La reprise des cours a été perturbée par de nouveaux incidents dus à l'inhalation du gaz résiduel par trois élèves qui sont tombés en syncope.
LES choses ne sont pas encore tout à fait rentrées dans l'ordre au lycée national Léon Mba de Libreville. Le gaz résiduel issu du nettoyage il y a plus d'une semaine, des installations de la cuisine de l'établissement a encore fait des victimes hier lors de la reprise des cours. Trois élèves ayant inhalé les vapeurs persistantes sont tombés en syncope.
Ces incidents ont contraint le proviseur Janvier Nguéma Mboumba à évacuer les élèves dont les salles de classe jouxtent le périmètre dans lequel avait été effectuée l'opération de dégazage.
Pourtant rien ne présageait une répétition des faits, tant les autorités gouvernementales avaient pris des mesures sécuritaires. Le ministère de l'Education nationale et les responsables du lycée national Léon Mba avaient demandé à Total Marketing de retirer la cuve à l'origine des incidents.
La société chargée de l'approvisionnement du gaz s'était vite pliée à la décision. Elle a procédé, la semaine dernière, au retrait du récipient installé en 1960. Mais les lèves de l'un des plus grands établissements du pays ne semblent pas encore à l'abri du danger. Quelques-uns d'entre eux sont tombés en syncope hier en voulant franchir le périmètre incriminé.
Les victimes ont été évacuées vers une unité sanitaire de la Place pour suivre des soins intensifs. Selon toute vraisemblance, c'est le gaz résiduel déversé sur le sol qui continue à faire ces dégâts. En fait, la cuve a déjà été retirée des lieux, mais l'odeur de gaz y persiste. Avec les pluies diluviennes enregistrées ces derniers temps sur la capitale, les responsables de l'établissement avaient escompté que l'odeur du butane disparaîtrait pour permettre aux cours de reprendre normalement. Mais il n'en est rien jusque-là, surtout pour les occupants du bâtiment "J", jouxtant la cuisine de l'établissement qui sont les plus touchés.
De retour hier des congés forcés consécutifs aux quelque premiers incidents les quelque six mille élèves de l'établissement se sont rendus comte que leur environnement habituel reste encore pollué. Dans une moindre mesure, le mercaptan - l'additif utilisé lors du nettoyage de la cuve - provoque l'irritation des yeux.
Toute chose qui a d'ailleurs contraint le proviseur Janvier Nguéma Mboumba à évacuer les élèves de l'internat pour les remettre à la disposition de leurs familles respectives.
CANAUX BOUCHÉS. Informé de la réédition des incidents, le ministre de l'Education nationale, François Engongah Owono, s'est rendu sur place pour s'enquérir de la situation. Le membre du gouvernement s'est rendu compte, à son tour, que le gaz résiduel reste encore très suffoquant. Lors d'une réunion de crise tenue en milieu de matinée, responsables du lycée et enseignants ont décidé de suspendre momentanément l'exploitation du bâtiment "J" et de mettre en place un système de rotation des élèves dans des salles de classe qui ne sont pas exposées au gaz résiduel. Concrètement, les élèves de Terminales A et B vont déménager.
Dès aujourd'hui, ils auront cours les après-midi dans les bâtiments situés loin des installations de la cuisine, en attendant qu'une solution définitive soit trouvée au problème de l'intoxication gazeuse. «Pour l'instant, ce qui préoccupe le gouvernement, c est la santé des enfants et leur scolarité. Nous avons pris des mesures provisoires pour les mettre hors de danger et faire en sorte que les cours ne soient pas perturbés longtemps. Les élèves dont te bâtiment jouxte le périmètre incrimine vont déménager provisoirement pour aller suivre tes cours dans d'autres bâtiment»,a souligné le ministre de l'Education nationale, François Engongah Owono.
Hier après-midi, les techniciens de surface de Gabon propre service ont procédé au nettoyage de la "danger zone" afin de réduire les effets gazeux nocifs. Tout comte fait, des canaux d'évacuation des eaux étaient bouchés. Ce qui avait fait en sorte que le liquide du détergent utilisé par les techniciens de Total Marketing Gabon y était resté longtemps.
Avec l'ouverture de ces canalisations, les responsables de cette société estiment que tout rentrera désormais dans l'ordre. De même, ils se félicitent de ce que le pire ait été évité. «Nous nous sommes mobilisés depuis te début des incidents. Nos premières pensées sont allées à l'endroit des victimes. Total Marketing procède actuellement au retrait des cuves de gaz vrac pour les remplacer par des bouteilles. L'opération que nous avons effectuée se passe partout dans le monde. Nous la faisons souvent même 'à la Fondation Jeanne Ebori,» a expliqué, pour sa part le directeur général de Total Marketing général Eric Gosse.