Les syndicats gabonais doivent entamer mardi des négociations avec le gouvernement pour décider ou non d'une trêve sociale réclamée par le président Omar Bongo, a-t-on indiqué lundi de sources syndicales à Libreville.La majorité des syndicats se sont réunis vendredi et lundi pour tenter de présenter un front uni lors de ces discussions, lancées le 22 août par le président gabonais Omar Bongo, actuellement en visite privée en Espagne.
Ils ont annoncé pour la plupart leur intention de participer au "dialogue social" prévu du 9 au 16 septembre dans la capitale gabonaise, sans tous accepter par avance la "trêve sociale" voulue par les autorités, alors que le pays a connu des grèves à répétition ces derniers mois.
Le chef de l'Etat gabonais avait réclamé le 22 août une trêve sociale, invoquant la crise économique qui frappe le Gabon et les efforts du gouvernement pour parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).
"Face à un Etat flambeur, face à un Etat menteur, il n'y a point de répit à lui accorder donc point de trêve sociale", a déclaré ce week-end devant la presse et des syndicalistes le chef de file de l'opposition radicale gabonaise, le président de l'Union du peuple gabonais (parti d'opposition), Pierre Mamboundou.
Tout en dénonçant cette trêve sociale "de trois ans", "sans condition", comme une manoeuvre électorale pour l'élection présidentielle de 2005, M. Mamboundou, a encouragé les syndicalistes à participer aux discussions afin de faire connaître leurs revendications et obtenir satisfaction.
"Oui au dialogue social. Nous allons y participer pour faire entendre notre voix même si nous condamnons l'idée de trêve sociale", a indiqué lundi à l'AFP le président de la Force de réflexion et d'action pour l'enseignement supérieur (Frap), Tom Frédéric Mambenga.
"On ne peut pas demander de trêve sociale sans démocratie sociale, sans une meilleure répartition des revenus. Il y a trop de décalage entre ceux qui dirigent et le reste de la population", a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du Syndicat national des personnels de la Santé (Synaps), Jean Mouengofou Koumba, a annoncé la participation de son syndicat aux négociations.
Mais il a précisé que ses adhérents avaient dit "non à la trêve" tant que les engagements pris par le gouvernement après une grève des hôpitaux, entre mai et juillet derniers, ne seraient pas tenus.