Le Premier ministre Ntoutoume Emane a réaffirmé la détermination du gouvernement à conclure ce contrat avec les partenaires sociaux
Lors de la plénière tenue hier dans la sale Mengane au cours de laquelle le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, plusieurs de ses ministres, le facilitateur, Louis-Gaston Mayila, par ailleurs, président du Conseil économique et social, qui rencontraient les partenaires sociaux venus recueillir les premières réponses gouvernementales à la volumineuse plate-forme revendicative des syndicats, cette volonté d'aller plus loin dans les discussions a été à nouveau réaffirmée. Ce bien évidemment après que la masse travailleuse du pays eut exprimé, de manière bruyante et pas moins blâmable, son insatisfaction au vu des réponses apportées par le gouvernement.
En effet, pour les syndicalistes qui avaient élaboré un document comprenant plus de deux cents revendications autour des aspects politique, administratif, juridique, économique et financier, ces derniers estiment n'avoir rien obtenu de bien consistant.
En clair, ils affirment ne pas se retrouver dans les conclusions rendues publiques par le ministre porte-parole du gouvernement, René Ndemezo Obiang, lors de cette plénière qui était très attendue en tout cas puisqu'elle devait marquer, en principe, après le retard de deux jours enregistré, l'ultime rencontre avant la signature de la trêve sociale. Ces conclusions font suite au long examen d'au moins 72 heures marqué par la convocation expresse d un Conseil interministériel au cours duquel ce pan de l'Exécutif avait planché sur la plate-forme syndicale.INSUFFISANCES • Compte tenu de la pertinence et de l'urgence des préoccupations exprimées par le monde syndical au tout début de la concertation sociale, le cabinet Ntoutoume Emane II, a estimé, en réponse, que des efforts particuliers doivent être faits en ce qui concerne
plusieurs points. Il a , notamment, pris un grand nombre de mesures y relatives. Le gouvernement a donné son accord, entre autres, sur la programmation des dépenses d'investissement du secteur éducation, la suppression des frais pour l'engagement décennal, l'organisation des élections professionnelles aux fins d'établir une représentativité des organisations professionnelles des travailleurs, etc.
Au plan économique et financier, le gouvernement a tenté d'apporter des réponses en s'engageant, entre autres, à restaurer la confiance, améliorer le fonctionnement des services de l'Etat. Et en prenant des décisions visant la satisfaction de nombreuses revendications des travailleurs, notamment. Des revendications qui, malheureusement, n'ont pas été du goût des syndicats, lesquels n'ont pas hésité à exprimer clairement une certaine déception puisque ces réponses jugées insuffisantes, concernaient principalement les trois grands secteurs que sont l'Education, l'enseignement supérieur et le social.
Après plus d'une heure de discussions houleuses intersyndicales dont la tenue a rapproché les positions au départ radicales, les syndicalistes, par la voix du' président de séance, Martin Allini, le secrétaire général de la Cosyga, ont donné mandat au facilitateur, Louis-Gaston Mayila, de remettre au chef du gouvernement une nouvelle plate-forme.MANIGANCES • Ce document dans lequel sont résumées des revendications énoncées comme prioritaires et indispensables pour faire avancer le dialogue social, contient des exigences et autres revendications présentées comme des préalables. Ils espèrent obtenir des réponses appropriées et des gestes forts de la part des pouvoirs publics autour des questions relatives à la diminution du train de vie de l'Etat ( réduction des effectifs et autres), au maintien de leurs acquis sociaux et le relèvement de leur situation sociale et financière, la révision des Conventions collectives et autres.
Dans ce contexte de forte agitation observée dans la salle Mengane et surtout de menace pesant sur la trêve négociée avec tous les partenaires sociaux, le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane et certains de ses ministres, rompus à ce genre de négociations houleuses et parfois harassantes, ont pris la mesure des attentes et des préoccupations du monde syndical en s'engageant à peaufiner ledit document. Ce conformément à la méthodologie adoptée, dès l'ouverture de la plénière.
Cette décision prise par le gouvernement semble t-il par réel souci d'apaisement et pour marquer un peu plus la détermination des pouvoirs publics à préserver la paix sociale dans le pays, donne à penser, comme l'a indiqué le chef du gouvernement, luimême, que son équipe et lui n'avaient jamais eu la prétention de détenir la "pierre philosophale", des recettes miracles par rapport aux problèmes posés par les syndicats.
Pour Jean-François Ntoutoume Emane, qui a tenu, à cette occasion, à exprimer à nouveau sa gêne devant l'attitude quelque peu incorrecte des acteurs sociaux le fait que les représentants du monde du travail, se lancent dans des conclusions hâtives en affirmant que "rien n'a été fait pour répondre à leurs revendications" tranche avec l'esprit des négociations qui commande que les trois parties négocient, discutent et tombent d'accord au final sur les points retenus.
Mais, cette façon de faire, pour le moins irresponsable, peut être interprétée comme un manque de courtoisie à l'égard du gouvernement.
Toutefois, il a engagé les délégués syndicaux à s'inscrire durablement sur la voie des tractations voulues par le chef de l'Etat, Omar Bongo, qui, en exprimant l'intérêt particulier qu'il porte aux questions économiques et sociales de notre pays, a invité, dans l'intérêt supérieur de la nation, l'ensemble du mouvement associatif syndical, à une trêve sociale concertée.
Cet engagement vivement souhaité par le Premier ministre, au vu semble-t-il, de la tournure prise par les débats et surtout l'attitude extrémiste affichée par nombre d'acteurs syndicaux, s'avère indispensable, en ce sens qu'il éviterait que les dérapages et comportements observés aujourd'hui, ne révèlent plus tard au grand jour des manigances et autre intrigues de politique politicienne.
Rendez-vous a donc été pris pour que les trois parties, gouvernement-patronat et travailleurs se retrouvent une fois que les pouvoir,, publics auront sérieusement planché sur la "nouvelle" plate-forme.
LE gouvernement gabonais engagé depuis le 9 septembre dernier dans un dialogue social, le premier du genre dans le pays, avec l'ensemble des partenaires sociaux, a manifesté un peu plus hier sa volonté de répondre aux préoccupations des syndicats et du patronat en décidant d'approfondir la réflexion initiée en vue de la conclusion d'une trêve sociale.