Lynn-Shelly Miyendzi Sanda, s'insurge ainsi au terme de son règne, qu'elle juge mitigé. Avant de remettre la couronne et l'écharpe de Miss Gabon à celle qui lui succèdera demain soir, à l'issue de la finale du concours Miss Gabon 2005, la néo-étudiante, nous a accordé une interview. Très à l'aise, elle n'a esquivé aucune de nos questions.
L'Union Plus : Miss Gabon 2004, vous voici au terme de votre règne. Samedi prochain, vous remettrez votre couronne à une nouvelle reine. Quel bilan dressez-vous à l'issue de votre mandat ?
Lynn-Shelly Miyendji Sonda: «Le bilan de mon règne est mitigé. Parce que j'ai le sentiment de n'avoir rien fait. Ce qui est d'ailleurs attesté par mon absence totale de la scène nationale. Cependant, j'en sors avec une grande expérience. Ce qui n'est pas l'apanage de toutes les jeunes filles de mon âge. Je crois que si j'avais visité d'autres horizons, j'aurais appris d'autres choses. »
Vous reconnaissez que vous n'avez pas été très présente. A quoi est due cette absence ?
Cette absence provient du manque d'organisation de la part du Comité Miss Gabon, qui a en charge la gestion des Miss. Les responsables de cette structure arguaient de mon statut d'élève pour me confiner dans une sorte d'anonymat. C'est un faux prétexte, puisque Tatiana Ndombi qui m'avait précédé allait aussi à l'école. Cela ne, l'empêchait pas d'être sur le pont, surtout quand il s'agissait d'une cause de bonne volonté telle que la lutte contre le sida. A vrai dire, le Comiga s'était mal organisé pour gérer mon règne.
Soit. Le statut de Miss Gabon a-t-il bouleversé votre vie de jeune fille ?
C'est évident que le fait d'être Miss Gabon a changé ma vie. Déjà, au niveau financier, car j'ai pu avoir, comme on dit "un peu de sous". D'autre part, je me suis équipé en mobilier, par exemple. Psychologiquement, il me semble avoir mûri grâce aux critiques des uns et des autres.
S'agissant des critiques, justement, comment avez-vous "encaissé" celle prétendant que vous n'étiez pas une Miss assez intelligente pour représenter valablement la femme gabonaise?
Au début, c'était dur, bien dur, à encaisser. Mais au fil du temps, j'ai fini par m'y résigner. Mais mon grand regret est justement de n'avoir pas eu l'opportunité de démontrer à ceux et celles qui me dénigraient qu'ils étaient dans l'erreur. Malheureusement, on ne m'a pas donné l'occasion de mettre en exergue mes potentialités.
Etre Miss Gabon implique un certain nombre de contraintes. Comment les avez-vous vécues ?
Il y a des contraintes, certes, mais elles ne sont pas si terribles. je les ai très bien vécues, dans la mesure où je suis quelqu'un d'assez casanier. Je n'ai pas eu à les subir.
Tout au long de votre mandat, vous n'avez pas interrompu votre scolarité. Quels ont été finalement vos résultats à la fin de l'année ?
J'étais en Terminale, donc en classe d'examen. J'ai passé le Bac, mais je l'ai raté à la première session. Dieu merci, le président de la République nous a donné une seconde chance et cette fois-ci, j'ai été reçue.
Arrivée à la fin de votre règne, comment entrevoyez-vous votre avenir ?
Mon avenir, je le vois prometteur. Je vais recommencer à mener une vie normale. ]e vais poursuivre mes études et faire des projets. Miss Gabon aura été une expérience somme toute enrichissante (rires)... au propre comme au figuré.
Au Gabon, le concours Miss Gabon se limite encore à il aspect festif. On n'entend parler de la Miss que le soir m^me de l'élection. C'est une grande soirée avec du beau monde. On boit, on rigole, on regarde le spectacle et puis c'est tout. J'aimerais que, pour les années à venir, le Comiga puisse ébaucher de- bonnes perspectives d'avenir qui feront de la Miss une ambassadrice de bonne volonté et un vrai symbole. On n'élit pas une Miss pour la confiner dans l'anonymat. Au contraire, on doit l'aider, lui mettre le pied à l'étrier.