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Dr. Daniel Mengara, Discours à la nation du 17 août 2004
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Interdiction de RTN, Radio Bethel et Bonne nouvelle: Responsabilités partagées
Auteur:  L'Union  | Date: 15 Novembre 2004  | Réactions ()
Section: Médias/Audiovisuel  | Source: L'Union

DEPUIS vendredi les téléspectateurs librevillois ont constaté la disparition sur leurs écrans respectifs d'une chaîne à laquelle ils étaient déjà habitués. Tant celle-ci avait choisi le créneau de la proximité en s'intéressant prioritairement, outre la promotion de la religion, aux faits de société. Désormais c'est le noir et le silence qui règnent à la radio télévision Nazareth (RTN).

Les radios "Bethel" et "Bonne nouvelle" n'émettent plus non plus depuis vendredi. Le Conseil national de la communication (CNC) en a décidé ainsi. Et la décision du CNC a été rendue publique vendredi même par l'un des conseillers dans cette institution, M. Jacques Litona Loumbi. Selon sa déclaration, cette mesure du CNC "court jusqu'à ce que le Conseil national de là communication délivre les autorisations d'émettre et d'usage de fréquences et de bande de fréquences aux médias concernés..."

On comprend donc que ces médias étaient dans l'illégalité. Toutefois, il faut souligner que ce n'est sans doute pas l'illégalité de ces organes de presse qui a conduit le CNC à enfin examiner leurs dossiers. Tout est parti de la couverture d'un accident de la circulation par la RTN. Parce que ce ne serait pas faux de dire que cette mesure est la conséquence de la réunion que le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane a présidée mardi à son cabinet de travail.

Le chef du gouvernement qui s'adressait essentiellement aux responsables des médias publics et privés est monté au créneau face aux "dérapages"dans le traitement de l'information sur nos chaînes, toutes tendances confondues. Jean François Ntoutoume Emane a exhorté les uns et les autres à "retrouver le chemin de la responsabilité'. Il a également relevé que la question de formation se pose lorsque l'on regarde, ce qui est diffusé sur nos chaînes de télévision".

À y regarder de très près, le Premier ministre dénonçait le "reportage qui choque", diffusé dimanche 7 novembre par RTN. Celui-ci montrait de manière brutale les accidentés de la Nationale 1 jusque sur leur lit d'hôpital. C'est aussi au cours de cette rencontre chez le chef du gouvernement que l'on apprendra, par la voix au président du CNC, M. Pierre- Marie Dong, que RTN émettait en toute illégalité. Le patron du CNC annonçait déjà la couleur. Puisque la suite on la connaît: la suspension de la chaîne...

Cependant, aujourd'hui beaucoup de Librevillois se demandent, à juste titre, si la réelle motivation de l'organe de régulation des médias dans notre pays est de faire respecter la légalité en matière de création et de gestion des médias chez nous. Certains plus passionnés vont jusqu'à accuser le gouvernement et le CNC, non sans exagération, de vouloir museler la presse au Gabon. Ils estiment que RTN, notamment, doit sa sanction au fait quelle s'intéresse trop à l'autre aspect du Gabon. Celui relatif aux mauvaises conditions de vie des Gabonais et autres travers de notre société...

La question qu'il faut se poser ici est celle de savoir comment le gouvernement et le CNC ont cautionné le fait qu'une chaîne diffuse et qu'une radio émette dans l'illégalité pendant autant de temps ? N'est-ce pas là déjà une façon de favoriser le désordre ? Rappelons aussi que RTN était conviée à la couverture médiatique des évènements publics. Même ceux auxquels les plus hautes autorités ont participé le CNC ne savait -l pas encore que cette chaîne n'était pas en règle ?

Toutefois, il convient également de reconnaître que ce n'est pas parce que les pouvoirs publics se sont montrés plus ou moins laxistes que les confrères de RTN et des autres médias sanctionnés ont cru parfois bien de passer outre les règles de l'art, (sauf sils les ignorent, ce qui n'est pas exclu). En agissant en amateurs, ils ont donné un prétexte au CNC à qui on doit reprocher l'attitude du "laisser faire"… C'est donc dire que les responsabilités sont partagées dans cette affaire.

Au-delà de tout, il faut dire que ce problème soulève à nouveau la question du respect de lois dans notre pays. La démocratie c'est aussi et sur tout le respect de la loi. Ce qui implique que ceux qui ont le devoir de veiller à leur application soient fermes. Avant on mettait tout sur le compte de l'apprentissage de la démocratie. Plus de dix ans après, cela devient du laxisme.

Ce qui est inquiétant c'est que plusieurs secteurs sont atteints. Au niveau des partis politiques par exemple, il y a désordre: On en voit qui ne sont pas légalisés tenir des manifestations publiques. Tout le monde s'en plaint. Mais aucune autorité compétente ne prend ses responsabilités pour ramener les gens à l'ordre. On attend certainement des dérapages pour enfin se souvenir de leur illégalité. Ainsi va la démocratie gabonaise...

• Une réunion du Conseil des ministres a tenue jeudi s'est tenue jeudi sous la présidence du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba. Deux choses ont retenu notre attention. Le président de la République a décidé de réunir désormais le Conseil des ministres chaque semaine. Cette décision vient notamment du souci d'améliorer et de rendre efficace le travail du gouvernement. Tous les Gabonais attendent de voir ce que va donner cette approche novatrice.

La deuxième mesure concerne la" situation déplorable'" des routes de Libreville et d'Owendo. Les efforts engagés par l'État vont se poursuivre. Le Conseil a rappelé aux autorités municipales leur part de responsabilité dans ce domaine. Celles-ci devront s'occuper des routes situées dans le périmètre de leurs circonscriptions à part celles qui sont à la charge des TP.

D'aucuns auront relevé le caractère confus de la cette mesure. Surtout au niveau de la difficulté qui existe aujourd'hui de savoir quelles routes appartiennent au périmètre urbain, Libreville et Owendo s'étant étendues de façon anarchique. Aussi au niveau des moyens dont disposent les deux municipalités pour couvrir toutes les voies. Le problème est donc plus complexe et mérite d'être traité de manière concertée entre le gouvernement et les municipalités.

• Depuis mercredi, ceux qui passent du côté de "Montagne Sainte", constatent que le siège de la Commission nationale pour le 17 août est désert. Même la plaque indicative n'existe plus. Aux dernières nouvelles, il n' y a plus rien là-bas. Tout a été déménagé. Des meubles jusqu'aux splits et rideaux... Le tout, sur décision d'un très haut responsable de cette structure et à l'insu du secrétaire permanent dont les services étaient les principaux locataires...

Quelques questions s'imposent à ce stade. la Commission a-t-elle été dissoute ? Si oui, quand et par qui ? Où est stocké son patrimoine et qu'est-ce qu'on en fait ?

Voilà autant d'interrogations qui devraient également retenir l'attention de la Commission nationale contre l'enrichissement illicite qui semble avoir du mal à décoller.

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