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FMI-Gabon: Le gouvernement face au piège des fortes attentes des partenaires sociaux
Auteur:  Jean Christian KOMBILA  | Date: 17 Septembre 2003  | Réactions ()
Section: Economie  | Source: L'Union

 Des réunions de cabinet jugées urgentes se sont tenues, au «2-Décembre», en soixante-douze heures. Avant le Conseil interministériel décisif qui pourrait avoir lieu aujourd’hui avant l'ultime face à face, demain, avec le patronat et les syndicats.

Jean christian KOMBILA

THEORIQUEMENT, c'est hier mardi 16 septembre, que devait sachever la concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux, ouverte huit jours plus tôt au palais des Conférences internationales de la Cité de la Démocratie, dans le but de conclure une trêve consensuelle sur le front social.

Sans s'être éloigné, ce résultat poursuivi par les autorités du pays, à cause du contexte économique et financier morose ayant contraint le cabinet Ntoutoume Emane II à rouvrir des négociations délicates avec la Communauté financière internationale, pour être atteint doit encore attendre, hélas, que le gouvernement et les partenaires sociaux se retrouvent lors d'un déterminant face à face.

Au plus tôt, celui-ci devrait avoir lieu demain dans la matinée, au plus tard, ce sera alors le surlendemain. L'ultime rencontre entre le gouvernement et ses différents interlocuteurs présage de vifs débats, et tout donne à penser que le succès de cet important rendez-vous ne tient que par un fil au. regard de la longue liste de doléances présentées par les partenaires sociaux au cabinet Ntoutoume Emane II.ESPRIT DU PRESIDENT

• Si l'on s'en tient au discours prononcé au deuxième jour des travaux par le ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul Toungui, dans lequel il avait peint la situation extrêmement critique que traverse le pays, avec le déclin vertigineux des recettes budgétaires, puis décrit les sombres perspectives d'avenir à cause de la chute brutale de la production pétrolière, la marge d'action du gouvernement est à l'évidence réduite.

Ajouté au fait que le gouvernement est tenu de poursuivre sur la voie des réformes économiques engagées en vue d'obtenir rapidement un accord de trois ans avec le Fonds monétaire international (FMI), ce qui impose au pays d'être soumis à une rude politique d'austérité sans exclusive, la conviction que le gouvernement est impuissant à satisfaire les revendications des syndicats est de plus en plus partagée par l'immense majorité des concitoyens. C'est d'autant plus vrai que dans l'esprit du chef de l'Etat, M. Omar Bongo, qui a convoqué à sa propre initiative ces Î pourparlers, il est question de faire partager au patronat et aux syndicats l'ampleur de la crise économique et financière actuelle que vit l'Etat.

Pour lui, en principe, au moment où le gouvernement est aux prises avec cette grave situation, et tente grâce au soutien du FMI de sortir de l'impasse actuelle, il faut en plus créer dans le pays les conditions propices au retour des capitaux étrangers, par conséquent des investisseurs à même de contribuer à la création des emplois qui manquent cruellement. En témoigne le chômage de plus en plus élevé, qui frappe plus de 18%, de la population.PAIX ET SÉCURITÉ

Certes, les entreprises font valoir que pour favoriser l'investissement, le gouvernement doit, entre autres, davantage améliorer la Charte des investissements en question, au-dela en élaborer les textes d'application qui font défaut. Ce, à côté du fait qu'elles réclament un traitement efficace de la dette intérieure de l'Etat, en même temps que leurs patrons appellent le gouvernement à assurer ses fonctions régaliennes, à commencer par la sécurité des biens et des personnes. Soit.

Mais la paix, selon les autorités du pays, en particulier le président Bongo, passe avant la sécurité. En principe, tel est le principal enjeu recherché au départ à travers la convocation de ces retrouvailles dont le ton avait été donné par le chef de l'Etat en personne. Malgré le coin de rideau qui s'est ouvert concernant l'avenir des négociations avec le FMI, du moins au vu de l'optimisme prudent affiché il y a quelques jours par le ministre d'Etat, ministre de l'Economie des Finances, du Budget et de la Privatisation pour concrétiser cet espoir il faut continuer les efforts d, rigueur et de discipline budgétaire. Ce message, semble-t-il, n'est pas passe.

Visiblement, le fait que concertation aille au-delà de la date butoir du 16 septembre, traduit les gênes globales à s'accorder sur les enjeux de ce rendez-vous. D'emblée, ce qui frappe à première vue, c’est aussi le fait que 1e patronat d'une part, et les syndicats d'autre part, ont réussi le tour de force de transformer cette concertation en une tribune historique à saisir pour poser leurs revendications.

Ils l'ont fait, alors que le Premier ministre avait averti à l'ouverture que la trêve sociale que les autorités du pays demandent n'a pas pour finalité de satisfaire à court terme les problèmes catégoriels que le gouvernement tarde à ce jour à résoudre. " Notre ambition est autre (...) à travers ces travaux, il s'agit plutôt de faire en sorte que gouvernement et partenaires sociaux s'accordent sur un diagnostic commun de la situation que vit notre pays et sur les principes qui doivent inspirer la stratégie à mettre en place pour en sortir".

Aujourd'hui, le gouvernement s'est donné un temps de répit pour rechercher le, réponses à apporter au chapelet de leurs doléances.
Ce souci, le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane et les membres de son cabinet l'ont démontré, en tenant différentes réunion jugées urgentes, au pas de course ces soixante-douze heures au "2-Décembre". Les principaux départements ministériels concernés par les problèmes généraux et sectoriels des travailleurs se retrouvent dans une situation qui prend des allures de piège, d'autant que les points soulevés par les travailleurs appellent pour la plupart des solutions durables.

Mis à part la revalorisation du SMIC, ou l'indexation de l'indice de solde au coût de la vie, il y a par exemple la création d'un Fonds de chômage et l'indemnisation des travailleurs licenciés dans les entreprises privatisées du secteur agroalimentaire.

Au regard de la longue liste de ces problèmes, ce qu'il faut davantage au cabinet Ntoutoume Emane II pour garantir le succès de cette concertation, c'est d'être plus imaginatif. C'est d'autant plus nécessaire, que les partenaires sociaux critiquent notamment la Réforme administrative la question des statuts particuliers des fonctionnaires. Le cas de la Santé en fait foi. Le gouvernement est condamné à y répondre. Enfin, ce qui est en jeu, c'est la solidarité qu' il doit afficher car les solution, apportées doivent être partagées par tous les ministres, au non par quelques-uns. On parie que c'est ce message, que le Premier ministre entend envoyer à l'opinion avec la tenue d'un ultime conseil interministériel qui pourrait avoir lieu; aujourd'hui. Ce sera le tournant avant la fin.

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