Le premier round des discussions de ce matin à la cité de la Démocratie est présenté par les syndicats
comme une première dans le pays.
LE gouvernement de la République, qui entame Le premier round des négociations avec les partenaires sociaux, pose aujourd'hui un acte de haute portée sociale en conviant les responsables et représentants des centrales syndicales et associations patronales à des discussions en vue de la conclusion d'une trêve sociale négociée.
La rencontre de ce matin à la cité de la Démocratie, est présentée par les syndicats eux-mêmes, comme un moment important, un tournant majeur dans les relations entre le gouvernement et les organisations représentatives des travailleurs. En ce sens que c'est la première fois que les partenaires sociaux sont conviés par les pouvoirs publics à de véritables négociations et discussions sur l'état de la situation économique et financière du pays. Ce, en vue de la recherche des voies et moyens d'asseoir un climat social apaisé.
Notre pays traverse effectivement une grave crise financière que tous les acteurs sociaux réunis le 22 août dernier à la présidence de la République sous l'égide du président Omar Bongo, ont justement reconnu et admis le principe de faire bloc pour y faire face.
Recevant ce jour-là les partenaires sociaux, le chef de l'État avait réitéré son a p e1 du 17 août en invitant les dirigeants syndicaux et du patronat gabonais à oeuvrer de concert avec le gouvernement afin de trouver ensemble des pistes de solutions aux difficultés auxquelles sont confrontés les salariés dans le contexte économique et financier actuel du Gabon.
PRÉOCCUPATIONS
Bref, que compte tenu de ces facteurs et des contraintes imposées par le Fonds monétaire international (FMI) avec lequel notre pays s'apprête à signer un accord d'ajustement triennal, que la conclusion de ce programme exigeait l'instauration d'un climat social serein et calme, d'une trêve sur le front social.
Ayant répondu dans une large ma)orné à l'initiative présidentielle, les syndicats qui ont connaissance de la situation, n'entendent pas non lus se présenter les mains vies à ces discussions. Bien au contraire, ils projettent de se saisir de l'ouverture de ce dialogue social pour poser un certain nombre de préoccupations majeures. Voire, des problèmes contenus dans une plate- forme consensuelle élaborée lors de la discussion syndicale de vendredi dernier à la Chambre de commerce et d'industrie du Gabon.
SURENCHERE
Ces éléments inscrits dans un volet "Plan d'austérité" devant être discuté portent sur des exigences nécessaires pour faire des économies et présentées comme des signes de réelle volonté des gouvernants à conclure cette pause sociale. Au nombre de ceux-ci figure, entre autres, la réduction du train de vie de l'État et son corollaire, le blocage des prix des denrées de première nécessité, la diminution des prix de matériaux de construction, la suspension des licenciements, etc. D'autres questions spécifiques autour des subventions des syndicats, les élections sociales, etc, devraient être également soumises à l'attention des négociateurs mandatés du côté de l'Exécutif.
Dans tous les cas, au terme du lancement de ce round des négociations par le Premier ministre Jean-François Ntoutoume Émane, le gouvernement va se livrer à un exercice liant volonté de parvenir à la trêve sociale et ce que cela induit et souci de rigueur. Ce qui ne sera pas facile tant il est fort à craindre en raison de nombreuses dissonances enregistrées dans les démarches et déclarations sur le fonds des discussions des uns et des autres, que certains syndicats ne soient tentés de faire de la surenchère en posant certains préalables autour, notamment de la définition d'un cadre juridique à ces pourparlers.
On devrait dans tous les cas s'attendre à un rude échange entre gouvernants et partenaires. De même que le risque de dérapage en raison de la présence de groupuscules hostiles dans les rangs n'ayant guère de propositions concrètes à faire.
Cette crainte exprimée par des responsables de centrales et de syndicats, est partagée au vu du nombre important de syndicats et associations patronales jugés non représentatifs et jusque-là totalement inconnus sur la scène syndicale. Surtout que la dernière rencontre a laissé apparaître une certaine improvisation dans la préparation du ces discussions par certaines centrales, à l'exception de l'Usap, et autres syndicats.
• Lors de la rencontre convoquée à il initiative des centrales syndicales, l'Union des syndicats du secteur public et privé (Usap), de la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga) et la Confédération gabonaise des syndicats libres (CGSL), rencontre visant à définir un canevas de travail, les syndicats mus par la volonté de parler d'une seule voix, ont arrêté à la suite de vifs échanges, un certain nombre d'exigences et de préalables qu'ils comptent présenter au gouvernement.• Le gouvernement pour sa part, résolu à asseoir la culture de dialogue social instaurée par le président Bongo, s'était fait fort dé présenter aux responsables des syndicats la réelle situation du pays en adoptant un langage de vérité. Le ministre de l'Économie et des Finances Paul Toungui avait, à cette occasion, brossé sans détour le tableau sombre de la situation du pays en déclinant la faiblesse actuelle de la production pétrolière du pays et les autres agrégats venant confirmer l'existence de la crise. La production pétrolière est passée de 18,5 millions de barils en 1997 à 12,6 millions de tonnes en 2002, occasionnant une perte sèche de 6 millions de tonnes. Il avait indiqué que près de 55%, des recettes de l'État sont affectées au règlement de la dette. Pis, qu'aucune perspective de découvertes de nouveaux gisements de pétrole n'était envisageable dans l'immédiat.