CE sont donc plus d'une vingtaine de centrales, associations syndicales et patronales avec lesquelles le président de la République a engagé un dialogue consacrant le lancement de la trêve sociale souhaitée par le chef de l'Etat, lui-même dans son discours à la Nation du 17 août 2003 co-célébré à Lambaréné et Mouila.
Le dialogue ouvert à la présidence de la République avec les partenaires sociaux répondait au vœu exprimé par le chef de l'Etat de voir toutes les composantes de la Nation unir leurs efforts pour faire face à la situation financière difficile que traverse notre pays, aux sacrifices qu'imposent les négociations entamées depuis plusieurs années avec le Fonds monétaire international (FMI), institution avec laquelle notre pays a signé une lettre d'intention en vue d'un accord d'ajustement structurel devant s'étaler sur trois ans.
Une démarche d'adhésion que l'homme de dialogue, du consensus, garant de la cohésion sociale qu'est Omar Bongo; ne pouvait réellement engranger sans qu il n'échange, explicite sa pensée, interpelle et sensibilise les représentants du monde du travail sur les enjeux du moment et ses exigences. Tant les syndicats ont toujours été prompts à soumettre un certain nombre de revendications sociales ne tenant pas souvent compte de la donne financière difficile du pays.
Une situation dernièrement vécue au plus fort de la grève des personnels du secteur santé. Et qui avait conduit le président de la République à répondre positivement à certaines doléances allant dans le sens de l'amélioration des conditions de travail, de l'achat des médicaments, etc. La longue grève enregistrée dans ce secteur sensible et le discours de rigueur du gouvernement conscient de la dure réalité financière du pays, a eu pour, effet au moins d'interpeller tous les acteurs sociaux sur la nécessité pour tous de s'inscrire durablement dans une logique d'austérité, sur l"urgence de se serrer la ceinture jusqu'à ce que notre pays sorte du marasme financier dans lequel il est englué.
De ce point de vue, en recevant les différents partenaires sociaux au moment où notre pays aborde la dernière ligne droite des négociations avec le FMI, le président Bongo entendait donc réitérer ce message de rigueur qui sous-tend l'appel à la trêve sociale qu'il a lancé dans son discours à la Nation du 17 août. Une pose sociale qui s 'impose effectivement compte tenu de ce qu'en s'appuyant sur la lettre d'intention signée avec le Fonds monétaire international, l'aboutissement heureux de ces pourparlers est subordonné au respect scrupuleux des termes et exigences contenus dans ce document mieux encore, parce qu'aujourd'hui, il faut le dire, il n'est guère possible au gouvernement, devant répondre à la double exigence de lutte contre la pauvreté et respect des contraintes du FMI, de satisfaire totalement aux nombreuses revendications posées par chaque corporation en vue de l'amélioration des conditions de vie et de travail.
PRISE DE CONSCIENCE • C'est donc dire que le respect de la lettre d'intention du Gabon passe indubitablement par l'acceptation des sacrifices et de la rigueur par tous les acteurs de la vie nationale. Et par l'adhésion de tous aux efforts d'assainissement des finances déployés par les pouvoirs publics. Cela commande donc que du côté des acteurs et partenaires sociaux très nombreux, du gouvernement, des institutions de la République, voire de l'ensemble de la Nation gabonaise, chacun à son niveau fasse preuve de patriotisme, de patience, d'esprit de sacrifice et s’engage aux côtés des autres pour travailler à la réussite, l'aboutissement de ce processus.
Une adhésion collective qui a du mal à prendre corps, certes, en raison de ce que nombreux encore sont ceux qui, à différents niveaux de la strate sociale du pays, sont accrochés à leurs privilèges, n'hésitent plus à obtenir des avantages. Et en raison aussi de ce que les égoïsmes sont exacerbés, les vieilles pratiques décriées ont la vie dure dans plusieurs milieux, notamment dans la haute administration et au sein du gouvernement censés donner le ton. Mais cette adhésion plus large ne peut intervenir qu'au terme d'une prise de conscience collective autour de la nécessité pour tous de surmonter les difficultés, d'accepter de surseoir leurs revendications, leurs appétits, bref à accepter la trêve sociale. C'est en somme le sens premier de ce tour de table auquel le président Omar Bongo a convié les syndicats, lesquels devraient pouvoir non seulement se réunir autour d'une table pour définir de nouvelles priorités, et surtout relayer ce message de patience, de sacrifices utiles pour l’avenir aux membres leurs corporations.