Christiane Bitougat, la secrétaire générale du Syndicat de l'Education nationale, s'est élevée vendredi dernier contre cette pratique par laquelle s'illustrent les bureaux des associations des parents d'élève, et certains chefs d'établissements publics.
«Il faudrait que certains chefs d'établissements et les membres des bureaux des associations des parents d"élèves cessent d'escroquer les parents d'élèves». C'est en ces termes que la secrétaire générale du syndicat de l'Education nationale (SENA), Christiane Bitougat, s'est adressée aux membres des bureaux des associations des parents d'élèves (APE) et à ceux de la Fédération nationale des associations des parents d'élèves du Gabon (FENAPEG). C'était vendredi dernier, au siège de la structure syndicale, sis à l'ancienne gare routière.
Les points suivants étaient inscrits à l'ordre du jour de la rencontre du bureau du SENA avec ceux des APE : l'achat des tables-bancs par les parents d'élèves dans certains établissements publics, les cotisations obligatoires imposées par les bureaux des APE aux autres parents d'élèves membres ou non. L'achat des titres de transport des élèves admis à poursuivre les études à l'étranger par les parents, a également été abordé.
Christiane Bitougat a tenu à rappeler que c'est le syndicat quelle dirige qui a milite pour la mise en place des APE au sein des établissements scolaires du primaire et du secondaire. Entrant dans le vif du sujet, elle a cité nommément certains établissements scolaires de Libreville, qui demanderaient aux parents d'élèves d'acheter des tables-bancs.
Pour la syndicaliste, il n'est pas question qu'on impose cette dépense supplémentaire aux parents, qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts. «L'achat des tables-bancs incombe à l'Etat, a-t-elle laissé entendre, reconnaissant que certes les parents peuvent aider l'Etat, mais dans le cas où le gouvernement n'a pas de moyens. «Or, le Gabon a les moyens d'acheter les tables pour les élèves, qui sont sacrés aux yeux du chef de l'Etat», a ajouté l'enseignante de formation.
Par ailleurs, Christiane Bitougat a fait savoir que son mouvement a déjà saisi, par correspondance, le chef du gouvernement et le président de la République sur l'obligation faite aux parents d'élèves d'adhérer aux associations, et de payer les cotisations. Assimilant cette injonction à de l'arnaque de la part des bureaux des APE, le SENA a émis le vœu de voir ces pratiques prendre fin dans l'immédiat.
Le syndicat invite les chefs d'établissements à y veiller. Mme Bitougat a ensuite rappelé à ces associations qu'elles n'ont pas été créées pour servir de bases aux partis politiques, mais pour prendre une part active à la vie scolaire.
Enfin, la secrétaire générale du SENA s'est aussi élevée contre la tendance, observée depuis quatre ans, de faire payer aux parents les titres de transport des élèves boursiers gabonais admis à poursuivre leur études à l'étranger. Elle a déploré, de ce fait, la non partance de certains étudiants des familles démunies.