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La concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux révèle au grand jour la crise inter-syndicale
Auteur:  Lin-Joel Ndembet  | Date: 12 Septembre 2003  | Réactions ()
Section: Economie  | Source: L'Union

Hier, le conflit ouvert entre syndicats divisés sur la participation des uns et des autres, a amené le gouvernement à s'engager dans une épreuve réussie de conciliation des parties

LES discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux favorables à la trêve sociale franchissent, dès ce matin à la cité de la Démocratie, une étape importante à la faveur de l'ouverture du débat autour des modalités de participation et de représentativité des associations syndicales et des éléments d'appréciation de la situation économique et financière du pays.

Cette perspective clairement énoncée par le Premier ministre, chef du gouvernement, Jean-François Ntoutoume Emane, en réaction à la confusion qui a régné hier avant la séance d'exposé du ministre d'Etat de l'Economie et des Finances, Paul Toungui, devrait amener les pouvoirs publics à clarifier un certain nombre de points relatifs à la participation des uns et des autres syndicats. Donc, d'ouvrir in fine la voie à des échanges sérieux et fructueux sur le contenu à donner à la pause concertée recherchée sur le front social.

En effet, à son deuxième jour hier, la concertation gouvernement-partenaires sociaux, a révélé au grand jour la crise profonde qui mine le secteur syndical dans le pays. Notamment au vu de l'extrême confusion et de la cacophonie qui ont régné effectivement après que les dirigeants du Syndicat national des enseignants et chercheurs (SNEC), et ceux de l'Union des syndicats du secteur public et privé (Usap), se soient ouvertement affrontés sur la participation ou non àces discussions sous la bannière de la confédération dirigée par Christiane Bitougat.

DESORDRE SYNDICAL

N'et été l'entrée en scène des personnalités politiques rompues à la négociation, notamment le ministre André Mba Obame, manager de la rencontre, et du facilitateur, Louis-Gaston Mayila, le président du Conseil économique et social et porte-voix de la société civile, aidés en cela de Vincent Moulengui Boukossou, le ministre de l'Enseignement supérieur, le climat surréaliste entretenu hier par les syndicats au palais des conférences de la cité de la Démocratie, n'aurait pu être apaisé.

Ces responsables politiques, interpellés par le désordre syndical occasionné par des intérêts personnels et égoïstes et le risque de blocage, d'échec des travaux, ont démontré, à cette occasion, tout leur savoir-faire pour concilier les positions au départ tranchées et faire accepter le principe d'une présence du SNEC dans la salle, sans son président Jean-Rémy Yama.

Malgré la tenue de la lé plénière au cours de laquelle le ministre d' Etat Paul Toungui a donné aux participants les éléments d'une appréciation réelle de la situation économique et financière du pays, la crise syndicale n'a guère pris fin hier. D'autant plus que comme à l'ouverture mardi dernier déjà, d'autres associations "légalement reconnues", mais sans véritable poids et peu en vue sur le terrain revendicatif lors de ces dernières années, n'ont pas manqué de dénoncer une sorte de marginalisation dont elles sont victimes. Elles n'ont guère été conviées à la concertation.

Du coup, elles accusent à tort ou à raison c'est selon, les centrales syndicales, Cosyga, CGLS, dirigées par Martin Aluni, Francis Mayombo et autres syndicats, d'avoir milité pour leur exclusion de ce "forum". Dans ce contexte de crise syndicale exacerbée hier, le débat autour de la représentativité des syndicats est présenté aujourd'hui comme une exigence voire un préalable afin que la sérénité gagne les rangs de la famille syndicale visiblement divisée sur les critères de participation des unes et autres formations syndicales à ces discussions. Les dissonances enregistrées dans les rangs avec le refus, dès le lancement des discussions, de certains de voir Martin Allini, de la Cosyga, s'exprimer au nom du monde du travail, étaient déjà l'expression évidente de ces conflits au sein du monde du travail. Et des signes avant-coureurs d'un affrontement qui se préparait au sein du monde des travailleurs où l'on note la présence de nombreux imposteurs et autres vendeurs d'illusions qui ne représentent personne qu'eux-mêmes.

Face à cette situation, l'ouverture de ce débat s'annonce d'autant plus urgent et indispensable, que c'est à l'aune de la sérénité q1i régnera et l'adhésion syndicale forte, qui détermineront le poids, la valeur du contenu de la trêve sociale pour laquelle les partenaires sociaux ont marqué leur adhésion en acceptant de prendre part au dialogue socia1 ouverte le 9 septembre dernier.

Le temps étant compté, puisque les travaux doivent prendre fin mardi 16 septembre prochain, le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, s'est fait fort de rappeler aux leaders syndicaux les engagements pris le 22 août dernier en présence du chef de l' Etat. Il a ainsi placé, sur un ton ferme, les uns et les autres devant leurs responsabilités, et appelé ses compatriotes à faire preuve de patriotisme.

Le Premier ministre a insisté pour que les partenaires sociaux, principalement les syndicalistes, fassent taire leurs intérêts personnels et égoïstes et qu'ils se débarrassent des "démons de la division". "Laissons s'agiter dans la rue ceux qui s'agitent, ces négationnistes invétérés", a lancé Jean-François Ntoutoume Emane, rappelant que "Nous sommes ici pour rechercher la trêve sociale avec ceux qui la veulent". "Ceux qui ne la veulent pas sortent", a conclu Jean-François Ntoutoume Emane.

*Un bras de fer qui a failli de peu contraindre les pouvoirs publics à surseoir les discussions entamées par la suite quasiment quatre heures plus tard, d'autant plus que par solidarité avec le leader du SNEC, Jean-Rémy Yama, de nombreux délégués syndicaux, visiblement dans le "camp des durs", ont décidé de boycotter la séance. Faisant ainsi peser une ombre sur la conclusion de la trêve sociale concertée, dont l'idée avait été émise par le président de la République, afin que s'installe une véritable accalmie dans le pays.

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