Ils ont poursuivi leur mouvement enclenché jeudi dernier.
LA grève des étudiants de l'Université Omar Bongo, enclenchée jeudi dernier, s'est poursuivie encore hier, malgré l'intervention musclée, la veille, des éléments de la gendarmerie nationale. Dès dix heures du matin, les grévistes ont à nouveau obstrue la devanture de l'Université, paralysant ainsi la circulation sur la route qui part de l'ex-Sobraga à Derrière-la-prison.
Ils réclament toujours le paiement de la bourse du dernier trimestre de l'année 2003, l'achat de deux nouveaux ordinateurs supplémentaires à la bibliothèque universitaire, la meilleure climatisation de la salle et la réduction des frais de légalisation des diplômes nationaux au secrétariat général de l'université. De fait, les étudiants ont durci leur mouvement hier, nonobstant la volonté de la tutelle de payer la bourse du troisième trimestre aux nouveaux étudiants.
Les anciens qui ont été blackboulés du paiement de la bourse, du fait qu'ils sont passés à la deuxième session ont décidé de maintenir la pression: Ainsi, ont-ils empêché leurs condisciples de percevoir ce qui leur revient de droit. Dans la matinée d'hier, des altercations ont même opposé les différents camps, en raison de leurs divergences de vues. «On paie la bourse à tout le monde ou rien ! » criaient certains étudiants, qui ont dénoncé ce qu'ils ont qualifié d'ostracisme à fleur de peau.
Si le problème de la bourse est en passe dé trouver une solution pour les nouveaux étudiants, il n'en demeure pas moins que ceux-ci continuent à revendiquer la satisfaction d'autres points comme la réduction des frais de légalisation des diplômes nationaux, qui sont passés de 100 F à 250 F CFA.
PARTAGE DES RESPONSABILITÉS • Le conseil rectoral en place depuis deux ans estime, pourtant, être très souple. « 250 F ce n'est rien. Pour légaliser un diplôme français à l'ambassade de France, par exemple, un étudiant ne débourse pas moins de 15 000 F CFA. C'était après moult concertations que nous avons fixé ce tarif de 250 F CFA » relève Guy Rossatanga-Rignault, le secrétaire général de l'UOB, qui poursuit «Il n'y aucune ligne budgétaire qui prévoit la légalisation des diplômes dans notre institution(...) Et puis, les étudiants ne légalisent les diplômes qu'une fois, c'est-à dire lorsqu'ils ont terminé leur cursus. Dans ce cas, on ne peut pas dire que c'est cher, puisqu'ils ne le font pas tous Ies jours. »
Autrefois, la légalisation des diplômes nationaux se faisait dans les mairies d'arrondissements. Mais cette démarche a favorisé des pratiques frauduleuses de tout genre, ces institutions n'ayant pas compétence de juger de l'authenticité des diplômes. C'est ce qui a amené les autorités gouvernementales à confier la mission au secrétariat général de l'Université Omar Bongo. Mais cette attribution n'a pas été suivie d'une ligne budgétaire. D'où évidemment la décision du conseil rectoral d'exiger des frais minimes pour compenser les dépenses effectuées dans l'achat du matériel mis à contribution pour la légalisation des diplômes.
Mais au-delà même des revendications des étudiants, c'est la problématique du partage des responsabilités entre dirigeants de l'Université et ceux du Centre des oeuvres universitaire (COU) qui se trouve posée. Concrètement, c'est aux responsables du COU que revient la résolution du problème de la bourse et de la climatisation de la bibliothèque. Mais à ce qui semble, les intéressés - que nous avons vainement tenté de joindre ne pèsent pas de tout leur poids pour régler certains problèmes qui sont pourtant de leur ressort.
GRÈVES RÉCURRENTES. S'ils peuvent bénéficier d'un sursis concernant la bourse en raison du circuit jugé long, en revanche cela n'est pas valable pour la climatisation de la bibliothèque universitaire. Des fonds avaient déjà été débloqués pour réhabiliter le système de climatisation. Mais rien n'a été fait dans ce sens. De même, des entreprises ont perçu de l'argent pour réaliser un certain nombre des travaux à l'Université Omar Bongo. Mais ces sociétés ont disparu de la circulation sans avoir réalisé les ouvrages pour lesquels elles ont été financées. « Le comble est que ni le COU, ni les Travaux publics, qui avaient donné Ies marchés n'ont poursuivi ces sociétés mal intentionnées», déplore un membre du Conseil rectoral.
Au début de l'année académique en cours, l'Université était obligée de puiser sur son budget de fonctionnement pour réaliser des travaux pourtant déjà financés par l'Etat. En ce qui concerne la bourse, Guy Rossatanga dit avoir fait des propositions concrètes pour faciliter le paiement dans les délais réglementaires. Mais ces propositions n'ont pas été prises en compte. Et le fait que la commission des bourses siège avec du retard n'est pas pour faciliter les choses.