Du haut de la tribune, le ministre gabonais du Commerce a qualifié d'injuste la classification actuelle du Gabon comme pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure
Synthèse L.J.N.
LE ministre gabonais du Commerce, Paul Biyoghé Mba, conduisant la délégation gabonaise à la Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) à Cancun au Mexique, a indiqué que le Gabon, qui dépend pour beaucoup de l'extérieur pour ses besoins alimentaires, va s'attacher désormais à faire reconnaître un statut d'importateur net de produits alimentaires afin de traduire cette réalité économique et sociale et de bénéficier en conséquence des avantages y relatifs. Estimant que sa sécurité en dépend.
Pour le Gabon, qui a marqué son engagement au système commercial multilatéral, la participation au commerce mondial doit bénéficier à tous les pays, autrement ce commerce continuera d'être perçu comme inégal. C'est dans ce cadre que le Gabon, a dit le ministre Biyoghé Mba, a soutenu particulièrement l'initiative sectorielle en faveur du coton et a souhaité qu'elle soit le moment venu, étendue à d'autres produits de base.
De la même manière, a encore indiqué, Paul Biyoghé Mba, "nous appuyons toutes les initiatives visant à empêcher les mécanismes faussant le libre jeu du marché, notamment les subventions qui pénalisent fortement les producteurs en pays en développement."
Auparavant, le ministre gabonais, s'est longuement appesanti sur l'engagement de notre pays dans ce système mondial. Celui-ci s'est traduit ces dernières années notamment par l'organisation, à Libreville en novembre 2002 de la première réunion de l'OMC des ministres africains chargés du Commerce et le passage du Gabon devant organe d'examen des politiques commerciales, à Genève, en juin 2001.
Le Gabon s'emploie, a dit tenu à préciser Paul Biyoghé Mba, à libéraliser davantage son marché grâce notamment à la diversification de ses partenaires, aux réformes économiques mises en oeuvres et àla montée en puissance d'un secteur privé constitué bien sûr de grandes entreprises dans les secteurs pétroliers, minier, forestier. Mais aussi avec un accent de plus en plus marqué sur les PME/ PMI et même les activités génératrices de revenus.CONSIDERATIONS
C'est fort de cette situation qu'il a souhaité que plus que par le passé," la libéralisation autonome doit être prise en compte dans nos négociations au même titre que nos engagements, et son évaluation doit figurer en bonne place dans notre agenda".
Pour lui, ces efforts ne peuvent être concluants et perceptibles sans la prise en compte de nos spécificités. "L'engagement pris par la communauté internationale pour un appui institutionnel et le renforcement des capacités, notamment dans le cadre de l'assistance technique, demeure d'actualité". La mise en oeuvre des Accords est à ce prix, a-t-il précisé. Etant entendu, a poursuivi le ministre gabonais, que les Accords de Marrakech les ont déjà prévus, la Déclaration de Doha les a confirmés. "Il nous reste à les concrétiser davantage, ici et maintenant".
Pour le ministre gabonais, le traitement spécial et différencié ne doit pas être perçu comme une simple calus de style mais plutôt comme un moyen fort pour les Etats de coller aux réalités des engagements du système commercial multilatéral. De même que les efforts doivent être fournis par l'OMC en faveur du maintien des préférences, car le Gabon, a-t-il dit, comme beaucoup d'autre, pays en développement, est engagé, au plan sous-régional, régional ou encore dans le cadre du partenariat ACP-UE et l'AGA, qui sont des niveaux critiques pour bâtir des économies compétitives.
Aussi a-t-il plaidé dans le cadre de 1 approfondissement du cadre multilatéral auquel le Gabon est partie prenante, à la prise en compte de considérations et pour une cohérence au plan nationale et internationale qui se traduirait par une plus grande coordination des politiques des institutions de développement et des autres instances multilatérales, notamment le FMI, la Banque mondiale, l'OMC...
Face à la situation dans laquelle notre pays se trouve, il fustige la classification actuelle des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure l'a qualifiant "d'injuste" d'autant "qu'elle l'empêche, bien à tort, d'être éligible à tous les dispositifs préférentiels existants, en matière de dette, de financement et de soutiens divers".