04/07/02 - Les Gabonais vont devoir à nouveau gravement se serrer la ceinture d'ici la fin de l'année. Même avec un petit coup d'ardoise magique sur la dette bilatérale de "Papa Chirac", un sérieux Ramadan financier se profile?
En pompant à tout va, le Gabon devrait réussir à maintenir sa production pétrolière à hauteur de 12 millions de tonnes cette année. La baisse des prix du brut et du dollar devrait cependant limiter les recettes pétrolières à hauteur de 510 milliards F CFA contre au moins 700 milliards les années précédentes. Les perspectives dans les deux autres secteurs d'exportation, le bois et le manganèse, sont également plutôt en berne. Sur les vives recommandations du FMI, le Gabon vient d'adopter un projet de budget rectifié, mais de très peu: 1 323 milliards F CFA contre 1 334 milliards dans la loi de finances initiale.
Le seul poste qui augmente vraiment est celui? du service de la dette: 609 milliards contre 591 dans la première mouture en intégrant 72 milliards F CFA d'arriérés au 31 décembre 2001. Pour adoucir l'ardoise, Omar Bongo compte sur les promesses que lui ont faites Jacques Chirac et Dominique de Villepin de relancer "le plan Beregovoy" de reconversion en investissements d'une partie des créances bilatérales françaises (LC N°298). Un plan qui n'avait jamais bien fonctionné pour le Gabon (contrairement à celui de la Côte d'Ivoire). Dans ce cadre, le Trésor pourrait passer un coup de chiffon sur 25 milliards F CFA. Une petite compresse sur un gap financier qui pourrait atteindre 290 milliards F CFA en fin d'année. Mazette?
LA LETTRE DU CONTINENT N° 403