Les anciens cheminots gabonais, licenciés lors de la privatisation de leur compagnie en 1999, réclament toujours le paiement de leurs droits, ont indiqué jeudi leurs représentants à l'AFP à Libreville."Nous voulons attirer l'attention du président (Omar Bongo) qui a été le bâtisseur du chemin de fer, et les institutions de Bretton Woods, parce que les négociations avec le gouvernement sont bloquées", a déclaré un de leurs représentants, Joseph Mbatchi.
Quelque 650 cheminots gabonais avaient été licenciés en 1999 dans le cadre d'un plan social, lors de la privatisation de l'Office du chemin de fer du Transgabonais (Octra), qui comptait 1.800 salariés.
Regroupés au sein du Cercle des anciens cheminots (Cac), ils réclament notamment le paiement d'une indemnité transactionnelle correspondant à 24 mois de salaires bruts, et d'une indemnité de services rendus.
Ces ex-cheminots avaient présenté en avril leur doléances au président Bongo, qui avait saisi le gouvernement. Sans suite.
"Nous avons été reçus jeudi par quatre membres du gouvernement, mais ils nous ont dit qu'il n'y avait pas d'argent", a ajouté M. Mbatchi.
"Nous vivons une situation difficile. Chacun de nous héberge au moins 10 personnes. C'est un vrai problème social", a ajouté ce représentant.
Les ex-cheminots ne se sentent pas concernés par une trêve sociale conclue le 26 septembre par le gouvernement et les partenaires sociaux: "Nous sommes des chômeurs. Nous ne réclamons pas une augmentation de salaire mais nos droits".
Le chemin de fer gabonais, reliant Libreville à Franceville (sud-est) sur 800 km, a été construit entre 1973 et 1986 pour transporter passagers et marchandises (bois, manganèse).
Confronté à d'importantes difficultés financières et d'exploitation, il a été privatisé à la demande des institutions financières internationales.
Une Concession avait été accordée à la société Transgabonais, détenue majoritairement par la Société nationale des bois du Gabon (SNBG) et des exploitants forestiers.
Le gouvernement a dessaisi en mai cette société pour mauvaise gestion, et a confié provisoirement la concession au groupe Eramet Comilog.