(Libreville - 17 janvier 2002 - L'Union) Son président, Me Pierre Louis Agondjo Okawé, a rendu publique cette décision à l'issue d'une rencontre tenue mardi 15 janvier, au siège du Parti gabonais du progrès à Likouala. Il a, en revanche, indiqué que son parti "donne son accord" pour prendre part à la rencontre de la classe politique sur la "transparence électorale" proposée par le président de la République. Le leader du PGP, Pierre louis Agondjo Okawé et son second, Benoït Mouity Nzamba, hier.
La question cruciale du gouvernement d'ouverture, envisagé par le président de la République aux sortir des récentes élections législatives avec la contribution des partis politiques de la majorité et de l'opposition, a figuré au c?ur d'une série de rencontres des instances dirigeantes du Parti gabonais du progrès qui ont duré deux jours, du lundi 14 au mardi 15 janvier.
La réponse à l'interrogation des militants, se demandant si oui ou non leur parti sera partie prenante à cette perspective destinée à associer l'ensemble de la classe politique à la gestion des affaires publiques ne s'est pas trop fait attendre.
Au détour d'un point de presse, hier matin, le président du PGP, Me Pierre Louis Agondjo Okawé, que l'on n'avait plus revu en public depuis sa réélection à l'arraché au deuxième tour des Législatives à Port-Gentil, a répondu par la négative.
Assis derrière le pupitre, en compagnie des responsables de son parti, en particulier de son n°2 l'ancien député de Mougoutsi Benoit Joseph Mouity Nzamba, le leader du PGP a donné la position de son parti à l'issue d'une réunion du Bureau national tenue deux jours plus tôt.
"Le Bureau national du Parti gabonais du progrès, réuni le mardi 15 janvier 2002 (...) dit non à la participation du parti à un quelconque gouvernement d'ouverture" a-t-il déclaré. L'annonce de cette décision n'a, au fond, pas pris l'opinion par surprise. Pas plus que l'écrasante majorité des militants qui l'attendaient plus ou moins.
En début de semaine, après la rencontre entre le président du parti et le groupe parlementaire PGP de la 9è législature qui s'achève, l'unanimité s'était quasiment faite en faveur de l'adoption de cette position. La rencontre entre Me Pierre-Louis Agondjo Okawé et les membres du Bureau national élargi à l'ensemble des députés sortants et des sénateurs, a achevé de conforter la hiérarchie pégépiste dans ce point de vue.
CRAINTE. Résumant les discussions qui ont motivé les instances du PGP à refuser la politique de la main tendue qui caractérise le président de la République soucieux de voir tous les fils du pays apporter leur pierre à la construction du pays, Me Pierre Louis Agondjo Okawé s'est attaché à faire valoir le "sacro-saint principe selon lequel "la majorité gouverne et l'opposition s'oppose".
Toutefois, en rappelant à son avantage ce vieux principe des vieilles démocraties occidentales, il est évident qu'au terme d'une élection marquée par une faible récolte politique vécue comme un coup dur pour ce parti en perte de vitesse, Me Pierre Louis Agondjo Okawé et les siens ont tenu à tordre le cou aux critiques les accusant de s'être compromis avec le pouvoir.
Cela dit, cette décision n'a pas été facile à prendre, ce d'autant que dans les coulisses on a néanmoins appris que certains étaient favorables à une telle perspective. En nombre insuffisant ils ont été vaincus par la majorité des membres présents à ces discussions. Un militant du parti, qui a salué cette décision s'est réjoui de ce que la hiérarchie a craint un nouveau schisme avec la base qui l'accusait de louvoyer après la période tumultueuse qu'ils ont vécue au cours des deux dernières années.
Un autre point a figuré au menu de ces retrouvailles des pégépistes: la concertation de la classe politique sur la transparence électorale. A ce sujet Me Pierre Louis Agondjo Okawé s'est montré prompt à faire savoir que son parti "donne son accord" à prendre part à l'invitation adressée par le président de la République en vue de pallier les manquements observés dans l'organisation des élections.
PERSPECTIVE ? Auparavant, Me Pierre Louis Agondjo Okawé avait mis en avant dans son plaidoyer, "les mauvaises conditions dans lesquelles se sont déroulées les dernières élections législatives". Il est longuement revenu sur ce qui a déjà été dit par toute la classe politique sans exclusive pour fustiger l'organisation par la Commission nationale électorale (CNE) du dernier scrutin.
Pêle-mêle il a dénoncé les listes électorales qu'il a qualifiées de "truquées", "les transferts massifs des éle#teurs d'une circonscription électorale à une autre", les "votes multiples" ainsi que les "urnes détournées à des fins de bourrage", etc. Des arguments qui sonnent comme une vieille rengaine et que le PGP via son vice-président, Benoît Joseph Mouity Nzamba avait, en ce même lieu, déjà brandis au lendemain du premier tour des législatives, pour critiquer les conditions de sa déconvenue dans le département de Mougoutsi. Une localité naguère réputée pour être un bastion de l'opposition.
La décision de prendre une part active à la discussion n'a donc pris personne par surprise. Car, lors des deux précédentes rencontres de la classe politique à la présidence de la République, le PGP avait été représenté à un niveau très élevé. Enfin, Me Pierre Louis Agondjo a abordé la perspective de la réduction du nombre de partis politiques jugés pléthoriques, même par 1'immense majorité de l'opinion. Selon lui, ils y voient comme une entrave à la liberté d'initiative politique consacrée par la Constitution.
Source : Journal l'Union du 17/01/2002
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