Devant le président du CNC et des membres de son gouvernement, Jean-François Ntoutoume Émane s'est inquiété mardi après-midi auprès des patrons de presse des dérives dans le traitement de l'information.
LE Premier ministre Jean-François Ntoutoume Émane a dû, une nouvelle fois, monter au créneau face à ce qu'on peut considérer comme des dérapages dans le traitement de l'information sur nos chaînes publiques et privées.
Entouré à son cabinet du "2 Décembre", du président du Conseil national de la communication (CNC), Pierre-Marie Dong et des membres de son gouvernement, Paulette Missambo et André-Christ Nguembet (ministre d'État et ministre délégué à la Santé publique), Jean Massima (ministre du Tourisme assurant l'intérim de son collègue de la Communication Mehdi Teale), René Ndemezo'Obiang (ministre chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement) et Clotaire-Christian Ivala (ministre de l'Intérieur), le chef du gouvernement s'est directement adressé aux responsables du secteur de la communication et, surtout, aux dirigeants des organes de presse.
Tout en rappelant que la construction de la démocratie ne relève pas de la génération spontanée, qu'elle est au contraire une oeuvre de longue haleine, bâtie étape par étape. Tout en rappelant d'un autre côte cette évidence selon laquelle il n'y a pas de démocratie sans presse libre et viable, Jean-François Ntoutoume Émane a exhorté ceux qui exercent cette profession à "retrouver les chemins de la responsabilité".
Il est vrai que celle-ci a pour corollaire la liberté qu'on ne doit nullement assimiler à l'anarchie. Et parmi les rôles que devraient jouer les journalistes, il y a celui de pédagogues, pour autant que les "professionnels" soient formés. Or, aux yeux du Premier ministre, cette question de la formation se pose lorsqu'on regarde "ce qui est diffusé sur nos chaînes de télévision", a-t-il noté.
Dernier avatar dans l'évolution de l'audiovisuel gabonais, ces "reportages qui choquent", à l'exemple de celui diffuse dimanche par nos confrères de la Radio Télévision Nazareth (RTN) et montrant de manière plutôt brutale les accidentés de la Nationale 1 jusque sur leur lit d'hôpital au CHL, dont le directeur général , Romain Tchoua,assista également à la rencontre de mardi.
Derrière la montée d'adrénaline chez les autorités, il y a bien sûr l'idée que l'information est un élément de connaissance et qu'à ce titre, elle réclame une mise en perspective pas une mise en scène. Elle ne peut, à l'instar d'un spectacle quelconque, être justifiable de toutes les techniques de séduction.
Bien qu'elle se montre particulièrement réactive à l'actualité - et là-dessus, le service public devrait en prendre de la graine -, RTN aurait tendance, selon le chef du gouvernement, à oublier ces exigences. Circonstance aggravante, a révélé le président du C.NC, nos confrères émettraient en toute illégalité. Ce qui pourrait valoir à l'encontre de leur chaîne une décision de fermeture dans les prochains jours.
En attendant, c'est à un changement notable dans leur manière de procéder que sont instamment invités les organes de presse.