Paris (Afrique Education, 30 Oct.-14 Nov. 2001) - Le Gabon devrait bientôt réceptionner quatre nouveaux appareils dans le cadre de la modernisation de la flotte de la compagnie nationale Air Gabon.
Il s'agit d'un 747-400 Combi dernier cri avec une version frêt, d'un 767-300 et de deux 737 - 700 et 800 pour l'inter-Etats. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est le patriarche El Hadj Omar Bongo, lui-même, qui a passé commande de ces appareils pour le compte d'Air Gabon, compagnie aérienne qui va de contreperformance en contreperformance au point qu'on se demande si une équipe de direction est à ses commandes ? Dimanche 14 octobre 2001, son boeing 747 a été immobilisé à Londres pendant 12 heures de temps faute de carburant. Les arriérés de la Compagnie auprès des pétroliers de l'aéroport de Londres sont énormes au point que tous exigent désormais du cash. Comme pour Air Afrique. Les pauvres passagers ont été conduits dans un hôtel de la place en attendant que le ministre gabonais des Finances, Emile Doumba, expédie de quoi faire voler l'appareil. Côté salaires, les choses ne vont guère mieux.
La direction n'a pu effectuer les virements de fin septembre que vendredi 12 octobre. Alors que le personnel attendait cette paie pour subvenir aux besoins de la rentrée scolaire. La gestion du directeur Mfoubou est tellement laxiste (on le dit complètement perdu d'autant qu'il n'est pas spécialiste de l'aéronautique) que les assistants techniques de la compagnie allemande Lufthansa venus aider au redressement de la compagnie en sont à se demander ce qu'ils font réellement au Gabon. Voyant que rien n'avance, ils ont été rappelés en consultation par leur direction en Allemagne comme un pays souverain peut rappeler son ambassadeur en consultation quand il existe quelques points d'ombre dans les relations bilatérales. On se demande si c'est à ce Mfoubou que le patriarche confiera les quatre appareils neufs, auquel cas il n'aura que ses yeux pour pleurer quelques années plus tard.
A un moment où Air Gabon passe pour la compagnie qui va permettre l'éclosion d'une compagnie sous-régionale dite compagnie aérienne de la Cemac, sous la houlette du président du Gabon, plusieurs questions méritent d'être posées ? Cette future compagnie sera-t-elle une sorte d'Air Afrique sous-régionale avec un partage de responsabilités ou bien le Gabon acceptera-t-il d'en assumer les pleines et totales responsabilités ? Que fera-t-on de la très incompétente et encombrante direction actuelle qui a tant fait montre de ses carences en tous points de vue ? Le patriarche devra savoir se montrer ferme et résolu s'il veut que ses avions volent dans un ciel sans trop de trous d'air.
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