Les dernières sanctions prononcées par l'institution de régulation à l'encontre des organes de presse écrite à l'origine de cette réaction.
L'ASSOCIATION des professionnels de la presse écrite libre (Appel), par la voix de son président Norbert Ngoua Mezui, a dénoncé, jeudi dernier lors d'un point de presse, l'abus de pouvoir du Conseil national de la communication (CNC). Cette institution constitutionnelle, mise en place dans le nouveau décor démocratique pour veiller au fonctionnement des médias, s'est muée en «cimetière national de la communication.», a indiqué l'orateur, en qualifiant la régulation actuelle de cette institution d'"inquisition".
Pour l'Appel en effet, le CNC met, de façon arbitraire, les organes de presse en demeure, les suspend, quand il ne les interdit pas purement et simplement. Les dernières victimes expiatoires, a dit M. Ngoua Mezui sont les journaux L'Union-plus, "Gabon Show et le "Temps". Il est reproché au premier, a-t-il rappelé, le manque d'équilibre dans la couverture des évènements politiques, en faisant, dit-on, la part belle au parti au pouvoir. Toute chose qui n'a pas été prouvée jusqu'ici par le CNC.
Gabon Show, lui, a été suspendu pour des raisons de fausse identification. Selon le Cnc, c'est le journal "La Sagaie", interdit qui serait devenu "Gabon Show." Mais aux yeux de l'Appel, c'est un faux prétexte, dans la mesure où ces deux organes ont, chacun, suivi la procédure normale de création d'un organe de presse. Pour le conférencier, la décision de suspension prise par le CNC relève donc de l'arbitraire.
Quant au journal "le Temps" il a écopé d'une suspension d'un mois, pour n'avoir pas régularisé sa situation après sa mise en demeure, consécutive à la non publication de son numéro légal.
Face à toutes ces sanctions injustifiées, l'Appel estime que le CNC met en péril la vie des jeunes entreprises gabonaises de presse encore en gestation. Mieux elle y voit une dérive autoritaire qui met à mal la volonté du chef de l'Etat de garantir la liberté de la presse au Gabon. Et si la tendance actuelle perdure, tous ceux qui s'investissent avec des sacrifices et beaucoup d'abnégation dans la presse écrite libre et indépendante, décideront de mettre la clef sous le paillasson, et le CNC n'aura plus rien à réguler, du moins dans ce secteur d'activités, a conclu Ngoua Mezui.