Les étudiants de l'Université Omar Bongode Libreville paralysent depuis lundi l'activité du campus pour réclamer le paiement de leurs bourses, a constaté mercredi une journaliste de l'AFP.
Deux étudiants ont été blessés mardi par les forces de l'ordre, selon le témoignage de plusieurs manifestants.
"Les étudiants ont fermé le portail et empêché la circulation. Les jeunes lançaient des cailloux et l'armée des bombes lacrymogènes, des balles et des balles à blanc", raconte Yvan, étudiant en droit.
Un jeune homme a été blessé au pied par une bombe lacrymogène et un autre au bras par une balle tirée à bout portant, rapporte Billy, qui était présent lors des échauffourées. "A mon avis, son bras est foutu", s'inquiète ce jeune boursier.
L'UOB compte 6.000 étudiants, dont la moitié de boursiers. Ils réclament le paiement de leur bourse trimestrielle, comprise entre 76.000 francs CFAet 300.000 FCFA (457,35 EUR), soit 800 millions FCFA (1,22 M EUR) au total, a indiqué à l'AFP le Ministre de l'Education nationale, Daniel Ona Ondo.
"L'argent est là depuis ce matin. On voulait les recevoir mais ils réclament en plus la bourse du trimestre" en cours (juillet-septembre), a précisé le ministre.
De leur côté, les boursiers disent attendre le paiement de deux trimestres d'arriérés de bourses (premier semestre 2003).
"L'argent qu'on nous doit, il est sûrement sur le compte d'un politicien", s'indignait mercredi un étudiant devant l'entrée principale de l'université lorsqu'une voiture de la gendarmerie a tiré en l'air pour disperser l'attroupement.
Paniqués, les étudiants ont couru le long du trottoir pour se réfugier dans l'enceinte du campus ou bien dans les rues adjacentes.
"Ce sont des signes (la grève, ndlr) qui montrent le ras le bol des étudiants. C'est tout le temps comme ça. Aujourd'hui, les bourses; hier, les conditions d'enseignement", lance un autre étudiant ayant requis l'anonymat, en référence à plusieurs grèves des enseignants et étudiants en 2002.
Selon des étudiants, les examens, qui devaient avoir lieu à partir de jeudi, ont été reportés à une date ultérieure non précisée.
En janvier, les étudiants avaient déjà réclamé le paiement des arriérés de bourse de l'année académique 2002.