C'est la décision prise hier par le CNC à l'encontre de ces trois organes de presse.
LES téléspectateurs de la RTN (Radio télévision Nazareth) et les auditeurs des radios Bethel et Bonne nouvelle ne pourront plus suivre ou écouter les émissions de leurs organes de presse respectifs.
Hier, le Conseil national de la communication (CNC) a pris la décision de les suspendre d'antenne. Conseiller membre de cette institution, c'est Jacques Litona Loumbi qui a lu la déclaration du président Pierre-Marie Dong.
Une décision qui fait suite à l'examen, par le CNC, le 11 novembre, de nombreux dossiers dont, entre autres, ceux relatifs aux conditions de création et d'exploitation des organes de presse dans notre pays, et au fonctionnement de l'institution.
Ces mesures «courent jusqu'à ce que le CNC délivre les autorisations d'émettre et d'usage de fréquences et de bandes de fréquences aux médias concernés», précise le communiqué. S'agissant de RTN singulièrement, sitôt cette décision rendue publique, des interrogations ont fusé ici et là. A-t-on suspendu RTN à cause des images atroces d'accidents qu'elle a diffusées ? Car, si elle exerçait dans l'illégalité, pourquoi avoir attendu un dérapage pour sanctionner ?
Lors du crash de l'avion de la compagnie aérienne Gabon Express, une autre chaîne de télévision de la place avait pourtant diffusé des images qui poussent à la révolte.
Dans tous les cas, la déclaration du CNC a été l'occasion pour l'institution, de s'élever contre les atteintes répétées aux bonnes mœurs et à la dignité des citoyens, enregistrées ces temps derniers dans l'ensemble des organes de presse écrite et audiovisuel.
PROGRAMMES • Aussi, le CNC condamne-t-il le déferlement des programmes d'origine étrangère diffusés par les chaînes de télévision au mépris des règles de quotas, et qui sont de nature à affecter gravement l'éducation et sensibilité des enfants et adolescents.
En outre, l'institution a donné des autorisations provisoires d'émettre aux radios Médiapolis (Nkul FM), Action internationale et à TV pour l'extension de ses zones d'émission à Port-Gentil, Franceville et Oyem.
Jacques Litons Loumbi a également affirmé que le CNC donne quitus aux journaux "La Démocratie" et "Ezo Mbolo". De même qu'une déclaration de constitution est accordée à l'agence de publicité "Orisha".
Par la même occasion, le Conseil national de 'la communication a levé la sanction qui frappe la chanson "hommage aux morts" de l'artiste Maman Défié. Il faut dire que les décisions du Conseil sont désormais exécutoires et non plus exécutées à la diligence du gouvernement, ainsi que le prévoyait les dispositions de la législation antérieure.
L'institution que dirige Pierre-Marie Dong rappelle aux responsables des organes de presse publics, l'obligation qui leur est faite, dans le contexte démocratique actuel, d'appliquer le pluralisme d'opinions dans le traitement de l'information, notamment, conformément à l'article 95, alinéa 3 de la Constitution de la République gabonaise.
Au-delà de toutes ces mesures, le Conseil a noté avec satisfaction la promulgation, le 13 octobre dernier, par le chef de l'Etat, de la loi organique n°16/2003 modifiant les dispositions de certains articles de la loi organique n°14/91 du 24 mars 1982 portant organisation et fonctionnement du CNC.
Ce nouveau cadre juridique constitue; à en croire Jacques Litons Loumbi, une évolution significative dans la définition des missions du Conseil. Parmi les missions majeures, on peut citer: la mission de veiller aux conditions de soutien de l'Etat à la presse publique et privée en concertation avec le gouvernement.
Saisissant l'opportunité offerte par sa nouvelle loi organique, le CNC va transmettre, très prochainement, au gouvernement, différents textes devant permettre un fonctionnement efficient de l'institution, et mettre fin aux regrettables errements et dérapages souvent observés dans le secteur.