Il n’y a pas que les membres de la haute administration du pays, notamment les présidents d'institutions, les membres du gouvernement, les parlementaires et les collaborateurs immédiats du président de la République qui connaissent aujourd'hui des difficultés, certes minimes, du fait de la réduction drastique de leurs indemnités et autres avantages, près d'un millier d'autres compatriotes traversent aussi une mauvaise passe.
Deux décrets, l'un abrogeant l'ensemble des textes portant nomination de certains personnels civils de l'Etat, et l'autre, fixant le nombre de conseillers par administration, montrent effectivement que de nombreux compatriotes, conseillers au sein des différents départements ministériels et institutions constitutionnelles vont perdre le bénéfice des indemnités afférentes à ces fonctions, dès l'entrée en vigueur, cette fin de mois, de ces deux actes présidentiels.
Ces décisions prises dans le cadre des mesures d'assainissement des finances publiques initiées par le gouvernement visent à réorganiser l'appareil politique et administratif du pays au niveau des conseillers, chargés de mission, etc. Elles doivent amener l'Etat gabonais, selon des sources autorisées, à réduire de manière conséquente la colossale masse salariale destinée à ce chapitre.
Ce, en réponse, à une des exigences du FMI, institution avec laquelle l'Etat gabonais est engagé dans de difficiles négociations et qui s'emploie à engager durablement les pouvoirs publics sur la voie de la rigueur, étape majeure dans le rétablissement des équilibres financiers qui font défaut aujourd'hui à notre pays.
Après la diminution drastique, l'an dernier seulement, des fonds de souveraineté, fonds de sécurité et politiques, de même que la baisse dans les administrations et régies financières des fonds communs ainsi que la réduction de certains privilèges saluée dans l'opinion. L'énoncé de ces nouvelles mesures par le ministre de l'Economie et des Finances, Paul Toungui, en présence des partenaires sociaux, participent de la ferme volonté des plus hautes autorités, principalement du président de la République, Omar Bongo, de réduire considérablement le train de vie de l'Etat jugé très onéreux pour les finances du pays.
ALTERNATIVE •
Ce redéploiement humain et financier qui se dessine avec la suppression de plus de la moitié des postes affectés aux bénéficiaires de ces fonctions, devrait, à tout le moins, permettre d'atténuer la très forte saignée financière. Mais en sus, d'affecter, on l'espère tout autant, cette enveloppe à la réalisation de projets de développement.
Ces mesures aux allures de pilule amère difficile à avaler par les principaux concernés, surtout lorsque l'on connaît le taux d'endettement et le niveau relativement bas des salaires des fonctionnaires gabonais, visent, par ricochet, à associer un plus grand nombre de cadres de l'administration gabonaise à l'effort des sacrifices qui s'imposent aujourd'hui à l'ensemble du corps social du pays et plus particulièrement aux élites politico-dministratives ayant eu, jusque-là, un bonus consécutif au niveau assez élevé de ces "primes".
De ce point de vue, nul doute que devant la grave crise que traverse le pays, ces dispositions étaient nécessaires à bien des égards pour les plus hautes autorités du pays ayant placé ce septennat sur le sceau de l'austérité et de la rigueur. D'abord, en raison de ce qu'il n'y a pas d'autre alternative pour notre pays engagé dans une vaste réforme structurelle et financière. Ensuite, et nombreux sont ceux qui n'y trouveraient pas à redire, la fonction de conseiller avait été depuis fort longtemps dévoyée dans l'opinion. Ce, en raison de la présence d'un trop grand nombre à la présidence de la République, à la Primature, dans les ministères, notamment, pour ne citer que celui des Finances, par exemple.
EFFORT D'EXPLICATION • Mieux encore, même si leur responsabilité n'était pas engagée dans ce "désordre", certains de ces conseillers et autres chargés de mission, recrutés parois sur la base du clientélisme politique galopant qui sévit depuis des années dans le pays, n'avaient souvent pas de bureaux, ne traitaient aucun dossier, ne rencontraient même pas leur "patron".Pis ils touchaient caque fin de mois une indemnité conséquente, alors que d'autres compatriotes, faute de fonctions, devaient se contenter de leur simple solde.
En revanche, après les différentes mesures prises depuis 1998 pour sortir le pays de la crise, et dont l'une d'elle portait sur la suppression des postes de Haut Commissaire, ils sont nombreux aujourd'hui à espérer que les effets induits de ces mesures seront réellement ressentis dans le budget de l'Etat, que les économies réalisées serviront àassurer une meilleure répartition des richesses, que les lourds sacrifices imposés ne seront pas vains. Car, de nombreux compatriotes ayant vécu les fortes mesures engagées au début des années 1990 avec la suppression des soldes fonctionnelles par le gouvernement Oyé Mba, et autres décisions prises depuis lors en vue d'assainir les finances publiques, ne redoutent, malgré tout, que la réduction du train de vie prenne les formes d'une Arlésienne.
Ils espèrent qu' un effort d'explication, de transparence sera déployé côté gouvernemental en direction des populations de manière à ce qu'elles cernent les réels effets des mesures. Et espèrent enfin, que la nomenclature des agents de l'Etat devant continuer à percevoir les indemnités de fonctions de conseillers, chargés de missions, etc, après leur confirmation, ou nomination à ces fonctions, reposera sur des critères précis, mais lesquels ?
Ce d'autant plus que le montant de ces indemnités oscillant entre 150 et 500. 000 francs Cfa, voire plus, selon la grille en vigueur jusque-là, venant s'ajouter au traitement des hauts cadres du pays, ces dépenses devenaient difficilement soutenables au vu de la faiblesse des revenus du Gabon et des perspectives sombres de état économique et financier du pays.