Les éditeurs de la presse écrite privée gabonaise réunis au sein de l'Association des professionnels de la presse écrite libre (APPEL) ont menacé vendredi de fermer définitivement leurs journaux à cause de nombreuses pressions exercées contre eux par le Conseil national de la communication (CNC).
"Si jamais la tendance actuelle perdure, tous ceux qui s'investissent avec sacrifices et abnégation dans la presse écrite Libreville et indépendante, décideront de mettre la clef sous le paillasson", souligne une déclaration de l'APPEL rendue publique lors d'une conférence de presse animée par son président, Norbert Ngoua Mezui.
Le CNC, organe de régulation de la presse écrite et audiovisuelle gabonaise "n'aura plus rien à réguler", a ironisé M. Ngoua Mezui.
La semaine dernière, le CNC a suspendu pour un mois l'hebdomadaire indépendant Le Temps pour avoir omis de mentionner le numéro du dépôt légal dans ses parutions, ce que la direction de l'hebdomadaire a rejeté.
Le 5 décembre dernier, le CNC a frappé d'une interdiction de paraître le journal indépendant Gabon Show.
Cette interdiction est motivée par un "imbroglio juridique persistant de nature à jeter un trouble dans l'existence de cet organe de presse", a expliqué dans un communiqué le CNC.
Plusieurs autres journaux gabonais (La Sagaie, Subversion et L'Autre journal) ont été interdits de paraître et cette sanction n'a jamais été levée, rappelle-t-on.
L'APPEL estime que les décisions du CNC sont arbitraires et visent notamment à "étouffer, voir supprimer" la presse indépendante.