Au démarrage aujourd’hui clés pourparlers au fond, le camp gouvernemental devrait pouvoir convaincre les syndicats, à la trêve sociale, de la nécessité de s’engager, pleinement sur cette voie.
C’EST aujourd'hui que débutent les discussions au fond entre gouvernement et partenaires sociaux engagés, conformément l'appel lancé par le résident Omar Bongo, dans la conclusion d'une trêve sociale en attendant l'issue des négociations avec le Fonds monétaire international.
Ces discussions intervenant deux jours après l'ouverture officielle par le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, du "round" des négociations, s'annoncent plutôt ardues au vu de la plate-forme soumise par les syndicats et autres acteurs de la société civile participant à ces échanges. Les deux parties devraient malgré tout s'employer à accorder leurs violons au regard des attentes et exigences qui sont celles du monde du travail, d'une part, et des objectifs que se sont assignés les gouvernants, d'autre part.
Mais, à l'aube de ces pourparlers qui doivent en principe prendre fin mardi 16 septembre prochain par la conclusion, on l'espère, d'un contrat social liant les deux parties qui ont affiché dès la première rencontre du 22 août dernier leur volonté en présence du chef de l'Etat, la difficulté perceptible de cette reprise porte effectivement sur les solutions, voire les mesures que le gouvernement prendra en réponse aux requêtes fortes des partenaires sociaux.
Cette difficulté se profile à l'horizon, en ce sens qu'à l'ouverture des discussions à la cité de la Démocratie, l'énoncé du chapelet de revendications générales et sectorielles formulées par les syndicats dont le porte- parole était Martin Allini, le secrétaire général de la Confédération syndicale gabonaise, (Cosyga) semblait, à tout le moins donner l'impression d'un changement d orientation à ce tour de table. Voire un durcissement du ton des discussions.
Tant, il est apparu assez clairement que les syndicats, bien que majoritairement favorables à la trêve sociale, ont voulu, en présentant cette volumineuse plate-forme, poser les conditions pour parvenir à la suspension du mouvement revendicatif qu'impose la situation économique et difficile du pays. Ainsi que les prévisions sombres de la production pétrolière, principale source de revenu du Gabon.
DEMONSTRATION
De l'avis des responsables de centrales syndicales et d'organisations de travailleurs parties prenantes à ces discussions, la déclinaison du grand nombre de revendications du monde syndical, participe d'une claire démarche visant à définir une base de travail nécessaire à la conclusion de manière concertée d'une pause sur le front social. Elle vise même s'ils n'osent le dire explicitement, à amener le gouvernement à faire la nette démonstration de son engagement, de sa volonté en acceptant de réduire son train de vie, pour ne citer que ce volet sur lequel les gouvernants sont encore attendus.
Face à des syndicats divisés malgré la démarche responsable du camp syndical regroupé autour de l'Usap de Christiane Bitougat, la CGSL, de Francis Mayombo et la Cosyga de Martin Allini, d'élargir la teneur de la plate-forme, le gouvernement Ntoutoume Emane qui doit amorcer ces discussions en tenant le cap fixé par le chef de l'Etat, joue gros. Car, après avoir déjà présenté la réelle situation du pays aux partenaires sociaux et ayant conscience des limites, des maigres possibilités qui s'offrent, c'est sa capacité de persuasion qui est mise à l'épreuve lors de la phase de débats au fond qui s'ouvre aujourd'hui.
Il doit pouvoir manœuvrer face aux syndicats pour que la trêve sociale s'installe durablement dans le pays en faisant aussi bien des concessions, conforter sa politique de rigueur, et définir un nouveau cadre social accepté par tous et pour le pays.
II s'agit effectivement pour le ministre de l'Economies et des Finances, Paul Toungui, de convaincre l'ensemble des acteurs sociaux de la justesse de ce répit social, de redéfinir le contexte, préciser les engagements de l'Etat, fixer les uns et les autres sur les limites financières actuelles de notre pays. En clair, les pouvoirs publics devraient pouvoir susciter l'adhésion des partenaires sociaux, les amener à trouver ensemble un modus vivendi favorisant un climat social apaisé en cette période difficile.
Cette tâche de persuasion incombe tout autant aux différentes personnalités impliquées dans cette phase, et plus principalement à son collègue des Affaires sociales, André Mba Obame, manager de ces discussions, et voire du facilitateur désigné, Louis-Gaston Mayila, le président du Conseil économique et social. Lesquels, au fait des questions se rapportant au mouvement associatif et syndical, devront pouvoir à nouveau démontrer leurs talents de négociateurs, leurs capacités de persuasion lors ces discussions dont les résultats sont très attendus par la communauté nationale.
• Or, depuis la rencontre au sommet placée sous l'égide du président de la République, les organisations syndicales et patronales ainsi que le gouvernement s'étaient accordés sur les modalités de parvenir au consensus social que les graves difficultés financières imposent à l'ensemble du corps social du pays. Celles-ci, connues par les partenaires sociaux, appellent donc des sacrifices collectifs conformes à la volonté clairement exprimée par le président Omar Bongo, dans son message à la nation du 17 août 2013, de voir toutes les composantes de la nation mobilisées dans la quête de voies et moyens de sortie de crise.