Un indigent malade est décédé lundi devant l'entrée de l'hôpital gabonais de Nkembo, un quartier de Libreville, devant lequel il est resté allongé durant trois jours sans que personne ne lui porte secours, a rapporté mercredi le quotidien gouvernemental gabonais L'Union.
Selon des témoins cités par le journal, cet indigent "incapable de tout effort physique" et "visiblement éprouvé par la maladie et son état physique déplorable" aurait été amené et déposé devant l'établissement par des proches.
Cet homme "a rendu l'âme dans l'indifférence quasi-générale. A part le regard compatissant de quelques passants, personne n'a daigné ne fut-ce que lui porter le moindre secours", pas plus qu'à un autre indigent, visiblement blessé à un pied et également présent sur les lieux depuis plusieurs jours, selon L'Union.
Lundi, "son corps retrouvé sans vie au petit matin est resté là jusqu'aux environs de midi où les services compétents sont passés finalement enlever le cadavre", poursuit le quotidien.
"Quelle idée peut pousser des individus à venir abandonner un de leurs parents à l'entrée d'un hôpital? (...) Comment le personnel ainsi que les responsables de l'hôpital de Nkembo ont été insensibles à une telle détresse?", s'interroge le journal.
Selon divers témoignages, ainsi que des articles de la presse indépendante, les patients des hôpitaux de Libreville doivent payer des pots-de-vin au personnel pour être pris en charge.
En janvier dernier, L'Union avait rapporté le cas d'un homme grièvement blessé à la tête, laissé au moins une demi-journée gisant à demi-conscient dans un caniveau, à l'entrée du Centre hospitalier de Libreville (CHL), le plus grand établissement de la capitale gabonaise, sans que le personnel ou un passant ne lui vienne en aide.
Les services hospitaliers étaient finalement intervenus, après avoir été "alertés par des passants", avait expliqué le ministre gabonais de la Santé, Faustin Boukoubi, qui avait estimé qu'il n'y avait "pas eu de dysfonctionnement" et que cette affaire "n'était pas imputable au personnel" du CHL.