Le président de l'institution, Me Mayila s'est dit heureux du déroulement des travaux
LA deuxième session ordinaire annuelle du Conseil économique et social (CES) a clos ses travaux hier à la Cité de la démocratie avec l'adoption de plusieurs recommandations susceptibles d'améliorer le quotidien des Gabonais.
En ce qui concerne la retraite, le CES se félicite de ce que le gouvernement et le parlement aient décidé de porter l'âge de la retraite à 60 ans. Cependant, comme l'a souligné le président de l'institution, Me Louis-Gaston Mayila, le CES recommande qu'il soit laissé aux agents qui le souhaitent et à ceux qui exercent les métiers pénibles, la possibilité de prendre leur retraite à 50 ans.
Pour certains fonctionnaires ayant occupé des fonctions importantes dans l'administration pendant au moins 7 ans, le Conseil souhaite qu'il soit intégré dans l'assiette de calcul de leur pension, un pourcentage sur l'indemnité de fonction qui leur a été servie pendant la durée de leurs fonctions.
Par ailleurs, le Conseil recommande la mise en place de deux organismes, au lieu de trois, pour gérer les pensions : l'un pour les fonctionnaires, l'autre pour les agents des secteurs privé et parapublic, la main d’œuvre non permanentes et les artisans.
S'agissant de la couverture maladie, secteur qui présente beaucoup de dysfonctionnements sur les plans réglementaire et organisationnel, le CES estime que pour atteindre l'objectif santé pour tous des actions préalables doivent être menées par les pouvoirs publics, à savoir : l'extension de la couverture maladie à l'ensemble de la population par un système de tiers payants, la promotion d'une véritable politique du médicament afin de rendre plus fluide sa distribution et l'élaboration d'un plan national de développement sanitaire sur la base d'une carte sanitaire nouvelle.DILEMME • En ce qui concerne la crise du secteur forestier, il ressort que la conjoncture actuelle serait tributaire des incompréhensions nées après la mise en place d'une nouvelle fiscalité et d'un nouveau code forestier.
A mi-parcours de l'application de ces deux textes, des écueils se dressent plus particulièrement sous 1 angle fiscal de l'imposition de toute l'activité du secteur. Pour les industriels de la filière bois, cette crise est symptomatique du dilemme que pose l'Etat à vouloir en même temps inciter l'investissement dans le secteur, tout en relevant la part des recettes fiscales attendues dans sa contribution au budget général.
Pour remédier à cette situation, le Conseil économique et social invite les parties concernées à rechercher d'autres voies et moyens, de sauvegarder tous les intérêts en présence, et éviter une implosion des secteurs annexes. Pour ce faire, le gouvernement doit observer une impartialité, face aux intérêts qui opèrent dans le secteur forestier et entamer une restructuration de la Société nationale des bois du Gabon(SNBG), dont les dysfonctionnements récurrents, ne favorisent pas une meilleure lisibilité des solutions qui mènent vers la sortie de la crise.
S'agissant des contrôles abusifs sur l'activité économique, le Conseil condamne de telles pratiques qui induisent inéluctablement un ralentissement des activités commerciales et un manque à gagner pour l'Etat, dans la mesure où les sommes prélevées auprès des opérateurs économiques ne sont généralement pas reversées au Trésor public, recommande au gouvernement d'abroger les textes actuels et d'harmoniser les lois et règlements instituant et organisant le système de contrôle, en tenant compte aussi bien des réalités de l'économie gabonaise que des traités de l'Organisation pour l'harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
En clôturant les travaux en présence de plusieurs personnalités, dont le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane, Me Mayila s'est dit heureux du déroulement de la session.
Sans anticiper sur les résultats des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux, il a déclaré "j'ai grand espoir que les partenaires sociaux sauront se saisir des négociations relatives à la trêve sociale pour préparer les outils qui nous permettront de mieux construire l'avenir".