Le président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba ndama, a noté que ''la pauvreté (et) l’exclusion (…) frappent encore nos populations’’. Avant de laisser entendre que les résultats des rapports des commissions d’enquête parlementaires créées vont être connus par l ‘opinion.
PROCEDANT à l'ouverture de la deuxième session ordinaire au palais Léon Mba, hier lundi 1er septembre, le président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, s'est attaché à mettre en évidence la nature particulière des quatre mois de travail législatif qui s'ouvrent, en ce qu'ils marquent le début de la cruciale session budgétaire.
S'exprimant du haut de son perchoir à l'adresse des députés de la majorité et de l'opposition rassemblés à cette occasion, il a. d'emblée souligné avec insistance : " La session qui s'ouvre aujourd'hui est. Une session budgétaire. Ce sera une fois encore l’occasion pour nous d'inventorier les défis auxquels notre pays est confronté".
VIVES DISCUSSIONS
On aurait dit à l'unisson que c'est une lapalissade, le fait que le président de l'Assemblée nationale, M. Nzouba Ndama, rappelle aux élus du peuple que cette session a la particularité d'être une session budgétaire, d'autant que nul n'ignore, parmi les députés, que cette session est consacrée à l'analyse des comptes et ressources de l'Etat, et partant à l'examen avant son adoption de la mouture finale du budget de l'Etat dans le cadre de la loi des finances 2004.
En revanche, ce souci d'insister sur cette évidence, en cette période de crise économique et financière vécue par le pays, avec ses effets colIatéraux pour les populations confrontées au mal- vivre dans leur quotidien, a été perçu comme une invite à faire preuve de rigueur lors des débats portant sur la loi de finances, à compter de la mi-octobre, probablement.
Du coup, le chef de la Représentation nationale a lancés " La pauvreté, l’exclusion et la marginalisation sont des maux qui frappent encore nos populations. L'élimination des causes de la pauvreté, la sécurité alimentaire ( ... ) doivent être l'objet premier de nos efforts de développement’’. Il a alors été applaudi par un auditoire qui n’ en attendait pas moins avant de poursuivre sur un ton de défi:
" A l'heure actuelle, des zones rurales connaissent une situation très préoccupante, qui résulte du déclin de l'activité agricole, du vieillissement de la population. Il est temps que notre pays trouve une sortie a la crise pour s'engager dans un cercle qui fait récurer la pauvreté, dans un cercle de croissance durable et de progrès social".
De retour d'un mois et demi des vacances, soit le temps qu'aura duré l'intersession parlementaire, le président de l'Assemblée nationale sait donc de quoi il parle, et avec lui les députés, qui ont tous séjourné dans l'arrière pays, où ils ont pu mesurer l'ampleur de la fracture sociale et son impact cruel sur la grande majorité du peuple. Certes, ce constat navrant sur les conditions de vie de nombreux concitoyens, fait par le président de l'Assemblée nationale dans l'hémicycle du palais Léon Mba, en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, n'est pas nouveau.
A l'orée de cette session budgétaire intervenant dans un contexte de crise aiguë pour les finances publiques, ces propos présagent de vifs débats sur le projet de loi de finances qui doit émaner du gouvernement, et pour l'élaboration duquel des conférences budgétaires sont organisées à l'Institut de l'économie et des finances. En principe, ces conférences ont pour objectif de prendre en compte les besoins des différents départements ministériels avant l'étape, proprement dite, de la rédaction de ce texte.
En fait, à écouter le président de l'Assemblée nationale évoquer ces défis de développement, la bataille qui s'annonce quand il s'aura pour les députés d'examiner dans les détails le projet de budget 2004 avant la fin de l'année, va porter sur les choix à opérer pour que la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale sous toutes ses formes, ne ressemble pas à la quadrature du cercle pour la Chambre des députés.
‘’Il est patent que la misère s'est répandue aux confins du pays avec une cruauté sans pareille; et malgré les limites des possibilités de l’Etat les populations attendent le nous mettions davantage de moyens dans les secteurs qui touchent de près leurs conditions de vie, bien plus que nous l'avons fait avec le dernier budget" a commenté aussi un député de la majorité. A l'aune de cette volonté, on suivra donc de très près, l'intérêt qui sera accorde au social. A commencer par des ministères tels que ceux en charge de la lutte contre la Pauvret, l'Education et la Santé.
Par ailleurs, s’il est une question concernant le développement durable sur laquelle est plus que jamais attendue la Chambre des députés, c'est bien celle de la route qui pose d'énormes problèmes aux populations. Ceci est d'autant vrai, qu'un terrible accident a récemment tué dix-sept personnes sur l'axe Fougamou-Lambaréné, provoquant un "drame national." Pis, on fait état de deux nouveaux décès parmi les quatre rescapés dont deux étaient en réanimation dans un état très critique.
Adressant un satisfecit au gouvernement pour son assistance concrète aux familles des victimes, le président de l'Assemblée nationale a accompagné ces éloges de nuances partagées par les autres élus du peuple à cause de l'état déliquescent des routes conduisant vers l'arrière pays.
‘’Depuis 'trois années, notre réseau routier n'a pas connu d'entretien. ]'ai fait le constat au cours de la dernière intersession. Nous souhaitons que les années 2004 et 2005 soient des années consacrées d .la route (...) Les routes bitumées devraient ainsi traverser notre pays d'Est en Ouest et du Nord au Sud, en passant par le centre, l'exemple de l'axe Eboro-Lalara, afin de désenclaver nos villes''.
RAPPORTS EXPLOSIFS
• Ces paroles, en tout cas, sonnent comme des critiques formulées au gouvernement contre sa politique de la route. Naturellement, c'est le ministère des Travaux publics, de l'Equipement et de la Construction, qui est interpellé. Et avec lui, son titulaire, Egide Boundono Simangoye. Dans l'assistance venue nombreuse au palais Léon Mba, certains concitoyens ont assuré être curieux de savoir comment l’Assemblée nationale a vécu ce drame.
Ils se sont félicités d'entendre son président l'évoquer. Autrement dit, ce qu'ils souhaitent dorénavant, c est de voir la Chambre des députés interpeller une fois. de plus le gouvernement sur le sort réservé à ce tronçon, lors des prochaines séances de Questions orales. Et pourquoi pas, l'Assemblée nationale pourrait former une Commission d'enquête parlementaire sur la gestion et la conduite de la politique de la route. Y compris la sécurité routière et la politique de transport terrestre au départ de la gare routière. Ou encore à l'arrivée dans cette zone au PK 8, où règne la jungle des transporteurs de passagers défiant la mort tous les jours.
Enfin, ce chapitre lié aux commissions d'enquête parlementaires a justement été abordé. Le président .de l'Assemblée nationale a fait savoir que cette session bien que budgétaire doit accorder une grande priorité aux résultats obtenus sur le terrain par les commissions d'enquête parlementaires mises en place au cours de la session des lois. Il y a eu, en tout, quatre commissions.
L'une porte sur les Fêtes tournantes du 17 août, une autre concerne les Privatisations, la troisième porte sur la Dette publique, la dernière, enfin sur l'achat et la distribution des médicaments. Il a été confirmé crue deux rapports sont delà déposés. Il s'agit de celui sur les précédentes , fêtes tournantes en 2002, et celui sur les médicaments. Selon un député ayant requis l'anonymat, "ces deux rapports sont explosifs". L'opinion attend qu'on les rende publics.