Les partenaires sociaux gabonais et le gouvernement ont signé vendredi soir à Libreville une trêve sociale, réclamée depuis août par le président Omar Bongo, a-t-on indiqué de sources concordantes."La trêve sociale signifie que pendant trois ans, on s'engage à résoudre un conflit social par la négociation et non par la grêve en saisissant le comité de suivi", a expliqué à l'AFP le facilitateur Louis-Gaston Mayila, président du Conseil économique et social.
Débutées le 9 septembre, ces négociations ont abouti, selon M. Mayila, a quatre points essentiels: une baisse de 15% du prix de 125 articles, l'organisation syndicale avec par exemple la prise en charge par le gouvernement de la formation, la création d'un comité de suivi de 35 membres et une réduction du train de vie de l'Etat.
Cette dernière revendication, fortement réclamée par les syndicalistes, n'a pas suffit à contenter certains d'entre eux qui ont critiqué l'acquisition récente de nouvelles voitures, "des 607 pour les ministres" alors que des parents "n'ont pas de quoi envoyer leurs enfants à l'école".
Une cinquantaine de syndicats et le patronat ont signé ce protocole d'accord en présence du chef de l'Etat. Seul un syndicat d'enseignants a décidé de "soumettre à la base" ce protocole avant de l'accepter.
"C'est une amorce intéressante avec la réduction du prix des produits de première nécessité mais les mesures annoncées sont insuffisantes aux demandes", a indiqué à l'AFP le président de la Force de réflexion et d'action pour l'enseignement supérieur (Frapes), Tom Frédéric Mambenga.
Le chef de l'Etat gabonais est parti samedi à Tokyo pour participer à la 3e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad .
Il avait réclamé le 22 août une trêve sociale, invoquant la crise économique, qui se traduit par des grèves à répétition dans les secteurs public et privé, et les efforts du gouvernement pour parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI).