Le directeur général justifie la situation par les fortes moyennes obtenues par les candidats au concours d'entrée, tout en reconnaissant que le problème de structures va se poser avec plus d'acuité.
LA tradition à l'Ecole nationale d'administration (Ena) veut que le jour de la rentrée, la direction de l'établissement souhaite la bienvenue aux nouveaux élèves et un bon retour à ceux qui sont en fin cycle. La rencontre d'hier est allée au-delà de, ces civilités. Il s'est aussi agi d'aborder les questions liées aux subsides des inscrits, aux volumes horaires et aux structures.
Cette année, les internes (les fonctionnaires admis à l'Ena), dont le salaire de base est inférieur à la bourse des externes (les non fonctionnaires), vont devoir se délester du montant (le différentiel) qu'on leur verse pour rétablir l'équilibre. La mesure a été prise afin de ne pas dépasser le budget alloué à l'institution, eu égard à l'augmentation des effectifs et aux autres charges, dont le paiement du cachet des enseignants vacataires.
Le directeur général de l'Ena, Olivier Ndzedi, fait savoir que justement le montant des honoraires de ces enseignants va augmenter. Car, en vue de pallier l'étroitesse des salles de classe, les élèves seront répartis en groupes, pour certains cours. Conséquence : le volume horaire des professeurs sera revu à la hausse. A noter que le budget annuel de l'établissement s'élève à 145 millions de francs CFA.
Le problème de l'exiguïté des salles de classe se pose ces derniers temps, depuis que la haute administration (en partie du fait du prestige) attire de plus en plus de compatriotes. Qu'à cela ne tienne, la direction de l'Ena, qui forme une partie des hauts fonctionnaires, a "ouvert les vannes" cette année.
M. Ndzedi justifie cette décision par les fortes moyennes obtenues par plusieurs candidats au concours d'entrée. «D'ordinaire, le nombre d'admis ne dépasse pas la trentaine», a confié,le directeur général, lui-même énarque, formé à l'école qu'il dirige depuis deux ans. Cette fois-ci, 61 candidats, sur environ 500 postulants, ont été reçus au concours.
Les admis se répartissent en 34 internes et 27 externes. Le meilleur. candidat a eu une moyenne de 14,82/20. Il fallait avoir obtenu au moins 13. mur être retenu. Olivier Ndzedi se réjouit d'accueillir des éléments d'un niveau élevé. «Cela contribuera à l'amélioration du service public», espère-t-il.
Soit ! Mais il se dit tant de choses au sujet du concours d'entrée à l'Ena. C'est pourquoi, entre autres solutions susceptibles de redorer le blason de l'établissement, il avait été envisagé, à l'issue des Premières journées nationales de l'énarque, organisées en mai dernier, la vérification de l'authenticité des diplômes des candidats.
INSALUBRITE • L'état d'insalubrité de l'Ena a certainement douché l'enthousiasme des élèves, lequel caractérise généralement toute rentrée des classes. L'herbe a considérablement poussé. Le directeur général de l'établissement tient la société Gabon Propre Services, chargée de l'entretien du milieu, pour responsable de la situation. Non sans préciser que ce n'est pas lui qui gère cette ligne budgétaire.
L'état de décrépitude du cadre avait, lui aussi, de quoi rebuter. Et M. Ndzedi de rappeler les difficultés financières de l'Etat, qui a décidé de faire des économies., «Depuis deux ans, l'école n'a, lus de budget d'investissement», a-t-il confié.
Les participants aux Premières journées nationales de l'énarque avaient déploré l'absence de plusieurs ouvrages fondamentaux à la bibliothèque de l'Ena. Le problème, a t-on appris, sera bientôt entièrement résolu. Une commande a été passée à un fournisseur, qui a déjà livré une partie des bouquins.
Au cours desdites journées, l'insuffisance du nombre d'outils informatiques avait également été évoquée. A l'heure actuelle, l"école ne dispose que de dix ordinateurs, un don d'un haut cadre du pays, qui avait parrainé une promotion. Les élèves suivront le cours de bureautique en petits groupes.
C'est probablement en petits groupes aussi qu'ils iront rédiger leurs travaux de fin de cycle. Le consensus s'est enfin dégagé sur le contenu de ces derniers. Les étudiants présenteront un rapport du stage qu'ils effectuent pendant la formation, et non un mémoire, qui est propre au milieu universitaire, alors que l'Ena assure une formation professionnelle. Un cours de méthodologie sera dispensé en conséquence.
Toutefois, fait savoir Olivier Ndzedi, le rapport de stage ne limitera pas à la simple description du milieu d'accueil. Il devra contenir des analyses, des critiques et des suggestions. «Les hauts fonctionnaires doivent faire preuve d'esprit critique, pour le bien du service public», a-t-il dit. Un avis que partagent beaucoup d'usagers.