La préparation du budget de l'Etat pour l'année 2004 se déroule dans un contexte de perte de pouvoir d'achat pétrolier. Les conférences budgétaires, qui se tiennent actuellement à l'IEF, visent à apprêter les dossiers qui seront présentés au séminaire gouvernemental chargé de fixer le cadrage budgétaire.
LES ministères techniques (Finances et Planification) et les autres départements ministériels (dits ministères dépensiers) sont réunis depuis mardi 19 août à l'Institut de l'économie et des finances (IEF) pour élaborer des hypothèses budgétaires relatives à la mise en place progressive et négociée du projet de Loi de finances de I'an 2004.
« Les ministères dépensiers présentent leurs besoins qui sont des hypothèses budgétaires pour l'année future et on voit ensemble comment prendre en compte les différentes préoccupations exprimées et cela en fonction de l’enveloppe disponible et qui est dépendante de la situation économique du pays », à expliqué à la presse le directeur général du Budget, Juste Valère Okologo W'Okambat, à l'issue de la plénière d'avant-hier.
Ces réunions, appelées conférences budgétaires, prendront fin le 30 août. Elles sont un prélude au séminaire gouvernemental chargé de fixer le cadrage budgétaire pour l'année 2004.
L'objectif du séminaire gouvernemental, qui se tiendra le 10 septembre dans un lieu qui reste à préciser, réside dans la pleine implication de l’ensemble des membres du gouvernement dans la conception et le choix des actions prioritaires en matière budgétaire.
Cette nouvelle démarche, affirment les autorités, présente l'avantage de faire du budget général de l'Etat un véritable instrument de politique gouvernementale.
Tout en donnant les grandes orientations du projet de budget de l'Etat pour l'année 2004, M. Okologo W'Okambat a indiqué que celui-ci se tenait dans un contexte économique difficile marqué par la stagnation des ressources de l'Etat, due à la baisse de la production pétrolière et par le poids de la dette extérieure qui ne peut trouver de solution que dans la bonne volonté de nos créanciers.
Sans anticiper sur les résultats du séminaire gouvernemental, le directeur général du Budget a remarqué que le budget 2004 pourrait être voisin de celui de 2003 qui est de 1377,465 milliards de FCFA:
Pour Juste-Valère Okologo W'Okambat, le gouvernement doit, non seulement explorer d'autres voies pour atténuer la baisse des recettes pétrolières, mais aussi rétablir la crédibilité de l'Etat en poursuivant les mesures d'assainissement des finances publiques, de réduction du train de vie de l'Etat, de diversification de l'économie, ce qui su pose la mise à plat. des dysfonctionnements du système et la stimulation des investissements privés par l'établissement d'un Etat de droit.
Selon Juste-Valère Okologo W'Okambat, la signatune d'un accord avec le FMI permettra au gouvernement de relancer l'économie, qui est actuellement atone.
PROGRAMME • Le Conseil des ministres du jeudi 12 Juin 2003 avait déjà annoncé la couleur en indiquant que le Programme à moyen terme sur la période de 2003-2006, actuellement en négociation avec le FMI, viendra concrétiser les mesures d'assainissement des finances publiques prises depuis 2002 pour renforcer la gestion des finances publiques et les capacités institutionnelles. Il permettra ainsi au pays de faire face aux défis majeurs dont les principaux sont les suivants :
- une forte baisse de la production pétrolière qui est passée de 18,5 millions de tonnes en 1997 à 12,6 millions de tonnes en 2002 ; sans la découverte de nouveaux champs, cette dernière pourrait se réduire de moitié au cours des cinq prochaines années;
- un service de la dette extérieure qui présentera environ 40% des recettes budgétaires au cours des prochaines années; une structure de coûts relativement élevés qui pénalise la compétitivité;
- des indicateurs sociaux comparables à ceux des pays à revenu faible malgré le fait que le Gabon soit classé comme pays à revenu intermédiaire.
Ce Programme de grande envergure économique, tout en poursuivant les efforts d'ajustement budgétaire, s'articule autour des axes suivants :
- la consolidation des grands équilibres macro-économiques
- l'amélioration du cadre juridique et réglementaire;
- l'accélération des réformes structurelles dont les privatisations;
- la réforme de l'administration publique;
- le renforcement de la transparence et de la bonne gouvernance ;
- la diversification du secteur hors pétrole ;
- et l'amélioration des conditions de vie des populations.
Il est urgent d'élargir la base productive à travers des politiques sectorielles adaptées et un environnement économique et juridique sain permettant l'essor de l'initiative privée.
« L'adoption par le Parlement des deux lois portant sur la lutte contre l'enrichissement illicite , ainsi que la mise en place d'un nouveau code des marchés, traduisent, selon le Conseil des ministres du jeudi 12 juin 2003, la volonté du chef de l’Etat et du gouvernement de renforcer la bonne gouvernance à tous les niveaux par la moralisation de la vie publique ».