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Trêve sociale: Gouvernement et partenaires sociaux entament les négociations
Auteur:  Jean Christian KOMBILA  | Date: 10 Septembre 2003  | Réactions ()
Section: Economie  | Source: L'Union

Le Premier ministre, Ntoutoume Emane a longuement expliqué au patronat et aux syndicats que ce résultat atteignable est « une nécessité ». La volonté d’aboutir es, certes, partagée, mais la capacité de persuasion du gouvernement est à l’épreuve.

L'ENTAME des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux, ouvertes hier mardi 9 septembre, et qui doivent se poursuivre jusqu'au 16 de ce mois, a été marquée au palais des Conférences internationales à la cité de la démocratie, par l'intervention solennelle du Premier ministre Jean- François Ntoutoume Emane.

Le ton grave, pour bien montrer au patronat et aux organisations syndicales la situation réelle des finances publiques de l'Etat, aux prises avec une crise économique ayant conduit les autorités à se tourner vers le Fonds monétaire international avec lequel le gouvernement est en passe de conclure un pro gramme de trois ans, il a longuement défendu l'idée d'un consensus social" que ces difficultés financières imposent au pays.

Elles appellent, à l'évidence, de nouveaux sacrifices collectifs afin que ces partenaires mettent un bémol à leur chapelet de revendications, qu'il s agisse des entreprises auxquelles l'Etat doit des créances dans le cadre de sa dette intérieure élevée, ou des travailleurs du secteur public qui attendent une revalorisation de leurs conditions de vie et de travail. L'essentiel du propos du chef du gouvernement a donc consisté à poursuivre sur la voie tracée par le chef de l'Etat, M. Omar Bongo, lors de la réunion organisée à son initiative le 22 août au palais de la présidence de la République.

Ce jour-là, s adressant au patronat et aux syndicats rassemblés pour la première fois dans ce contexte, le chef de l'Etat avait préconisé cette idée de trêve sociale, en présentant la réalité des difficultés actuelles que vit l'Etat, et qui exigent justement de se serrer les coudes, en présetant un climat social propice à susciter les investissements pour promouvoir la croissance économique aujourd'hui en deçà des espérances. Le Premier ministre n'a donc pas fondamentalement innové par rapport à ce que lui-même avait aussi eu à dire à cette occasion.

DIAGNOSTIC COMMUN

Dans l'ordre des interventions, il était prévu ainsi que l'a confirmé le Premier ministre, que le ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privation, Paul Toungui, intervienne également. Présent dans la salle et visiblement pré are à le faire, celui-ci n'a Jonc pu s'exprimer faute de temps, les travaux ayant commencé avec plusieurs heures de retard et la séance d'ouverture n'avait pas encore pris fin en début d'après -midi. Le chef du gouvernement l'a déploré.

A coup sûr, s'il avait été possible pour le ministre d'Etat Paul Toungui de prendre la parole, nul doute que connaissant mieux que quiconque l'état des finances publiques, il aurait développé ce qu'il avait déjà eu à dire au palais de la présidence de la République, lorsqu'il avait démontré que l'Etat a perdu une grande part de sa marge de manœuvre.

II aurait certainement davantage mis en relief les énormes défis auxquels les autorités du pays doivent faire face avec urgence, au moment où le gouvernement est entré dans la phase la plus sensible des négociations qu'il conduit avec le FMI avec lequel le cabinet Ntoutoume Emane II a déjà réussi à signer une lettre d'intention qui exige qu'il montre à la communauté financière internationale sa capacité à respecter les engagements pris dans ce sens. Bref, il aurait certainement démontré qu' en cette période de déclin inquiétant de la production pétrolière, de principale source de trêve nus budgétaires du pays, et redoutant que d'ici à cinq ans cette production qui était de 18,5 millions de tonnes en 2002 baisse dangereusement et oscille seulement entre 6 et 7 millions de tonnes l'Etat tout en demeurant ambitieux se doit de vivre modestement.
Reste maintenant à savoir comment le gouvernement va-t-il expliquer cette grave situation que traverse le pays sans agressivité à l'égard des partenaires sociaux?

Ce qui se dégage depuis la précédente rencontre au palais de la présidence de la République, c'est la conviction que le patronat et les syndicats adhèrent à l'idée de ce dialogue républicain en vue de la trêve sociale préconisée au sommet de l'Etat. Sauf qu'ils veulent que ce ne soit pas considéré comme un chèque en blanc. De façon solennelle et même dans les discussions de couloir, ils n'ont eu de cesse de poser des préalables, qui doivent si possible pousser le gouvernement à faire un geste en leur faveur. Ou tout au moins prendre des engagements sûrs, de satisfaire certains points de leurs revendications de première nécessité dès que l'embellie sera de retour.

TON DES NEGOCIATIONS

Cela dit, il n'a pas caché que les entreprises elles aussi, vivent une "situation dramatique". Il en a profité pour lancer des piques au gouvernement, qui ne respecte pas certains engagements de paiement de ses dettes consignées dans le moratoire. " Même les entreprises qui ne travaillent pas avec l'Etat se retrouvent dans une situation extrêmement tendue, sans trésorerie, et par conséquent dans l'incapacité d'investir", s'inquiète-t-il.

Ensuite, les travailleurs lui ont emboîté le pas. Sans surprise, leur plaidoyer a été critique comme souvent. Conscients que ce dialogue est un moment historique leurs représentants, dont Martin Allini, le président de la Confédération syndicale gabonaise (COSYGA), ont tenu à jouer leur rôle. Avant tout, ils demandent au gouvernement d'octroyer un cadre juridique à cette rencontre, afin que les résultats qui en résulteront soient applicables et légitimes.

A leurs yeux, le gouvernement doit continuer à agir au profit de la justice sociale pour que celle-ci s'étende au plus grand nombre. En tout cas, ils ont donné le ton qu'ils entendent imprimer à ces négociations qui s'annoncent rues, au regard des revendications d'ordre général et sectoriel qu'ils ont déclinées. Il n' y a qu'à voir "l'augmentation du SMIG", placée en tête de tout. Sans présager de la réponse des autorités à ce point pourtant sérieux, mais dont on se demande s'il est réaliste, en attendant, le Premier ministre s'est voulu ferme tout en étant ouvert au dialogue républicain. " La trêve sociale est une nécessité" incontournable.

• Pour commencer, Henri Claude Oyima, le président de la Confédération patronale gabonaise a énuméré leurs attentes. Tout de suite, il a plaidé pour un retour de la confiance. Pour lui, entre autres, il faut favoriser l'investissement, améliorer la Charte des investissements et en élaborer les textes d'application. Idem pour le fonctionnement des services de l'Etat, enfin il faut traiter le social.
• Il s'est attaché, en filigrane, à relever que la marge de manœuvre de l'Etat s'est beaucoup réduite, nonobstant les efforts d'assainissement en cours des finances publiques. D'emblée, le Premier ministre Ntoutoume Emane a donc tenu à camper les axes de ces négociations. " Nous devons, assurément être convaincus, de ce que nos travaux n'ont pas pour finalité immédiate de résoudre les problèmes catégoriels pour lesquels le gouvernement n'a pu, à ce jour, apporter des solutions" a-t-il indiqué." Notre ambition est autre. Il s'agit plutôt, à travers ces travaux, de faire en sorte que gouvernement et partenaires sociaux arrivent à s'accorder sur un diagnostic commun de la situation que vit notre pays et sur les principes qui doivent inspirer la stratégie a mettre en place pour en sortir", a-t-il ajouté. Avant de conclure: " Il nous faut donc être réalistes pour aboutir au nécessaire gentleman's agreement qu'appellent les temps présents".

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