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FMI-Gabon: Le chef de l’Etat ouvre la campagne explicative au profit des partenaires sociaux
Auteur:  Jean Christian KOMBILA  | Date: 23 Août 2003  | Réactions ()
Section: Economie  | Source: L'Union

Omar Bongo a reçu , hier en matinée, le patronat et les syndicats, et leur a expliqué que ‘’l’Etat se trouve en difficulté’’. Le gouvernement doit reprendre les pourparlers au mois de septembre en vue d’une ‘’trêve sociale’’ consensuelle.

 A son annonce en faveur d'une "trêve sociale" faite à l'occasion de son discours à la nation prononcé le samedi 16 août, la veille de l'anniversaire du quarante troisième anniversaire de la fête nationale, le chef de l'Etat, M. Omar Bongo, a longuement reçu, hier en matinée, le patronat et l'ensemble des syndicats officiellement reconnus dans le pays. Objectif: S'accorder le plus vite possible sur la nécessité de conclure cette clause.

    Pour le président de la République, en personne, il s'est agi de montrer une nouvel volonté politique que traduit le souci associer tous les partenaires sociaux à la conduite des affaires publiques, en inaugurant une nouvelle phase cruciale des rapports entre l’Exécutif et ces derniers. A ses yeux, cela passe indiscutablement par l’ouverture du dialogue social, en s'engageant à écouter sans voir passer le temps, représentants du patronat et leaders syndicaux.

    Lui-même, le premier, a donc tenu à montrer la voie à suivre aux personnalités dé l'appareil d'Etat présentes à ses cotes, entre autres, le vice président de la République, Didjob Divungi Di Ndinge, le Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, le vice­Premier ministre, ministre de la Ville, Antoine Mboumbou Miyakou, et le président du Conseil économique et social, Me Louis Gaston Mayila. Tout ce beau monde a suivi avec intérêt cette première journée des débats consacrés à l'avenir du pays, et au renforcement de l’apaisement sur le front social, au moment où les difficultés en matière économique ayant obscurci l'horizon, ont conduit le gouvernement à engager des négociations avec le Fonds monétaire international, en vue de sortir de la crise actuelle des finances publiques.

    D'emblée, ce que l'on retient est que ce fut une journée exceptionnelle, à laquelle chacun des partenaires voulait apporter sa contribution. Avec la conviction de prendre part à un évènement historique, d'être àcette' réunion pour agir. Mais, également avec le souci d'être vigilant sur les modalités et le contenu à la "trêve sociale" préconisée par le président de fa République.

 SOMMES ENORMES

Cette séance inaugurale a été réglée comme du papier à musique avec les différentes interventions entendues à cette occasion. A commencer par celle du président Bongo. Il s'est d'abord attaché expliquer qu’en ouvrant ces négociations, il entendait coller parfaitement à ce qu'il avait dit en s'adressant aux populations de l'Estuaire lors de l'ultime étape de sa tournée républicaine, le 4 juillet au Bd de l'Indépendance. A savoir, que le gouvernement doit engager à court terme des négociations avec les partenaires sociaux afin de leur présenter la situation réelle des finances publiques de l'Etat. Ce souci du parler vrai, Omar Bongo l'a affiché de nouveau. " Si nous demandons une trêve sociale, c'est parce que l'Etat se trouve en difficulté" a-t-il affirmé. Puis de déplorer: " Nous sommes victimes de nous-même, pour avoir privilégier le remboursement de la dette extérieure en donnant des miettes à la dette intérieure". Sous entendu : c'est pourtant la satisfaction de cet impératif ultime qui aurait apporté un peu d oxygène aux entreprises; pour leur permettre d'alléger leurs charges et de réinvestir. au profit des emplois qui manquent. Ce souci, selon le chef de l'Etat, doit redevenir un axe majeur de l'action politique du gouvernement qui à l'entendre parler à failli plus ou moins à ce niveau . Cette situation négative a retardé l'essor du pays dans plusieurs secteurs vitaux, elle nécessite de nouveaux sacrifices sur fond d'efforts collectifs.

    Au passage, il a mis en relief les efforts accomplis récemment dans le pays grâce à la politique des fêtes tournantes à l'intérieur du pays, pour combler malgré toutes déficits en terme d'infrastructures sociales, de base. Ses efforts sont palpables à Lambaréné et Mouila, hôtes cette année de la fête nationale célébrée en deux étapes. L'Etat va poursuivre sur cette lancée, mais ne saurait le faire dans un climat d'extrême tension. " Nous avons dépensé des sommes énormes, cependant nous ne pouvons fournir d'aussi gros efforts s'il règne l'affrontement, sil y a des grèves interminables".

    Sur ce chapitre; enfin, il a alois déduit: Conscient de tout cela et de ce. qu'il reste à faire, j'ai pensé que nous pouvons nous entendre sur un temps de trêve sociale". Puis, il y a eu le Premier ministre, chef du gouvernement, qui s'est exprimé à son tour. Pour sa part, il s'est employé à défendre le bien fondé de ce temps de répit que recommande le président de la République.

    M.Ntoutoume Emane à d'abord pris le soin de balayer d'un revers de la main les critiques inévitables qui pourraient donner à penser qu'il y aurait comme une restriction des libertés individuelles et syndicales. " Il n'est pas question pour le chef de l’Etat ou le gouvernement de briser la dynamique syndicale qui contribue à la vitalité de la démocratie dans le pays", a assuré le Premier ministre. Ensuite, il a sollicité la compréhension des partenaires sociaux, pour maintenir un bon climat socio-­politique avant le retour de la croissance.

    En outre, s'il est un discours adapté qui a achevé de convaincre sur l'urgence d'une "trêve sociale" c'est celui pro­noncé par le ministre d'Etat de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul Toungui. L'heure étant grave, cet homme politique peu disert a expliqué dans les détails l'ampleur de la gravité, de la situation économique actuelle. Apportant de l'eau au moulin du président de la République, le ministre d'Etat en charge de l'Economie et des Finances n'a rien caché à son tour.

    Il a insisté sur les défis qui se posent avec acuité aux finances publiques asséchées par le poids de plus en plus insupportable de la dette globale de Etat. Ils concernent la diversification de l'économie, à causé des sombres perspectives de la production pétrolière, jusque­-là principale source de revenus au budget de l'Etat.

    Faisant acte de pédagogie répétitive, il a fait un constat. En 1997, la production pétrolière était de 18,5 millions de tonnes, elle n'a été que de 12,6 millions de tonnes en 2002. Selon lui, sans découvertes nouvelles d'ici à cinq ans, la production risque de chuter brutalement entre 6 à 7 millions de tonnes. Le déclin de la production pétrolière, on le voit, sera cruel s'il ne l'est pas déjà, car il a mentionné que la stabilisation actuelle de la production n'est pas due à des découvertes récentes, mais simplement à une amélioration de la récupération sur de vieux champs. Auquel cas, on aurait déjà baissé à 9 millions de tonnes en 2003.

NI VAINQUEUR, NI VAINCU •L'autre défi est donc la dette à résorber patiemment avec imagination. Presque 55% des recettes du budget devraient aller à son remboursement. Cependant, il a fait savoir à ce propos, que le problème que pose cette dette est davantage sa structure mal adaptée qu'autre chose. Du reste, Jusqu'en 2002 les recettes pétrolières étaient au- dessus de ce fardeau, c'est devenu l'inverse. II y a aussi la lutte contre la pauvreté qui exige que l'on renoue avec une croissance forte. Au moins 6%, selon les attentes de l'ONU. Cette bataille, au fond a conduit le gouvernement à envisager un Document stratégique de, réduction de la pauvreté (DRSP). Un autre défi, enfin, concerne les coûts de production qui obèrent la compétitivité des entreprises. Puis, il a évoqué la fiscalité qui nécessite des réponses appropriées.

   Au delà, le "grand argentier" du pays, a souligné que des efforts colossaux ont déjà donné, des résultats positifs, notamment la signature d'une lettre d'intention avec le FMI. Lui-même; a tempéré ce satisfecit en lançant: ‘’Cela ne suffit pas", car les difficultés sont d'envergure; mais pas insurmontables. "Il nous faut un programme de trois ans, finançable à 100 milliards de FCA".

   Du coup, il a conclu: "Il faut un climat politique et social calme" pour mener ces négociations jusqu'à leur terme et susciter l'attrait des investissements étrangers. Convaincu que le salut passe par l'appui de la communauté financière internationale, il s'est montré d'un optimisme mesuré, en indiquant: "Notre dossier est sur la table du Fonds (...) Il va être examiné d'ici le mois d'octobre par le Conseil d'administration de cette institution". C'est davantage cet enjeu capital, qui exige la ‘’trêve sociale" attendue.

    Sur la question, le patronat et les syndicats ont compris qu'il s'agit d'un impératif de responsabilité qui s'impose à eux, autant qu'aux ministres et élus nationaux dont les avantages ont été revus à la, baisse. Ils n'ignorent pas qu'il exige la prise en compte des contraintes économiques sans absoudre leurs fortes attentes axées sur l'amélioration des conditions de travail et de vie. A l'unisson, cependant, ils entendent se concerter pour dégager une plate-forme commune qui servira de document lors des discussions avec le gouvernement. Séance tenante, le Premier ministre a répondu que celles-ci auront bel et bien lieu du 9 au 16 septembre. Avant ce sommet social; le président de la République est formel: " Pour ma part, la trêve sociale est incontournable. Il n'y aura ni vainqueur ni vaincu". Ainsi qu'on l'a vécu ailleurs, dans le même contexte de crise.

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