()
Section: Economie  | Source: L'Union

Le ministre d'Etat, Paul Toungui, se retrouve devant la Commission des finances, du budget et de la comptabilité publique, ce mercredi 29 octobre. Le projet de budget débattu est loin d'être expansionniste à cause des contraintes sur les recettes et La dette du pays.

Jean Christian KOMBILA

A Session budgétaire entre dans le vif du sujet à partir d'aujourd'hui mercredi 29 octobre, qui marque le début de l'examen de la loi de finances 2004 à l'Assemblée nationale, avec l'audition dans la matinée du ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul Toungui. Devant la Commission des finances, du budget et de la comptabilité publique, présidée par le député du 2e siège de la Sébé-Brikolo (Okondja), il doit défendre le projet de budget gouvernemental, adopté le mardi 7 octobre, en Conseil des ministres.

En ce qui concerne le projet de budget du gouvernement, les analystes font valoir que celui-ci est fondé sur des prévisions réalistes qui tiennent compte d'une donnée incontournable, à savoir la poursuite des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Au total, c'est un budget qui s'établirait à 1 472,4 milliards de FCFA contre 1 377,5 milliards en 2003, et serait alors en augmentation de 94,9 milliards.

Dans ce projet de budget, les ressources propres devraient culminer a 965 milliards avec des dépenses de l'ordre de 1400 milliards au bas mot, le gouvernement est conscient qu'il faut à tout prix trouver de l'argent, via un emprunt d'équilibre, pour financer le gap d'au moins 600 milliards qui se pose avec acuité dans le contexte de crise économique et financière, engendré par la chute préoccupante de la production pétrolière dans le pays.

Dans ce contexte il y a également le défi de coller aux priorités assignées au gouvernement par le chef de l'Etat, M. Omar Bongo, notamment la sécurité et la défense nationale, la route, la santé ainsi que la justice.

ARBITRAGES EN QUESTION • A la veille de ce face à face entre le ministre de l'Economie et des Finances et les députés, il est fort à parier que les élus du peuple vont interpeler, Paul Toungui sur les arbitrages opérés conformément aux quatre priorités déclinées par le président Bongo. Ce qui pousse à le prévoir, ce sont Ies vives critiques que l'on entend déjà contre le ministère de la Planification et de la Programmation du développement pour n'avoir pas clairement concrétisé cette volonté politique exprimée au sommet de l'Etat dans le budget d'investissement qui devrait atteindre la somme de 167, 5 milliards de FCFA. La conviction est forte parmi certains députés souvent critiques que le débat sur les arbitrages en question va dominer les discussions.

L'enjeu véritable du chapitre lié aux arbitrages réside essentiellement dans les montants qui seront alloués aux secteurs choisis comme prioritaires par le président de la République qui pousse également à le dire, c'est le discours à forte tonalité sociale qu'a prononcé à l'ouverture de cette session budgétaire, lundi 1er septembre, au palais LEON MBA le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama. « La pauvreté, l'exclusion et la marginalisation sont des maux qui frappent encore les populations. L’élimination des causes de la pauvreté, la sécurité alimentaire (...) doivent être l'objectif premier de nos efforts de développement », avait-il prévenu devant un auditoire qui n'en attendait pas moins.

« A l'heure actuelle, des zones rurales connaissent une situation très préoccupante, qui résulte du déclin l'activité agricole, du vieillissement de la population. Il est temps que notre pays trouve une sortie de crise pour s'engager dans un cercle qui fait reculer la pauvreté, dans un cercle de croissance durable et de progrès social », avait conclu le président de l'Assemblée nationale. A l'époque, on avait alors perçu que lors de l'examen de la loi de finances 2004, la bataille allait porter sur les choix à opérer par rapport aux priorités. Dorénavant, celles-ci sont claires et la question qui se pose désormais est celle-là, c'est à dire les arbitrages effectués.

Il y a un an quasiment, en réexaminant le budget d'investissement, le très critique président de la Commission des finances, du budget et de la comptabilité publique, Luc Oyoubi, avait pris le contre-pied du gouvernement qui souhaitait, concernant les transferts opérés; amputer des chapitres liés au social (Education nationale et Enseignement supérieur) à coup de milliards de FCFA. Le député du 2e siège de la Sébé-Brikolo avait mené la fronde pour réduire les dotations allouées au parc automobile et à la réfection de l'immeuble interministériel. Ces transferts s'étaient chiffrés à un peu plus de 14 milliards de FCFA, soit en tout l'équivalent de 1% de modification sur le budget rapporté à la loi de finances initiales. Voilà pour l'anecdote.

Maintenant, au regard du budget en examen, qui est loin d'être expansionniste à cause des contraintes sur les recettes et la dette du pays évaluée aux alentours de 800 milliards, ce qui suscite l'optimisme avant le débat sur ce budget 2004 c'est la conviction du président de la Commission des finances, du budget et de la comptabilité publique que les priorités retenues doivent être prises en compte. Il le faut pour confondre les sceptiques pour qui cette bataille est plus facile à engager en théorie qu'à conduire concrètement à terme.

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