Libreville, L'Union 07/01/2002 - Depuis un certain temps les habitants ne savent plus à quel saint se vouer à cause de l'insécurité qui y règne. Agressions, viols et vols y sont légion.
LES populations de la zone comprise entre l'hôpital de Nkembo et la partie appelée "les 5 manguiers" sur la route en pavés vivent un vrai martyre en raison de la vague d'insécurité qui y sévit depuis quelques mois.
La situation est telle qu'il devient dangereux de s'y aventurer la nuit tombée. Une vraie chape de violence s'y est abattue, qui tient tout un quartier dans sa peur. Il ne se passe plus un jour sans que l'on déplore les agressions armées, vols avec effraction, etc. Cet état de chose a pris de telles proportions que nombre d'habitants sont aujourd'hui plus enclins à quitter le quartier pour aller louer ailleurs qu'à y rester.
Selon les témoignages recueillis auprès des résidents de ce quartier situé aux confins d'Avéa, ce cycle infernal de violence est l'?uvre de jeunes Gabonais et Nigérians qui agissent à visage découvert et sont passés maîtres dans l'art du braquage et du viol. Les derniers cités (les Nigérians) préférant souvent opérer autour de 4 heures du matin. Leurs victimes se comptent aujourd'hui par dizaines dont de nombreuses boutiques d'ouest-africains qu'ils pillent après avoir maîtrisé les propriétaires à l'aide d'armes pistolets, machettes, couteaux, gourdins, etc.)
Certains matins, il n'est pas rare de trouver des mares de sang sur le trottoir ou sur la voie, preuve des agressions subies par des infortunés noctambules.
Devant la gravité de cette situation, le chef de ce quartier, Pascal Obiang Meyo a saisi récemment le maire du deuxième arrondissement jules Mbah Bekalé dont ce quartier dépend afin que des dispositions appropriées soient prises pour enrayer ce fléau grandissant. Dans sa correspondance à l'édile, le chef de quartier souligne justement qu "il ne se passe plus un jour à Avéa Il sans que d'honnêtes citoyens ne soient agressés physiquement et délestés de leurs biens. Ceci, de jour comme de nuit." Plus loin il conclut judicieusement: "Je vous serais obligé de bien vouloir intercéder en faveur des populations de cette zone auprès des autorités compétentes afin d'endiguer définitivement ce fléau." Un fléau qui a malheureusement toutes les chances de connaître une expansion, en témoigne la réponse du maire du 2e arrondissement à cette requête. Ce dernier trouve, à juste titre et à regret, "qu'en l'absence d'une police municipale, il est impossible à la mairie centrale de prendre des mesures préventives ou coercitives pour enrayer la délinquance juvénile."
La réponse de jules Mbah Bekalé renvoie aux forces de l'ordre dont la mission première est justement de sécuriser les populations. Or, il est patent de constater qu'à ce niveau, elles ne se mobilisent pas assez. Ce qui explique justement la flambée de violence que connaissent nos quartiers.
Source : Journal l'Union du 07/01/2002
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