A l'ouverture, mardi, de la session ordinaire du Conseil économique et social, le chef de file de la société civile, estime que celle-ci passe par un dialogue social, première étape du gouvernement autrement" qui se dessine aujourd'hui dans le pays.
PEU en vue lors du lancement du dialogue social par le président de la République, Omar Bongo, recevant les partenaires sociaux en vue de. la trêve sociale évoquée par le chef de l'Etat dans son discours à la nation le 16 août 2003, Louis-Gaston Mayila, le président du Conseil économique et social, s'est fait à l'ouverture des travaux du CES mardi dernier le farouche défenseur de l'idée présidentielle.
Dans son discours d'ouverture prononcé en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, dont le gouvernement devrait entamer la phase ultime des discussions avec les associations syndicales et patronales du pays, celui qui se présente comme le chef de file dé la société civile gabonaise, le porte-parole des sans voix, a évoqué la nécessité de perpétuer ce dialogue social en faisant valoir que celui-ci constitue l'étape indispensable menant à la trêve sociale.
Une trêve sociale qui, selon Louis-Gaston Mayila, est une première étape, dans le "gouverner autrement" qui se dessine aujourd'hui dans la gestion des affaires publiques. Une méthode novatrice qui induit, dans le cadre de la bonne marche de la vie nationale, "plus de concertation, plus de consultation, lus d'avis, lus de solidarité’’. Et qui, au lendemain de la rencontre que le président Omar Bongo a eue dernièrement avec les responsables et les reprèsentants des confédérations syndicales, des syndicats et organismes patronaux au pays, laisse penser même si ‘’on ne se rend peut-être pas compte", que "nous avançons , a déclaré le président Louis-Gaston Mayila.
Cette conclusion faite sur fond de critiques lancée à ceux qui rechignaient encore il y a quelques mois à associer les partenaires sociaux, prouve clairement que l'implication de ces derniers dans la recherche des voies et moyens de sortir du cycle des revendications et mouvements sociaux, révélateurs d'un malaise général imputable en grande partie à la conjoncture morose et crispée de l’Economie nationale, est une avancée positive pour le pays.
SURENCHÈRE * Tant il est établi, au regard de la donne financière difficile que traverse le pays que l'adhésion des syndicats aux côtés des gouvernants, dans la réalisation de la trêve sociale souhaitée par le président de la République, est fondamentale. Puisque ces associations corporatistes expriment souvent à leur manière et sans parfois tenir compte des exigences et difficultés auxquelles les pouvoirs publics font face, les préoccupations portant essentiellement sur le relèvement des primes et salaires et sur l’amélioration des conditions de vie des salariés, tous secteus confondus.
L'apport des partenaires sociaux dans cette logique de la pause souhaitée sur le front social est bien perçue du côté de ces acteurs u mouvement syndical surtout qui, ayant conscience de leur pois et des enjeux, n'ont pas hésité à se lancer dans une sorte de surenchère qui ne dit pas son nom. On comprend dès lors la tentation observée chez certains à s'interroger sur le prix à payer pour la cessation, voire l'adoption d'un cessez-le-feu social qu'impose plus que jamais le contexte de morosité dans lequel notre pays engage des discussions avec le Fonds monétaire international en vue d’un accord d’ajustement structurel que les autorités gabonaises souhaitent triennal.,
DEBAT SOCIAL* Pour le président du Conseil économique et social, la trêve sociale est "à ce prix inquantifiable, qui nous permet d'aller nous coucher le soir, avec l'assurance de nous réveiller le lendemain matin dans notre lit. La trêve sociale au prix d'envoyer nos enfants demain à l'école avec l'assurance qu'ils seront accueillis, encadrés et enseignés. La trêve sociale pour assurance que chaque Gabonais pourra avoir trois repas par jour ... La trêve sociale pour que la route goudronnée mène vers la vie et non la mort’’.
Des idées lancées par un Louis-Gaston Mayila, toujours aussi inspiré, et qui; à 'appui de celle-ci, affirme mordicus que ces idées peuvent être réalisées à condition bien évidemment qu'au" moment où les soldats du développement sont au front, le Gabon ne se livre pas la guerre à lui-même". Entendue que la cohésion et l'adhésion de tous les acteurs est plus que nécessaire; que la solidarité prônée par le président de la République, doit être partagée à tous les niveaux de la strate sociale et politique du pays.
Dans la rhétorique explicative du président du CES, cet agitateur d'idées semble traduire l'exigence d'une alliance de tous les acteurs de la vie politique, économique et sociale, autour du président Omar Bongo, qui donne le cap, et du gouvernement, une alliance susceptible de donner à notre pays les chances de succès et qui se résument "dans le développement de tous et de chacun sur tous les plans", a tenu à préciser Louis-Gaston MayiIa.
En saisissant cette sortie prélude à l'ouverture des négociations prochaines des discussions entre le gouvernement et les partenaires, le président Mayila a esquissé la trame du débat social qui va s'ouvrir au CES au cours de la présente session. Et traduit par la même occasion l’importance qu'il attache au dialogue social qui du 9 et 16 septembre devrait amener les parties en présence à la conclusion de cette trêve déclinée par le président Omar Bongo lors du lancement officiel des pourparlers à la présidence de la République.