CE que le Gabon peut faire dans le domaine politique, il peut également le faire en ce qui concerne la science et la culture. C'est, en substance, ce qu'a déclaré le président du Comité consultatif général, Thea Célestin Ngokou, hier lors de la cérémonie au cours de laquelle était décerné le titre d'agrégé aux candidats ayant pris part au concours du Camès.
A raison. Puisque, en effet, trois de nos compatriotes s'en sont sortis avec le prestigieux sésame que constitue l'agrégation. Faisant du coup honneur à l'institution universitaire gabonaise et partant à l'ensemble du pays.
Cette distinction accordée à nos médecins est véritablement admirable, d'autant qu'il n'y a eu que six candidats présentés à ce concours. Mieux encore, deux femmes figurent parmi les lauréats: Madeleine Marie Louise Okome Nkoumou, médecin à la Fondation Jeanne Ebori et Philomène Kouna, médecin au Centre hospitalier de Libreville. Le tableau ayant été complété par Jean-François Méyé, médecin à la Maternité Joséphine Bongo.
Chacun de ces impétrants a travaillé dans sa discipline respective. Le docteur Okome Nkoume a présenté ses travaux en rapport avec les maladies infectieuses. Sa consoeur Philomène Kouna ayant, elle, concouru dans la spécialité Dermatologie, Rhumatologie. Le docteur Méyé ayant quant lui participé dans la section Gynécologie-Obstrétique.
Tous les trois ont été soumis au rituel de trois qui consistait à présenter en quinze minutes, devant un jury composé d'éminentes personnalités du monde scientifique africain et européen, un travail scientifique élaboré depuis plusieurs années. Un exercice de synthèse éprouvant, il faut le dire, qui a été imposé à chacun des candidats. Puis ces derniers ont été amenés à dispenser un cours aux étudiants tout autant qu'aux enseignants déjà rompus à la tâche. L'étape suivante, la dernière, ayant consisté à l'examen des malades devant les membres du jury. Ce qui n'est pas forcément une opération élémentaire encore moins aisée.
C'est donc à l'issue de ces trois épreuves pour le moins contraignantes que les membres du jury ont jugé les docteurs Okome, Kouna et Méyé aptes à porter le titre de professeur agrégé en médecine. Un titre qui fait d'eux désormais des "missionnaires de la science" si ce n'est tout simplement du savoir. Ils sont désormais, autant que les autres avant eux, des références dans notre pays. Ils seront désormais appelés pour évaluer les travaux des autres aussi bien en Afrique que partout ailleurs dans le monde francophone.
Cette multiplication des hauts cadres au sein de nos universités et centres de recherche peut être à tous égards considérée comme un gage de la qualité de l'enseignement pouvant au mieux assurer la formation des étudiants.
Reste qu'en dépit de cette marque de reconnaissance dont nos trois médecins sont l'objet, le plus dur est de se maintenir au haut niveau. Le contraire fera courir à l'impétrant le risque d'une altération des connaissances acquises, mais très mal capitalisées. Ainsi, le succès peut devenir un échec s'il n'est pas bien utilisé. Et l'échec peut quant à lui être un début de succès, ainsi que l'a fort justement déclaré le secrétaire général du Camès Mamadou Moustapha Fall dans son adresse aux candidats malheureux parmi lesquels figurent trois Gabonais.