Loin de nous l'idée de remettre en cause le bien-fondé de cet acquis culturel, il s'agit plutôt de s'interroger sur la mission réelle dévolue à celle-ci durant son règne.
«AU Gabon, le concours Miss Gabon se limite encore à l'aspect festif (...). J'aimerais que pour les années à venir, le Comiga puisse ébaucher de bonnes perspectives d'avenir qui feront de la Miss une ambassadrice de bonne volonté et un vrai symbole. On n'élit pas une Miss pour la confiner dans l'anonymat. Au contraire, on doit l'aider,... » Ces propos de Lynn Shelly Miyendzi Sanda, Miss Gabon 2004, parus dans notre édition d'hier, corroborent les plaintes déjà émises en leur temps par deux autres Miss l'ayant précédé : Aïsha Sidi en 2001 et Chérie Yoni Tsango en 2002.
Ce "confinement dans l'anonymat" paraît, aux yeux des observateurs, non au fait des réalités des couloirs du Comité Miss Gabon (Comiga), comme une inaptitude de nos reines de beauté à valoriser la fonction de Miss Gabon. Laquelle est quasiment absente des causes de bonne volonté ou humanitaires. Ce problème posé de la gestion du mandat des Miss donne l'impression que le Comiga avait mis la charrue avant les boeufs lors de la conception et du lancement de cette compétition de beauté.
Sinon, comment comprendre qu'après quatre éditions, peu d'observateurs appréhendent la finalité de ce concours pour les lauréates, dont l'absence sur le terrain social contraste avec leur présence quasi-exhibitionniste lors des manifestations à caractère festif. Si la mission première de Miss Gabon est de revaloriser la beauté gabonaise, elle a aussi le devoir de s'engager dans des causes nobles. En s'appropriant, par exemple, certains fléaux sociaux pour en faire un cheval de bataille durant leur mandat.
Et la société gabonaise est telle que les causes à défendre ou les maux à combattre ne manquent as. La lutte contre le sida et autres maux qui minent la jeunesse comme la délinquance juvénile et ses corollaires (alcoolisme, tabagisme, déscolarisation), le trafic et l'exploitation des enfant, le paludisme qui tue plus que le sida peuvent susciter des vocations.
Des questions quine semblent, malheureusement pas, préoccuper celles qui sont, aussi bien les ambassadrices de beauté due celles de bonne volonté. Et lorsque la marraine du Comiga, Edith-Lucie Bongo Ondimba, l'épouse du chef de l'Etat, paraphrasant Montaigne (écrivain français du 16e siècle), avait conseillé aux candidates de la finale de décembre 2003, d'être à la fois des «Têtes bien faites et bien pleines», elle avait à coeur, de voir la future élue, savoir allier parfaitement ces deux rôles. Au lieu de se cantonner dans des préjugés sexistes du genre "Soit belle et tais-toi".
Cependant, nos Miss ont-elles les capacités intellectuelles, non seulement par rapport à leur niveau d'Instruction, mais aussi de leur culture générale, pair s'engager sur ces terrains, à l'aube de a cinquième édition de cet évènement culturel de portée nationale et qui ne laisse aucun patriote indifférent ? D'autant que ces terrains se déclinent maintenant en terme de compétitivité avec l'extérieur.
Avec l'expérience réussie de Miss Afrique centrale, titre conquis en 2003 par Tatiana Ndombi (Miss Gabon 2003), pourquoi une reine de beauté gabonaise n'irait-elle pas maintenant conquérir d'autres couronnes comme celles de Miss Malaïka, Miss Ebène, Miss Monde, comme d'autres Africaines, afin de mieux promouvoir la beauté gabonaise? Sinon, quel serait l'intérêt du concours Miss Gabon si les lauréates doivent se contenter de faire valoir leur beauté uniquement sur le plan local ?
La réponse à ces interrogations et la solution au problème dénoncé de la mauvaise gestion de la Miss militent pour une "refondation" des missions de la Miss, afin de lui donner un vrai statut et une stature internationale. Il y va de l'intérêt du Comiga. Et de sa crédibilité.