C'est la condition sine qua non imposée par les chefs d'établissements scolaires du 2nd degré, en référence, arguent-ils, à une note de service du nouveau ministre de l'Education nationale.
ALORS qu'on vient de boucler la deuxième semaine de reprise des cours dans le secondaire, conformément au calendrier scolaire modifié, les élèves des lycées et collèges de la commune de Mouila ont du mal à intégrer leurs salles de classe respectives. Et pour cause, les responsables des établissements publics, à savoir le collège Albert Martin Samba, les lycées J.J. Boucavel et d'Excellence Mbombe-a-Gnangué conditionnent l'accès aux cours à la fourniture d'une rame de papier.
Une exigence qui va jusqu'à l'imposition dune marque précise. A défaut, le billet d'entrée est refusée à l'élève, même s'il s'est acquitté des autres frais scolaires. C'est ce qui se passe au collège d'enseignement secondaire (Ces) de Mouila où, pendant que certains élèves sont déjà en classe, d'autres, frappés par cette mesure discriminatoire, déambulent encore dans la rue toute la journée, en attendant de trouver la fameuse rame. Un vrai sésame.
Au Ces par exemple, ne peut accéder en classe que celui qui aura apporté une rame de papier 'Canon". Au lycée professionnel Nyonda Makita, on exige... trois rames pour les nouveaux élèves et deux pour les anciens. Une situation qui suscite le mécontentement des parents.
Interrogés à ce propos, les chefs d'établissements disent se référer à une note de service de la tutelle qui les autorisent à exiger des rames de papier aux élèves. Une position défendue également par l'inspecteur délégué d'académie, Vincent Métandou. Toutefois, ce dernier suggère à la tutelle et aux chefs d'établissements un peu plus de flexibilité dans leur position pour
les parents ayant plus de deux enfants à charge, d'autant que la rame de papier coûte excessivement chère à l'intérieur du pays.
A Mouila par exemple, son prix oscille entre 7000 et 9000 frs cfa (selon la marque). À l'intérieur de la province de la Ngounié, elle est vendue à 12 000 frs cfa. Autant dire un véritable gouffre à sou' pour ceux qui ont plusieurs enfants à scolariser dans le secondaire.
C'est pourquoi, l'IDA a convié dernièrement les chefs d'établissements à une réunion pour essayer d'accorder leurs violons et ramener la sérénité chez les parents dont la majorité est composée de démunis. Lesquels se trouvent au pied du mur et s'insurgent contre la décision du ministère de l'Education nationale qu'il jugent draconienne. Ils ne comprennent d'ailleurs pas à quoi servent les budgets de fonctionnement alloués aux lycées et collèges.
En faisant le décompte, on se retrouve par exemple avec 2000 rames de papier à J.J. Boucavel, 1000 au CES,... à raison d'une rame par élève. Des voix s élèvent aujourd'hui ici et là pour dénoncer ce que certains qualifient de tentative d'étrangler, de "manière délibérée", les familles dépourvues de moyens financiers, alors que les listes kilométriques des fournitures scolaires, l'uniforme (plus de 15 000 frs cfa), la coopérative, etc. obligent déjà les parents à se saigner aux quatre veines, au moment où le gouvernement parle de la lutte contre la précarité et la pauvreté.
Or, le chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, a placé l'éducation au rang des priorités de son action, pour parvenir à la nouvelle école gabonaise tant voulue par tous.