Libreville (l'Union, 26/09/2001) - L'initiative du père Paul Mba Abessole de nommer à l'Hôtel de ville le député-suppléant du IIIe arrondissement, est de plus en plus perçue au Centre des libéraux réformateurs (CLR) comme faisant partie d'une stratégie d'affaiblissement de leur président, et député-maire, Jean Boniface Assélé. Elle traduit, à vrai dire, la volonté des bûcherons de conquérir ce siège convoité.
LA perspective des élections législatives prévues dans deux mois, va-t-elle pousser le maire de Libreville, le père Paul Mba Abessole et le député-maire du IIIe arrondissement, Jean Boniface Assélé, à déterrer la hache de guerre enfouie depuis la fin de leur conflit ouvert autour de l'interprétation des textes légaux relatifs à la gestion du 3e arrondissement de la capitale ?
A 1'approche du renouvellement des cent vingt sièges que compte l'Assemblée nationale, cette question est presque sur toutes les lèvres parmi les militants du Centre des libéraux réformateurs (CLR). En particulier, son président, le général Jean Boniface Assélé, entré depuis longtemps en campagne pour défendre son siège de député du 3e arrondissement, acquis de haute lutte, lors des élections législatives, il y a cinq ans.
Dans un entretien, peu avant la cérémonie de signature de la Charte politique des partis de la majorité, à laquelle il a pris part, celui-ci s'est montré extrêmement critique à l'égard du père Paul Mba Abessole qu'il accuse d'avoir mis en place une stratégie visant à pénétrer le CLR de l'intérieur, afin de mieux l'affaiblir.
Et donc, de s'attacher des "collabos" parmi les cadres les plus représentatifs du parti, dont le ralliement au RNB/Nouveau Départ engendrerait des divisions dans les rangs du CLR, avec l'espoir qu'il bouleverse en faveur des bûcherons, le comportement du corps électoral dans cette circonscription qui est davantage que d'autres, l'objet de toutes les convoitises des partis politiques.
STRATEGIE • Un argument, mieux que d'autres, semble conforter le président du CLR dans sa conviction, c'est la cooptation de son suppléant, Jean Dorell Matoumba Matoumba, l'un des cinq conseillers municipaux à la mairie du 3e arrondissement, promu à un poste de responsabilité à l'Hôtel de Ville de Libreville, il y a à peine deux mois seulement.
" C'est moins le fait de voir un des nôtres aller servir aux côtés du maire central qui nous gêne, mais plutôt l'intention inavouée contenue derrière ce qui nous semble participer d'une planification stratégique visant à créer un schisme au sein du directoire du CLR, voire de ses militants" a conclu Jean Boniface Assélé indiquant que "nous n'allons plus nous laisser faire".
Ce climat d'extrême tension perceptible alors que l'échéance des élections législatives approche, est venu rappeler le souvenir du conflit redoutable qui avait opposé tout au long de l'année dernière, le député-maire du 3e arrondissement au maire central de la commune de Libreville, à cause du contrôle de cette circonscription électorale aux énormes enjeux financiers.
Et où, dit-on, le député élu se trouve en pole position pour l'accès à la mairie locale, avec à l'idée d'avoir la haute main sur les opérateurs économiques présents au marché de Mont-Bouët réputé pour ses rentrées financières qui s'élèveraient au bas mot a 45 millions de FCFA par mois, hormis les taxes trimestrielles.
RETOURNEMENT DE VESTE ? • Dans l'entourage du président du CLR, ainsi que lui-même l'a laissé entendre, on est persuadé que c'est encore cet objectif que poursuit la stratégie du père Paul Mba Abessole qui entend opposer sans le dire le député-maire du 3e arrondissement à son suppléant, dont le rôle pris par les siens pour faire élire leur champion dans leur fief de BelleVue, malgré la présence d'autres partis comme le PDG et l'UPG, fut méritoire.
Interrogé sur le sens qu'il donne à sa présence aux cotés du père Paul Mba Abessole à l'Hôtel de Ville, celui qui demeure malgré tout encore député-suppléant du maire du 3e arrondissement n'a rien fait pour démentir ce qui ressemble de sa part à un retournement de veste. " C'est un acte politique que, j'ai posé en répondant à l'appel du maire" s'est-il contenté de dire. Des propos qui sonnent comme l'annonce effective d'une rupture consommée.
Et si tel est comme tout l'indique le cas, il est à redouter que le scrutin dans cette circonscription électorale soit celui de tous les dangers, ce d'autant plus que désormais, estiment de nombreux électeurs sur place, l'argument du repli identitaire induit par les frustrations des uns, semble être devenu le discours de campagne favori de ces derniers.
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