Libreville, l'Union, 08/01/2002 - Dressant hier le bilan de l'action de son cabinet, le Premier ministre a mis en relief les "principales initiatives" au cours de ses trois années passées au "2 Décembre". " Une action vigoureuse de maîtrise des dépenses publiques a été engagée", a noté Jean-François Ntoutoume Emane, pour expliquer les efforts ayant permis de restaurer la crédibilité de notre pays auprès de la communauté financière internationale. II s'est toutefois inquiété des "proportions inquiétantes prises par la pauvreté".
POUR le gouvernement, le temps du bilan est arrivé. Hier lundi 7 janvier, Jean-François Ntoutoume Emane a présenté l'action menée par le gouvernement depuis trois ans, lors de la cérémonie de présentation de v?ux au Premier ministre par les membres de son cabinet, ainsi que par l'ensemble de l'administration publique et les forces de sécurité.
Deux volets ont notamment constitué la trame de son allocution consacrée pour l'essentiel à mettre en relief les efforts déployés dans la lutte contre le sous-développement. Le premier concerne l'assainissement des finances publiques qui avait été inscrit au c?ur de la mission qui avait été assignée au gouvernement pour réduire la "fracture sociale ", au lendemain de sa mise en place intervenue dans un contexte économique rendu difficile par le poids de l'endettement de l'Etat.
Jean-François Ntoutoume Emane s'est d'abord attaché à rappeler les "principales initiatives" engagées en vue de résorber ce fardeau. Il a mis en relief ce qui constitue à l'évidence le haut fait d'arme du gouvernement, depuis trois ans qu'il a accédé au "2 Décembre" : la lettre d'intention signée par les autorités du pays avec le Fonds monétaire international (FMI), ce qui a constitué le déclic ayant permis de reprendre langue avec l'ensemble de la communauté financière internationale, et ouvert la voie à de nouvelles perspectives de croissance pour le pays, après avoir frôlé à un moment donné la banqueroute.
MAÎTRISE DES DÉPENSES ? Résumant les efforts accomplis au plan économique, en particulier au plan sectoriel, il a expliqué qu'"une action vigoureuse de maîtrise des dépenses publiques a été engagé ", et qui s'est traduite, en effet, par une croissance jugée rationnelle des dépenses. Lesquelles se sont stabilisées au niveau de 1% en comparaison du précédent exercice marqué par un train de vie dispendieux de l'Etat.
Il a davantage insisté sur le fait que le gouvernement a jeté l'essentiel de ses ressources dans la bataille du traitement de la dette extérieure, aux fins de s'acquitter de ses engagements extérieurs, ce qui, il est vrai, n'était pas acquis d'avance.
Certes le Premier ministre a défendu le Plan d'ajustement structurel (PAS) conclu avec le FMI, et qui donne à penser qu'un rééchelonnement de la dette extérieure du pays va favoriser le financement d'autres projets d'envergure porteurs de développement attendu en particulier la construction des infrastructures de base qui font défaut.
Toutefois, Jean-François Ntoutoume Emane a tenu à nuancer son optimisme. II a pris à son compte les critiques formulées naguère au gouvernement par de nombreux concitoyens qui avaient reproché au gouvernement de consacrer la brande partie des ressources pétrolières du pays au remboursement des créances de l'État.
"Le remboursement de la dette, nous en convenons tous, ne doit pas nous enserrer dans le corset des contraintes budgétaires incompatibles avec l'impératif du développement et de la lutte contre la pauvreté". Et de relever à juste titre qu'"hélas, la pauvreté a pris dans notre pays des proportions inquiétantes".
SENS DE L'ETAT. Répondant à une accusation implicite à l'encontre du gouvernement selon laquelle il ne stimulerait pas la croissance qu'induit le remboursement de la dette intérieure permettant d'oxygéner les entreprises établies dans le pays au risque de hâter leur asphyxie, le Premier ministre a indiqué, une fois pour toutes que le gouvernement s'est bel et bien attaqué à ce dossier épineux.
"Initialement chiffrée à 800 milliards de FCFA, celle-ci a été finalement ramenée à 350 milliards de FCFA à l'issue de l'audit commandité par le gouvernement" a souligné Jean-François Ntoutoume-Emane. Sur ce point, il a salué les réformes économiques conduites par le ministre de l'Economie, des Finances du Budget et de la Privatisation, Emile Doumba dans sa volonté de rendre transparente la gestion dans un département ministériel réputé pour son opacité.
Puis, il a assuré que la politique de privatisation qui passe par le désengagement de l'Etat des entreprises parapubliques va se poursuivre. Idem pour la diversification de l'économie, qui s'impose dans la perspective de l'après-pétrole.
Enfin, le second volet qui a figuré au menu de ce bilan concerne le vaste chantier de la réforme administrative. Il a esquissé l'ampleur de la tâche qui reste à accomplir, par cette formule : "Si nous voulons construire une société orientée vers le développement et le progrès, il nous faut nous inscrire résolument dans une nouvelle perspective de genèse et d'inculcation de l'Etat".
Un autre chantier qui demeure entier pour le futur gouvernement qui devra succéder à celui-ci à l'issue des récentes législatives, en dépit des gros efforts consentis reste celui de l'insécurité. " A la demande du chef de l'Etat, a-t-il annoncé, 1500 jeunes sont en cours de recrutement dans nos forces de sécurité et de défense, et 600 autres le seront bientôt dans les forces de police nationale".
Source : Journal l'Union du 08/01/2002
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