La coupure d'eau à la cité universitaire et la non réouverture du restaurant à l'origine des manifestations.
BIS repetita à l'Université Omar Bongo de Libreville où, quasiment depuis le début de la semaine qui s'achève, des manifestations de protestation ont lieu à l'intérieur et hors du campus. La majorité des étudiants, selon un constat fait sur place hier, réclament notamment le rétablissement des fournitures d'eau en cité universitaire et la réouverture du restaurant.
«Nous avons faim !», pouvait-on lire sur une pancarte dressée à l'entrée principale, elle-même prise d'assaut par une horde de jeunes gens prêts à en découdre.
Le bilan des manifestations de ces derniers jours est tout de même lourd : le pavillon "B" mis à sac, les enseignes lumineuses des ambassades du Nigéria, du Maroc et d'une station-service brisées, un panneau publicitaire détruit devant la Bibliothèque universitaire, de nombreux pneus incendiés sur la chaussée, sans parler des brimades et autres humiliations infligées aux passants, les invectives assorties de menace et les larcins commis sur la voie publique au préjudice d'honnêtes citoyens, qui ont eu pour seul tort d'emprunter le Boulevard Léon Mba, complètent ce tableau sombre. Autant d'éléments qui sont venus ternir un peu plus l'image d'une jeunesse estudiantine toujours prête à user de violence pour se faire entendre.
Selon un étudiant qui a bien voulu s'adresser à la presse traitée, à tort, de "pédégiste" par ses pairs, les manifestations découlent de la suspension des fournitures d'eau au sein du campus en début de semaine. Mais pourquoi l'eau - ce précieux liquide -a-t-elle été coupée en ces lieux ? Réponse d'un autre étudiant de bonne foi : «Les factures n'ont pas été réglées au moment opportun».
Côté Resto-U, les promesses du ministre de l'Enseignement supérieur, Vincent Moulengui Boukossou,n'auraient pas été tenues, puisque, arguent les étudiants, les travaux de réhabilitation engagés depuis lors restent inachevés. Depuis le 14 février 2005 donc; date annoncée pour la remise en service de cette enceinte, constate un étudiant qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat, rien n'a été concrétisé.
«Au regard des dispositions réglementaires en vigueur, devait-il ajouter, les problèmes relatifs aux finances, aux allocations d'études et d'assurance maladie relèvent du Centre des oeuvres universitaires. Quant aux questions d'ordre académique, elles sont du ressort de l'administration universitaire (rectorat, décanat...). On a remarqué qu'à chaque fois qu'il y a problème à l'UOB, des confusions voulues et entretenues par certains étudiants persistent, qui sèment le trouble dans la masse», a-t-il précisé.
Joint hier soir au téléphone, le recteur Jean-Émile Mbot a confirmé grosso modo la réalité de ces difficultés. A propos de l'eau et au-delà de la question des factures, un nouveau réseau a été installé grâce à Sogec, mais se pose un problème de pression qui prive du précieux liquide les étudiants dont les chambres sont situées aux étages.
Quant au Resto-U, sa réouverture est effectivement retardée par des travaux qui demeurent donc inachevés.
RÉACTION DU MINISTRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
"Nous connaîtrons un début de solution la semaine prochaine"
affirme Vincent Moulengui Boukossou, joint hier soir au téléphone
«Le mobile à l'origine de la grève qui prévaut actuellement à l'UOB est simple : les étudiants pleurent parce
qu'ils ont faim, ils ne mangent plus depuis que le Resto U' est fermé. La société qui s'occupe de sa réfection ayant décidé de ne plus poursuivre les travaux en attendant de rentrer en possession de ce qui lui est dû.
L'eau est coupée pour les mêmes raisons. La Sogec, selon les informations que je détiens, avait présenté une facture de 60 millions aux autorités universitaires, pour engager les travaux qui s'imposent. Jugée certainement trop élevée, la facture n'a pas été payée et, ipso facto, les travaux ont été arrêtés.
Pour pallier cette situation, nous n'avons pas les bras croisés de notre côté : le gouvernement est en train de se battre pour guérir assez rapidement les maux à l'origine de la tension qui prévaut au sein, de l'UOB.
Le ministre d'Etat, ministre des Finances et nous avons eu une séance de travail avec le Premier ministre. Au cours de celle-ci, nous avons reçu des instructions fermes, car il y va du souci du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, pour que les choses bougent positivement dans les plus brefs délais. Il est donc évident que d'ici la semaine prochaine, nous connaîtrons un début de solution.
A l'Université des sciences de la santé (USS); l'entrepreneur a déjà reçu l'argent. Je demande simplement aux étudiants de l'UOB de garder leur sang-froid. J'imagine les désagréments qu'ils ont pu subir depuis que l'eau a été coupée et depuis que le Resto U est fermé.
Au nom du Premier ministre, chef du gouvernement, je présente mes sincères excuses aux nombreux compatriotes qui auront connu quelques déboires causés par les étudiants.»