Après l'exécution et la livraison des travaux, aucune PME locale n'est encore entrée en possession de sa quote-part du reliquat.
LES PME gabonaises ayant procédé à la réfection des universités et grandes écoles pour l'année académique 2002-2003 réclament le 1,7 milliard de F CFA prévu pour couvrir les travaux supplémentaires.
Au cours d'un point de presse tenu vendredi au Méridien Re'Ndama, le Syndicat national des entrepreneurs et tâcherons (SNET) a expliqué que la survie et le fonctionnement de ces PME dépendent en grande partie du règlement, dans les meilleurs délais, de cette créance.
«Nous ne pouvons plus honorer les engagements que nous avons vis-à-vis des travailleurs, des banques et des fournisseurs, par conséquent nous risquons de disparaître», a insisté jean de Dieu Ekouaghé, président du SNET auquel sont affiliées les PME gabonaises opérant dans le bâtiment et les travaux publics.
Les PME gabonaises ne sont pas des grandes sociétés, encore moins des multinationales dotées de fonds et de capitaux susceptibles de faire face à la crise actuelle.
«Nous sommes des enfants aux dents de lait qui ont besoin de plus d'attention», a remarqué M. Ekouaghé.
Le traitement de la dette intérieure figurait en bonne place lors de la trêve sociale initiée par le chef de l'Etat et qui a vu la participation de plusieurs partenaires sociaux. Le gouvernement a même pris des engagements pour que le paiement de cette dette soit la priorité des priorités, la relance de la croissance économique étant à ce prix.
«Nous souhaitons attirer l'attention des autorités qui sont chargées de régler ces dettes, qu'elles sachent que les dettes sont proportionnelles à la dimension des entreprises et qu'elles paient à tout prix», ont insisté les entreprises ayant exécuté les travaux.
En répondant à l'appel d'offres sur la réfection des universités et grandes écoles gabonaises lancé par le ministère de l'Équipement et de la Construction, les PME gabonaises du secteur Bâtiment et Travaux publics affirment avoir perçu cela comme une mise en pratique de la volonté du chef de l'Etat qui «souhaite que les entreprises nationales participent aussi au développement du pays et par conséquent bénéficient des marchés qui, nécessairement, contribuent a la survie de ces PME».
Le président de la République a d'ailleurs manifesté son respect envers les PME gabonaises en mettant à leur disposition une somme de 9 milliards de F CFA au titre des travaux relatifs à la réfection des universités et grandes écoles du pays.
Sur cette somme, 7,3 milliards de F CFA ont effectivement été payés aux entreprises ayant effectué lesdits travaux.
Reste en attente le reliquat, c'est-à-dire 1,7 milliard de FCFA, qui devait couvrir les travaux supplémentaires.
Ces travaux supplémentaires, demandés par le gouvernement, ont fait l'objet d'une convention dûment signée par les co-contractants.
Ils ont occasionné des dépenses extra-budgétaires aux entreprises qui ont puisé dans leurs fonds propres pour respecter leur contrat.
Mais, comme l'explique jean de Dieu Ekouaghé, un an après l'exécution et la livraison des travaux, aucune PME gabonaise n'est entrée en possession des frais de prestation.
Le président du SNET pense que cet état de choses ne favorise pas le développement des PME gabonaises.
«Sans tirer vanité, pour ce qui est des travaux de réfection des universités et grandes écoles, tous les travaux sont allés à leur terme et ont été livrés à temps», s'est réjoui M. Ekouaghé qui avait à ses côtés deux proches collaborateurs, Emmanuel Minto'o (secrétaire général) et Charles Emane (membre).
«Autrement dit, tous les paris ont été tenus. Le gouvernement a, d'ailleurs manifesté sa satisfaction. Nous voyons en cela La consolidation des liens de confiance qui doivent exister entre nous».
Pour le SNET, la situation particulièrement difficile que traverse le Gabon nous interpelle tous. Aussi chaque gabonais doit-il être conscient que ses difficultés vont s'accroître, ce qui suppose un peu plus d'effort et de compréhension.
«Aucune PME gabonaise n'est pour que le bateau Gabon chavire, explique le SNET (...) Lorsque le pays se porte bien les PME aussi se portent bien. Seulement, lorsqu'il s'agit de la recherche des solutions, il faudrait que chacun d'entre nous gouvernement et PME respecte ses engagements».