(Libreville, 12 juin 2002 - L'Union) - Emile Moussavou Moundziégou, député sortant a été battu à Bendjé par le pédégiste Joseph Sossi, une défaite qui pourrait bien rouvrir le débat sur les relations au sein de la 'majorité présidentielle".
LE second tour des législatives partielles de dimanche 9 juin dernier dans quatre circonscriptions électorales a été marqué par l'élection de trois représentants du Parti démocratique gabonais (PDG), Joseph Sossi Sébastien Ndong Biyoghé, Alphonse Mokambo Ndomby ainsi que celle d'un indépendant Paul Nang Ndong. Ces derniers ont été respectivement élus à Bendjé, dans le canton Ieu, à Mimongo et dans l'Okano. Et par la défaite du député sortant du Parti de l'unité du peuple (PUP), Emile Moussavou Moundziégou.
Ces résultats renforcent certes le parti de Guedet Manzela au sein de la chambre des députés mais ôtent au parti de Me Louis-Gaston Mayila, le seul député qui y siégeait, jusque7là, depuis la IXe législature.
En effet, au-delà de la victoire des pédégistes dans trois des quatre circonscriptions mises enjeu dimanche 26 mai et le 9 juin dernier, la débâcle du candidat Emile Moussavou Moundziégou, le porte-flambeau du PUP encore en lice dans cette consultation, est incontestablement un revers pour cet élu et pour son parti politique. Cet échec pourrait en même temps rouvrir le débat sur les relations au sein de la "majorité présidentielle".
Sérieusement désavoué par les populations de sa circonscription électorale, où l'homme régnait en chef incontesté depuis 1996 date de son élection à l'Assemblée nationale, le député sortant a été sanctionné par les habitants de Bendjé pour son attitude jugée à tort ou à raison (c'est selon) "arrogante et méprisante" vis-à-vis des électeurs. Selon certains militants du PUP et même du PDG de cette localité qui tentent de trouver une explication à cet échec, son manque de perspectives nouvelles pour sa contrée et la perte de terrain du PUP dans ce qui était encore son fief politique, pourraient bien avoir aussi été à l'origine de ce résultat.
RELATIONS • A ces critiques assez sévères portées contre le député sortant et secrétaire du Bureau de l'Assemblée nationale de la IXe législature, le fait que Joseph Sossi ait disposé d' atouts dont celui d'être plus crédible et de représenter le parti au pouvoir, ont davantage compliqué la situation. et ont conduit les populations de cette localité à porter leur choix sur son adversaire Joseph Sossi.
Il faut reconnaître que depuis les élections des 9 et 26 décembre dernier et surtout après l'invalidation par la Cour constitutionnelle de l'élection au premier tour du député sortant Emile Moussavou Moundziégou, pour "fraudes avérées", ce pupiste qui s'était réfugié depuis lors dans son ancien fief pour tenter de reconquérir ce terrain quasiment perdu, semblait sérieusement en difficulté.
Car, Joseph Sossi et le PDG avaient réussi, au vu des résultats globaux, à la suite d'un travail d'occupation de terrain dans cette localité et même l'Ogooué-Maritime, ce qui est apparu comme un fort retour en grâce dans cette province naguère bastion du Parti gabonais du progrès (PGP), de Me Pierre-Louis Agondjo Okawé, voire de l'opposition.
L'élection de ce pédégiste au détriment d'un membre du clan présidentiel pourrait être l'occasion pour certains dirigeants de remettre au la du jour le débat sur les relations au sein de la majorité présidentielle et sur l'utilité d'appartenir à ce groupe de partis soutenant la politique d'Omar Bongo.
Car, les plus faibles semblent quotidiennement affaiblis par le plus fort en l'occurrence le parti de Guedet Manzela Ou encore que la solidarité tant souhaitée dans cette famille n'est valable qu'au gré des intérêts du parti au pouvoir ayant soutenu le principe du "chacun pour soi" aux élections législatives.
Sur cette question bien précise portant sur les relations au sein de la majorité présidentielle, on retient que plusieurs leaders dont jean Boniface Asselé du Centre des libéraux réformateurs (CLR) et le président du PUP, Me Mayila, avaient émis des vives critiques sur l'attente qui régnait au sein de ce groupe.
TRIBUNE • On se souvient qu'exprimant à l'époque son mécontentement par rapport à l'attitude hégémonique du PDG, Louis-Gaston Mayila avait boudé la cérémonie de signature de la Charte portant plate-forme politique et Code de bonne conduite des partis de la majorité présidentielle, au motif qu'il n'avait guère besoin d'apposer sa signature sur ce Document pour soutenir la politique du président Omar Bongo.
Il avait, ensuite expliqué son refus de parapher la charte sur le fait qu'il n'accordait aucun crédit à plusieurs des partis" signataires. Il s'agissait en clair pour le président du CES de dénoncer cette absence de solidarité observée chaque fois que son parti ou encore lui-même, se lance à la conquête d'un siège ou dans la défense d'une idée politique. Allusion à la rude bataille qu'il avait dû affronter en 1996 pour le siège de député de Fougamou et la levée de boucliers suscitée par son idée de vote obligatoire, notamment.
Par ailleurs le parti du président du Conseil économique et social (CES) qui a perdu lors de ce second tour des partielles une tribune à l'Assemblée nationale, ne pourrait plus faire entendre sa voix et sa différence et ne prendra plus part au débat parlementaire qui sera ouvert sur des questions d'intérêt majeur pour les populations. Toutefois, il devra se contenter, comme d'autres formations politiques, de marquer sa présence dans l'arène politique à travers les points de presse, déclarations publiques et autres manifestations. Dans ce contexte que vaut l'accord passé par ce parti avec le député du 2e siège de Tsamba Magotsi (Fougamou), André-Christ Nguimbi, élu sous la bannière indépendante en décembre dernier.