L'Union (5 octobre 2001) - Le président de la Commission nationale électorale et le leader du Parti de l'Unité du peuple, Me Louis-Gaston Mayila, souhaitent que les structures électorales locales placées au centre de l'organisation et de la supervision des élections soient destinataires des listes électorales.
ALORS que l'on s'achemine vers la mise en place effective lundi prochain des commissions électorales locales lesquelles seront, dès cette date, destinataires légales des listes électorales, la question du respect des dispositions du Code électoral qui fixe les modalités du transfert du fichier entre la CNE et le ministère de l'Intérieur, suscite de nouvelles réactions. Très attaché au respect scrupuleux de la loi électorale réglementant l'organisation des opérations électorales dans notre pays, le président de la Commission nationale électorale, M. Gilbert Ngoulakia, qui avait déjà marqué son étonnement et sa crainte face au non respect par le département de l'Intérieur de cette exigence, persiste et signe : "Les listes électorales doivent être remises aux commissions électorales locales dès leur mise en place". Pour le président de la CNE, dont la position n'a d'ailleurs guère changé, toutes les parties impliquées dans la préparation de ce scrutin devraient inscrire leur action dans le cadre de la loi. Laquelle, précise le haut magistrat en se référant à l'article 43 de la loi électorale, stipule que : "Dès leur mise en place, les commissions électorales locales sont destinataires des listes électorales qu'elles affichent à leur siège et dans chaque bureau de vote".
Or, le gouvernement, sous l'instigation du ministre d'État en charge de l'Intérieur, Antoine Mboumbou Miyakou, avait fixé au 31 Octobre prochain la date de remise du fichier à la CNE. DISQUALIFICATION. Le président du Parti de l'unité du peuple (PUP), Me Louis-Gaston Mayila, pense de son côté que " la loi électorale doit être respectée et appliquée dans tous ses aspects ". Le pupiste en chef a renchéri après avoir fait son analyse de la situation de quasi-blocage actuel, a indiqué que le fait que l'on soit aujourd'hui empêtré dans des contradictions autour des délais impartis aux unes et autres structures impliquées dans cette opération, prouve suffisamment que le processus a été mal enclenché et faussé au départ. Se gardant de jeter l'anathème sur une quelconque personnalité politique, mais l'on a bien compris que le président du PUP, voulait implicitement faire allusion au ministère de l'Intérieur, premier responsable du désordre qui prévaut actuellement autour de la révision du fichier électoral. Et nombreux sont ceux qui n'hésitent plus à le dire ouvertement et à afficher leur dépit au regard de la situation ainsi créée. Dans tous les cas, les points de vue du président Gilbert Ngoulakia et de celui du leader du PUP, interviennent à un moment où l'on s'interroge de plus en plus au sein de la famille judiciaire et même dans certains états-majors politiques sur l'urgence d'une disqualification du ministère que dirige le ministre d'Etat Antoine Mboumbou Miyakou, à poursuivre l'opération de révisions des listes électorales.
Il faut reconnaître qu'après la vague de récriminations et accusations de fraude et manipulations portées contre le ministère de l'Intérieur, principal instigateur des manœuvres orchestrées au Centre technique des élections d'Oloumi, le processus qu'a tenté de relancer le gouvernement à travers le calendrier arrêté lors du dernier conseil des ministres, n'a guère restauré la confiance autour de cette grande entreprise pré-électorale. La preuve : au moment où l'on s'attendait à voir cette phase lancée le 15 septembre dernier, au lieu du ler, et se poursuivre dans tout le pays, on constate malheureusement comme une sorte d'opération "à deux vitesses". En effet, sans tenir compte du retard de 15 jours accusé dès l'entame et donner aux populations le temps nécessaire pour procéder aux vérifications et réinscriptions sur les listes, à Libreville, notamment au CTE, on est passé depuis lundi ler octobre dernier, à l'étape suivante consistant à la saisie des nouvelles listes. Pendant ce temps, dans l'arrière-pays, les commissions présidées par les préfets et sous-préfets, poursuivent les inscriptions et révisions des fichiers indispensables à la participation des électeurs à la prochaine consultation électorale. Toutes choses qui font dire au président du Parti de l'unité du peuple, Me Louis Gaston Mayila, que l'on fonce droit vers une élection qui suscitera, comme lors des précédentes consultations, de nouvelles contestations de la part de diverses formations politiques parce que les conditions de la transparence n'ont pas été, encore une fois, dès le départ réunies.
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