(Libreville, L'Union, 8 jan 2002)Avec plus de quatre-vingt députés déjà élus, le Parti démocratique gabonais peut légitimement bomber le torse. Mais également, marquer sa solidarité avec ceux des collègues qui ont été recalés. D'où la réception donnée vendredi soir, à Libreville, par le président du groupe parlementaire, René Ndemézo'o Obiang.
AMBIANCE à mi-parcours de la joie et de la nostalgie, vendredi soir, dans un grand hôtel, au nord de Libreville où le président du groupe parlementaire PDG, René Ndemézo'o Obiang offrait une grande réception à ses collègues. Il y avait tout le monde, les nouveaux élus, les réélus et ceux qui vont quitter l'hémicycle pour avoir été recalés lors des dernières consultations. Pas de grands mots, pas de joie débordante. Tout juste des retrouvailles d'un genre particulier au sortir d'un scrutin tout aussi particulier.
La fête n'en fut pas moins belle et l'initiative, saluée comme le premier geste significatif depuis la proclamation des résultats qui ont consacré la place prépondérante du Parti démocratique gabonais sur l'échiquier politique national. Pensez donc quatre-vingt-cinq députés sur cent-vingt. De quoi effectivement bomber le torse même si, sur les visages des battus, on lisait cette sorte de nostalgie, voisine d'une immense tristesse. Celle de prendre part, peut-être pour la dernière fois, a ces agapes dont le parti majoritaire s'est confectionné une solide réputation et qui font envie.
Disposés en épis dans une salle qui les a facilement contenus, bercés par les bruits du ressac au bord de la plage, tout était fait pour mettre les Pédégistes à l'aise dans une atmosphère bon enfant. Troublée, à 1'ouverture du repas, par l'allocution du président du groupe qui s'est voulu précis et concis. La précision d'abord quand René Ndemezo'o Obiang s'est adressé au Premier ministre en l'assurant de la coopération toujours sans faille des élus PDG à l'Assemblée nationale quand il s'est agi d'aller à 1'essentiel.
Certes, a-t-il reconnu, des débats intenses sur bien des sujets ont pu faire croire à une opposition de la majorité au gouvernement. Mais cette situation est inhérente à la liberté de parole dont jouissent les députés et qui est un des signes de la vitalité de notre démocratie. Pour le président du groupe parlementaire, la prochaine législature promet d'être encore plus soudée autour du gouvernement, émettant toutefois le souhait, pour éviter cette sorte de fronde qui a souvent donné lieu à des débats très vifs entre le gouvernement et les élus de la majorité, que les députés de celle-ci soient associés à l'élaboration des textes.
En revanche, René Ndemezo'o Obiang s'est voulu le porte-voix de ceux de ses collègues qui vont quitter l'Assemblée nationale et pour lesquels il suggère la création d'un comité qui étudiera leur situation au cas par cas.
En réalité, le président du groupe parlementaire PDG a voulu mettre le doigt sur un aspect jusque-là occulté par l'état : la situation des anciens parlementaires qui se retrouvent comme des parias, au bord de la route. Les députés battus écoutaient, le visage grave, cette plaidoirie qui, visiblement, leur mettait du baume au c?ur. Mais entre cette proposition sortie de la poitrine de René Ndemezo'o Obiang et les mesures pratiques, il faudra sans doute attendre encore un peu.
C'est parce qu'il le sait que le Premier ministre, après avoir salué le comportement exemplaire des députés de la majorité tout au long de la législature qui s'achève, a demandé à ceux-là qui vont sortir du l'Assemblée nationale, de ne point se sentir malheureux, car ils continuent d'être des militants à part entière du PDG et M. Jean-François Ntoutoume Emane a ensuite confié que le gouvernement examinera avec bienveillance la proposition du président du groupe parlementaire les concernant.
Source : Journal l'Union du 08/01/2002
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