Les deux syndicats de magistrats du Gabon, en grève depuis près d'un mois, ont décidé de poursuivre leur mouvement, faute d'avancée à propos de leurs revendications sur l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail, a-t-on appris mercredi de source syndicale.
Réunis mardi en assemblée générale à Libreville, les magistrats gabonais ont voté à "82% la poursuite de la grève illimitée", décidée le 27 septembre dernier, a indiqué à l'AFP le vice-président du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag), Simon Michel Bibang.
Cette décision intervient quelques jours après la tenue d'une nouvelle réunion, placée sous l'égide de la présidence gabonaise, entre la coordination syndicale des magistrats et les autorités de tutelle.
"Il y a maintenant une véritable crise de confiance", a expliqué M. Bibang, dénonçant "l'attitude arrogante" du gouvernement.
Le président Omar Bongo s'était pourtant engagé au cours de cette réunion à prendre en charge personnellement certaines revendications, comme l'achat d'ouvrages spécialisés ou de costumes d'audience, a indiqué la même source.
Les grévistes estiment toutefois ne pas avoir obtenu gain de cause sur deux revendications prioritaires: l'achat de véhicules à des conditions spécifiques ainsi que l'attribution pour tous d'une prime de logement ainsi que sa revalorisation pour ceux qui en bénéficient déjà.
"Nous allons durcir notre mouvement d'ici la fin de la semaine et réduire encore le service minimum que nous assurions jusqu'à présent", a menacé M. Bibang.
La poursuite de la grève intervient également à près d'un mois des élections législatives, prévues les 2 et 16 décembre prochain, et alors que de nombreux magistrats doivent participer aux différentes commissions électorales.
Les greffiers du tribunal de Libreville, également en grève depuis plus de cinq mois, ont en revanche repris le travail lundi dernier, a indiqué à l'AFP le secrétaire général adjoint du Syndicat national des greffiers (Synagref), Me Jean-Pierre Boungoulou.
Cette décision a été prise à l'issue d'une réunion entre le Synagref et la présidence gabonaise, le même jour que celle des magistrats.
Les greffiers ont obtenu la mise en place d'une commission paritaire chargée d'apporter des réponses sur leurs revendications, notamment financières comme les primes de logement, de transport et d'audience.
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